Le Japon entre dans les plans de diversification des partenaires miniers de la RDC
Selon Marcellin Paluku, directeur de cabinet adjoint au ministère des Mines, 80% des mines de la RDC sont exploitées en collaboration avec des partenaires chinois. Une domination que les autorités entendent réduire, misant sur l’intégration de nouveaux acteurs dans l’industrie minière.
En République démocratique du Congo, l’entreprise minière japonaise Asia Mineral Limited a signé un accord avec la société locale Kerith Ressources pour la création de Kivuvu Kongo Mines, une société d’exploitation de manganèse qui sera basée dans le Kongo Central. L’accord paraphé le samedi 28 juin dernier s’inscrit dans la stratégie de diversification des partenariats miniers menée par Kinshasa, dans un contexte de forte domination chinoise sur le secteur.
Selon Marcellin Paluku, directeur du cabinet adjoint au ministère des Mines, 80% des mines congolaises sont exploitées en partenariat avec des acteurs chinois. Cette situation qu’il considère comme un « risque » pour l’économie locale, a incité les autorités du pays d’Afrique centrale à s’ouvrir à d’autres partenaires, avait-il précisé en janvier.
L’accord avec Asia Mineral Limited, qui porte les intérêts du Japon, illustre cette dynamique. Plus tôt en mai, le gouvernement avait qualifié ce partenariat d’« exemple concret et structurant de mise en œuvre de la diversification des partenaires, des minerais exploités, des provinces minières, des produits finis et semi-finis, et de l’économie nationale ».
Le Japon fait partie des acteurs qui cherchent à étendre leur empreinte dans l’industrie minière africaine, particulièrement dans des pôles miniers stratégiques comme la RDC. Déjà en août 2023, Tokyo avait annoncé un investissement de 1 milliard USD destiné à financer l’exploration de minéraux critiques dans le pays.
Le projet Kivuvu prévoit notamment de soutenir la production annuelle de 2 millions de tonnes de manganèse, minerai notamment utilisé dans la fabrication de matériaux de batteries. Selon les détails fournis, l’initiative devrait également générer environ 2500 emplois. Le calendrier du projet et l’investissement prévu pour sa mise en œuvre n’ont cependant pas encore été révélés.
En attendant plus de détails en ce sens, notons que le Japon n’est qu’une option parmi d’autres dans la stratégie de la RD Congo. Kinshasa mise aussi sur d’autres partenaires comme l’Inde ou les Émirats arabes unis, pays dont le groupe International Resources Holding (IRH) a récemment annoncé un investissement de 367 millions USD pour racheter 56% de parts d’Alphamin, l’opérateur de Bisie, la plus grande mine d’étain du pays.
Les États-Unis sont également concernés, un accord « Minéraux contre sécurité » étant en cours de négociation.
Aurel Sèdjro Houenou
