Le démotivateur
La vie appartient aux courageux, selon un vieil adage, devenu réalité en République Démocratique du Congo. Un pays où toutes les conditions sont réunies pour démotiver, décourager et anéantir toute volonté qui se lève de bon matin pour apporter un plus à l’édification de la société congolaise. Si ce ne sont pas les embouteillages monstres, c’est la desserte en électricité qui prend les agents et cadres à la gorge, leur privant le meilleur d’eux-mêmes. De leur côté, les petites unités de production peinent à réaliser des bénéfices. Comme qui dirait, à Kinshasa, il n’y a que de mauvaises nouvelles.
Déjà pour se rendre au lieu de travail, dans certains coins de la ville de Kinshasa, avoir un transport en commun, c’est tout un parcours de combattant. Dans ce secteur, une désorganisation, à peine visible, donne souvent l’image d’un chaos organisé, tant les embouteillages commencent souvent dès votre porte, vous empêchant de faire un quelconque mouvement. Dans pareil cas, seule la marche à pied demeure l’ultime solution dans un pays qui ne dispose pas des voies de contournement modernes. Celles qui existent, sont soit dans un état d’abandon généralisé qui ne dit pas son nom, soit en réhabilitation dont la durée des travaux n’est connue de personne. Si ce n’est que de Dieu le Père lui-même. Un parcours de combattant !
A cause de ces embouteillages, des travailleurs arrivent dans leurs lieux de travail fatigués ou démotivés, se contentant de siester quelque fois pour tenter de récupérer. Dans un tel contexte, comment compter sur un agent qui vient au travail en train de suer sang et eau et dont la seule envie est de signer sur la liste de présence ?
Pour lutter contre les embouteillages, l’on a assisté à des tâtonnements, des hésitations, des imprécisions, des contradictions entre autorités nationales et provinciales, des conflits d’intérêt, là où la population attendait des solutions pratiques, parce que gouverner, c’est prévoir.
Un autre de motivateur et non des moindres, c’est le manque de fourniture en énergie électrique. Pourtant autant que la RDC dispose d’un des plus grands barrages au monde, la desserte en électricité a du mal, malheureusement, à s’améliorer et à atteindre la moyenne en Afrique Subsaharienne. Quel paradoxe ! La conséquence est que chaque fois, lorsqu’il y a coupure de courant, les conditions de travail deviennent intenables là où certaines entreprises ne disposent même pas des générateurs électriques.
Dans pareil cas, le manque d’énergie électrique est une raison pour beaucoup d’agents et cadres de sécher le travail, là où le pays a besoin de leur contribution pour son avancement.
Pour tout dire, le Plèbe a plus besoin d’une desserte en électricité optimale et améliorée, pour ne pas donner d’alibi aux agents et cadres qui donnent en dessous de la moyenne, faute d’une politique adéquate dans le secteur qui est le leur.
JMNK
