Le Maroc tient le choc face au monstre brésilien (1-1)
Pour leur entrée en lice dans le Groupe C, les Lions de l’Atlas ont regardé la Seleção droit dans les yeux au MetLife Stadium. Un nul fondateur qui prouve que la folie de 2022 est devenue une certitude en 2026.
Quatre ans après avoir brisé le plafond de verre mondial au Qatar, le Maroc n’est définitivement plus un mirage. Samedi soir, dans l’arène bouillante du MetLife Stadium de New York, les hommes de Mohamed Ouahbi ont envoyé un message fort à la planète foot en accrochant le Brésil (1-1), quintuple champion du monde et grandissime favori au sacre. Un combat d’une intensité folle où le premier demi-finaliste africain de l’histoire a prouvé qu’il avait désormais sa place à la table des géants.
Le coup de canif de Saibari
Dès les premières minutes, le plan de jeu marocain frôle la perfection. Loin de se recroqueviller dans leurs trente mètres, les Lions de l’Atlas imposent un pressing étouffant et confisquent le cuir. Au cœur du réacteur, le trio du milieu fait la loi : le gamin de 18 ans Ayyoub Bouaddi, bluffant de maturité, oriente le jeu aux côtés d’un Noussair Mazraoui précieux et d’un Brahim Diaz dans tous les bons coups.
La récompense tombe à la 21e minute sur une merveille d’action collective. Brahim Diaz, d’une passe laser soyeuse, transperce l’arrière-garde brésilienne. Ismael Saibari a senti le coup : son appel est parfait, son petit piqué devant un Alisson Becker impuissant l’est tout autant (1-0, 21e). Le virage marocain chavire dans l’ivresse.
L’éclair de Vinicius, le mur Bounou
Touché dans son orgueil, le Brésil ne tarde pas à réagir en usant de son arme de destruction massive. À la 32e minute, Vinicius Junior décide de faire parler sa classe mondiale. Isolé sur son aile gauche, l’ailier du Real Madrid repique dans l’axe et déclenche une mine du droit qui laisse Yassine Bounou de marbre (1-1, 32e). Un éclair de pur génie qui remet les compteurs à zéro avant la pause.
Au retour des vestiaires, la physionomie change. La Seleção confisque le ballon et installe un siège en règle devant la surface marocaine. Raphinha, Lucas Paquetá et Vinicius combinent dans les petits espaces, mais se heurtent à un bloc-équipe marocain d’une discipline de fer. Et quand les lignes cèdent, le grand « Bono » veille au grain. Le portier vétéran sort deux parades d’extrême urgence devant Paquetá puis Raphinha pour maintenir les siens à flot.
Un final à couper le souffle
Mais ce Maroc a du cœur et du répondant en transition. À l’heure de jeu, Saibari fait passer un énorme frisson dans les rangs brésiliens en pensant s’offrir un doublé, finalement refusé pour un hors-jeu de quelques centimètres.
Le coaching d’Ouahbi apporte du sang neuf pour résister aux vagues jaunes, et c’est finalement le Maroc qui passe tout près du hold-up dans les arrêts de jeu. Sur une lourde frappe lointaine de Neil El Aynaoui, Alisson doit s’employer pour repousser le cuir, avant de se jeter avec autorité dans les pieds d’Ayoube Amaimouni qui avait suivi.
Le coup de sifflet final libère les vingt acteurs. Ce nul au parfum de victoire valide la mue définitive du Maroc : ce n’est plus une surprise, c’est une réalité durable. Avec ce premier point historique pour le continent africain dans ce Mondial, les Lions de l’Atlas se tournent vers l’Écosse et Haïti avec une certitude : en jouant à ce niveau, les huitièmes de finale leur tendent les bras.
