Le face-à-face Tshisekedi-Fayulu témoigne d’une volonté partagée de placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des querelles partisanes
Dans son discours, le président de la République a mentionné que l’indépendance que nous commémorons aujourd’hui n’est pas seulement une conquête du passé : elle est surtout un cap pour l’avenir. Elle est un projet vivant, un idéal à construire chaque jour. Cet idéal exige de nous que nous surmontions non seulement les menaces armées, mais aussi l’insécurité sociale, l’injustice, le tribalisme et la division.
Le peuple congolais aspire à un pays de paix, de justice et de dignité. Un pays où l’on peut vivre sereinement, travailler avec honneur, et offrir à chaque enfant la liberté de rêver grand, sans peur ni entrave. Réaliser ce rêve requiert la mobilisation de toutes nos forces vives – institutions, citoyens, diaspora, partenaires – autour d’un même idéal : bâtir un Congo moderne, sûr et respecté.
Il est temps de transcender nos clivages, de rejeter les discours de haine et les manipulations, et de faire de notre diversité une force, non une fracture. Notre unité n’est pas une option : elle est une condition de survie.
C’est dans cet esprit de responsabilité et de dépassement de soi que j’ai tenu, il y a quelques semaines, une rencontre franche et républicaine avec Monsieur Martin Fayulu, l’un des leaders de l’opposition. Ce geste, que beaucoup n’auraient osé imaginer depuis les élections de 2018, témoigne d’une volonté partagée de placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des querelles partisanes. Cette rencontre marque une étape importante vers une politique de réconciliation, d’écoute mutuelle et de respect réciproque. Elle donne surtout corps à l’exigence du peuple congolais : celle d’une classe dirigeante capable de s’unir au moment le plus critique, d’agir avec maturité, et de servir, ensemble, la grandeur de la République.
Que des défis
Les défis qui se dressent devant nous ne se limitent pas à la sécurité. À Kinshasa, la congestion urbaine et les embouteillages affectent la qualité de vie. Le manque de discipline, l’urbanisation désordonnée et l’insuffisance des transports en commun rendent la vie difficile à des millions de nos compatriotes.
À Kalemie, Kasangulu et même ici dans la capitale Kinshasa, les inondations récentes ont causé d’importantes pertes en vies humaines et dégâts matériels, détruisant des habitations, emportant des infrastructures routières, et provoquant des déplacements massifs de population. Ces événements climatiques extrêmes nous rappellent l’urgence d’agir à la fois sur le front de l’aménagement du territoire et de la résilience environnementale.
À Mbandaka, le naufrage d’une embarcation a coûté la vie à plusieurs dizaines de nos compatriotes, endeuillant la nation tout entière. À Tshikapa, Kolwezi, Likasi, Kananga ou Kikwit, l’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé et à l’éducation reste une priorité pressante.
Face à ces défis, l’État n’est pas resté indifférent ; il agit. Des missions de secours ont été déployées, des fonds d’urgence mobilisés, des projets structurants lancés pour renforcer les infrastructures et améliorer les conditions de vie. Mais ces efforts, aussi importants soient-ils, ne suffiront pas sans un véritable sursaut de solidarité nationale. Ils doivent être soutenus par une administration plus efficace, une meilleure coordination institutionnelle, et la responsabilisation de tous les niveaux de pouvoir.
« J’en appelle également à un changement profond de comportements : nous devons adopter une discipline collective, un civisme exemplaire et un respect des règles de vie en communauté. Aussi, je vous appelle à un sursaut patriotique, à une responsabilité individuelle qui fera de notre pays un modèle de stabilité et de progrès », indique-t-il.
