Le fondement moral et démocratique du changement de la constitution ( Ambassadeur André-Alain ATUNDU LIONGO)
Le changement de la Constitution est un problème moral et démocratique mais aussi républicain.
Il concerne la vie et la vitalité de la démocratie en tant que dynamique nationale.
En remportant l’élection présidentielle, le Président Tshisekedi a acquis le privilège unique de vouloir et d’agir au nom de la communauté nationale. C’est un privilège qui accorde des prérogatives particulières.
Tel est le cas qui nous concerne aujourd’hui : la joute entre partisans et opposants d’un changement de Constitution au motif particulier qu’il y a des articles réputés verrouillés.
De ce point de vue, l’on peut distinguer deux types de verrouillage, à savoir les articles structurants donc inamovibles par nature et par définition.
Tels sont les articles concernant la superficie du territoire, la nature républicaine et démocratique de l’Etat, le respect des droits de l’homme.
Mais il y a des articles de suspension volontaire dont on dit qu’ils sont ou seraient inamovibles ‘ad vitam eternam’, déniant ainsi le pouvoir créatif de la raison et l’évolution accompagnant la vie de la Nation.
Cette approche ne manque pas de soulever des interrogations légitimes tant sur le plan historique que pratique constitutionnelle.
Kasavubu a changé la Loi fondamentale en Constitution de Luluabourg que Mobutu a utilisé jusqu’à la Constitution du MPR.
A son avènement M’zee Laurent Kabila ne s’est pas gêné de diriger le Pays par un décret constitutionnel. Le Président Kabila fit de même par la Constitution de 2006.
Et donc logiquement, le Président Tshisekedi devrait jouir des mêmes prérogatives malgré tout.
L’élément troublant, voire inquiétant, c’est l’intolérance de l’Opposition et d’une partie de la Société Civile vis-à-vis de ceux qui pensent autrement qu’eux.
Dans cet ordre d’idées, les postures politiques se transforment en acte d’hostilité péremptoire. Ce qui, soit noté en passant, est contraire à l’esprit démocratique de débat.
Devant ces gesticulations et tentatives de manipulation, seul le Président Tshisekedi, en tant que Garant du bon fonctionnement des institutions, est appelé à résoudre l’équation de la Nation vis-à-vis de l’évolution historique. Il s’agit d’apaiser le Peuple sur l’éventualité de la récurrence des rebellions, nichées dans certaines dispositions constitutionnelles, sur les exigences de développement grâce aux projets structurants et d’envergure nationale notamment en matière de l’interconnexion des territoires nationaux et de gouvernance.
Alors que cette perspective exige la communauté d’intérêt et d’intention pour améliorer la gestion du Pays, l’Opposition utilise les contrôles des instruments technologiques de manipulation sans vraiment mobiliser ou mener une campagne de l’opinion publique, frisant un cynisme évident face au drame de la population congolaise aussi bien à l’Est en guerre, que dans les grandes agglomérations et dans l’indifférence des autres parties de la République. Comme le dit à juste titre Monsieur Daniel ESTULIN « les opérations psycho politiques font parties de campagne de propagande, conçues pour créer un climat de tension perpétuel et de manipulation des différents groupes politiques… »
Qu’à cela ne tienne, il est essentiel de réaliser en âme et conscience que la République vit un moment unique et crucial où nous jouons l’existence de l’Etat et la survie des citoyens en tant que groupe juridiquement reconnu et protégé.
Au lieu que cette attitude de l’Opposition interpelle l’opinion et les consciences, le politicien cynique et spéculateur se présente en modèle à imiter, se transformant ainsi en outil de la psyché collective au service d’une cause douteuse.
Aucun citoyen ne peut être réprimandé pour avoir le courage et l’engagement de changer les choses et de redresser le cap de l’avenir de la RDC que nous devons tous contribuer à créer et à soutenir.
L’intransigeance outrancière de certains ténors de l’Opposition sur le débat constitutionnel n’est-elle pas une façon de détourner l’opinion nationale du manque d’unité et d’action contre l’ennemi rwandais et ceux qui prétendent le soutenir.
Le moment venu, le Peuple doit pouvoir franchir le Rubicon pour améliorer les conditions de son existence : voter une autre Constitution plus apte et mieux adaptée à la pensée contemporaine. Voter sans peur face aux propos de chantage et comminatoires de l’Opposition pour camoufler son adhésion au Rwanda et à ses supplétifs M23/AFC.
Aux juristes patriotes il revient de chercher déjà les moyens adéquats et la procédure indiquée pour assumer cette mutation sans heurt et dans la compréhension selon le principe vox populi suprema lex.
