Le chef de l’Etat exige l’évaluation de 60 milliards de dollars Us d’aide au développement obtenus entre 2003 et 2022
Le Président de la République a attiré l’attention du Gouvernement sur la question stratégique de la coordination de l’aide au développement et de la gestion des ressources extérieures mobilisées en faveur de notre pays. Depuis plus de deux décennies, la République Démocratique du Congo bénéficie d’un appui important de ses partenaires techniques et financiers.
Les estimations disponibles indiquent qu’entre 2003 et 2022, près de 60 milliards de dollars américains ont été mobilisés sous diverses formes d’aide au développement, d’assistance humanitaire et de coopération internationale. Si ces ressources ont permis de soutenir plusieurs secteurs de la vie nationale, il demeure néanmoins indispensable d’évaluer avec lucidité leur impact réel au regard des attentes de notre population et des ambitions de transformation que porte la République.
Cette réflexion met en évidence une exigence essentielle : celle du leadership de l’Etat dans la définition des priorités, la coordination des interventions et le suivi des ressources extérieures. En effet, les partenaires techniques et financiers interagissent aujourd’hui avec plusieurs centres institutionnels de décision, situation qui ne favorise ni la cohérence de l’action gouvernementale ni l’expression d’une position unifiée de l’Etat sur ses priorités stratégiques.
Or, les partenaires au développement ont vocation à accompagner les priorités définies par la République et non à se substituer à la vision nationale du développement portée par le Gouvernement. C’est dans cette perspective qu’a été élaboré le projet de Décret portant création, organisation et fonctionnement du Cadre de Coordination et d’Orientation de l’Aide au Développement, placé sous l’autorité de la Première Ministre.
Le Président de la République a noté toutefois que malgré la validation de ce texte au niveau des instances compétentes, certaines divergences subsistent encore quant à sa finalisation. Il a tenu à rappeler que cette réforme ne vise ni la création d’une structure supplémentaire ni le transfert de prérogatives d’une institution à une autre.
Elle a pour objectif de doter l’Etat d’un mécanisme efficace de coordination, garantissant une meilleure cohérence de l’action gouvernementale, une meilleure traçabilité des ressources extérieures ainsi qu’un alignement accru des interventions des partenaires sur les priorités nationales.
Dans le contexte actuel de transformation économique, de modernisation des infrastructures, d’amélioration des services publics et de consolidation de la paix, le Président de la République a précisé que notre pays ne peut plus se permettre une gestion fragmentée de l’aide extérieure. Dès lors, il a instruit la Première Ministre de diligenter une évaluation complète de l’état d’avancement de ce dossier, des contraintes éventuelles qui en retardent l’aboutissement ainsi que des mesures nécessaires à l’opérationnalisation effective du Cadre de Coordination et d’Orientation de l’Aide au Développement, en vue de finaliser le processus.
À lui de marteler : « La souveraineté de notre pays s’exprime également à travers sa capacité à orienter les ressources extérieures vers ses propres priorités et à assurer pleinement le leadership de son agenda de développement ». Un rapport est attendu à ce sujet dans un délai de quinze (15) jours.
