Une nation peut débattre de ses divergences. Elle peut contester ses dirigeants. Elle peut réformer ses institutions. Mais aucune cause ne justifie que l’on retourne les armes contre son propre peuple.
Lorsqu’une rébellion massacre des civils, recrute des enfants, viole des femmes, incendie des villages et pousse des millions de personnes sur les routes de l’exil, elle cesse d’être une cause politique. Elle devient une entreprise criminelle.
Depuis près de trente ans, l’Est de la République démocratique du Congo paie un tribut insupportable à cette violence. Derrière chaque revendication politique se cachent des familles décimées, des territoires dévastés, une économie paralysée et des générations privées d’avenir. Aucune ambition ne vaut le sang de milliers d’innocents. Le droit international est pourtant clair.
Les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ne disparaissent pas parce qu’ils sont commis au nom d’une prétendue libération.
Le peuple congolais observe et attend des signaux forts
Le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a choisi d’ouvrir la voie du dialogue. Dans un pays meurtri, cette main tendue est celle d’un homme d’État qui cherche à restaurer la paix. Le peuple congolais observe également cette initiative et attend des signaux forts. La paix ne peut être durable si elle est perçue comme le prix de l’impunité.
Les Congolais savent distinguer ceux qui, après s’être égarés, renoncent aux armes et reviennent dans le camp de la patrie et de la raison de ceux qui ont fait du massacre, du pillage et de la trahison un mode d’action. Les premiers peuvent retrouver leur place dans la République.
Les seconds doivent répondre de leurs actes devant la justice. Beaucoup saluent déjà l’engagement de plusieurs acteurs politiques et religieux qui ont choisi de privilégier la voie du dialogue, notamment au sein de la CENCO, convaincus que l’intérêt supérieur de la Nation doit l’emporter sur les divergences partisanes.
Le dialogue est une nécessité. L’impunité ne l’est pas. Car une République qui ne distingue plus le repentir du crime prend le risque d’envoyer un message dangereux, celui selon lequel prendre les armes contre son propre pays pourrait devenir un raccourci vers la reconnaissance politique.
Les générations futures jugeront moins les accords qui seront signés que les principes qui auront été préservés. La paix a besoin du dialogue. Mais elle a tout autant besoin de justice.
Sans justice, les victimes sont abandonnées, les criminels encouragés et les conflits sont condamnés à se répéter.
