Le pacte du futur : Du dialogue à l’action, ce que la RDC doit refuser de sacrifier

Tribune de Bodom Matungulu, Ingénieur civil, géostratège, prospectiviste et président du Think Tank RDC STRATÉGIE ; Auteur des ouvrages Comprennent-ils le temps ? La RDC à l’heure des recompositions géopolitiques mondiales : le temps comme arme et la jeunesse comme horizon et Construire la RDC du futur – Cap sur 2060

Le Congo n’a plus besoin d’un dialogue de circonstance, mais d’un dialogue fondateur capable de fixer une vision, de protéger le long terme et d’organiser l’exécution.

« Une nation devient forte lorsqu’elle parvient à distinguer ce qui relève du débat politique de ce qui doit relever de l’intérêt supérieur et du long terme. Elle ne se transforme pas seulement parce qu’elle connaît ses problèmes, mais parce qu’elle décide enfin de mettre en œuvre les solutions qu’elle connaît déjà. »

La République Démocratique du Congo a beaucoup dialogué, beaucoup réfléchi et beaucoup diagnostiqué. Elle a organisé des concertations, des conférences, des négociations et conclu de nombreux compromis politiques. Ces initiatives ont parfois permis de réduire momentanément les tensions, de rapprocher les positions et de sortir de certaines impasses. Pourtant, une question demeure : pourquoi les mêmes crises reviennent-elles ?

Peut-être parce que nous avons trop souvent utilisé le dialogue pour résoudre la crise entre les acteurs sans traiter suffisamment la crise du système. Nous avons longuement discuté du partage du pouvoir, de la représentativité, des élections, des transitions, des postes et des équilibres politiques. Mais nous avons beaucoup moins profondément répondu à la question essentielle : quel État voulons-nous construire ?

Nous connaissons pourtant les principales faiblesses du pays. Nous savons que notre gouvernance doit être améliorée, que notre administration doit devenir plus professionnelle, que nos infrastructures demeurent insuffisantes, que notre territoire doit être mieux connecté et que notre économie reste excessivement dépendante de l’exportation des matières premières.

Nous savons aussi que notre système éducatif doit mieux préparer les compétences dont le pays a besoin, que nos ressources doivent être davantage transformées localement et que la paix, la sécurité et l’intégrité territoriale constituent les fondations de toute transformation durable.

Dans de nombreux domaines, les solutions sont également connues. Les rapports existent. Les études existent. Les stratégies, les recommandations et les feuilles de route existent. Les experts et les institutions existent aussi.

Notre problème fondamental n’est donc plus seulement de savoir ce que nous devons faire. Il est de comprendre pourquoi nous ne faisons toujours pas ce que nous savons déjà devoir accomplir.

Voilà l’un des grands défis du Congo contemporain : nous souffrons moins d’un déficit d’idées que d’un déficit de passage à l’action.

Le Congo ne peut plus être un pays d’éternel recommencement

À chaque crise, nous produisons un nouveau diagnostic. À chaque gouvernement, nous annonçons un nouveau programme. À chaque forum, nous formulons de nouvelles recommandations. À chaque réforme, nous élaborons une nouvelle feuille de route. Pourtant, quelques années plus tard, nous revenons trop souvent aux mêmes constats et reprenons les mêmes discussions.

Ce cycle doit être brisé. La RDC n’a pas besoin des réformes mais de rupture du système.

Pendant que nous rediagnostiquons nos problèmes, le monde avance. Les chaînes de valeur se réorganisent, les technologies évoluent, les puissances redéfinissent leurs alliances, les infrastructures se construisent ailleurs et les économies concurrentes se repositionnent.

Or, le temps perdu ne se récupère pas.

C’est précisément l’un des messages essentiels de mon ouvrage Comprennent-ils le temps ? : le temps est une ressource stratégique. Une nation qui connaît ses problèmes, mais tarde continuellement à agir, finit par être dépassée par celles qui décident, financent et exécutent plus rapidement.

Un pays de la dimension de la RDC ne peut pas se permettre de recommencer son histoire à chaque cycle politique. Il ne peut pas changer continuellement de cap, abandonner les projets engagés, remplacer les plans avant leur exécution et laisser chaque génération payer le prix de notre incapacité à penser le long terme.

La RDC doit donc faire un choix historique : continuer à gérer l’urgence ou commencer à organiser l’avenir.

Le véritable dialogue doit porter sur l’État que nous voulons construire

L’annonce, le 28 août 2026, d’un dialogue national consacré à la paix, à la cohésion et à la « refondation de l’État » peut ouvrir une fenêtre historique. La reconnaissance du fait que la RDC a trop souvent répondu aux crises par le partage du pouvoir plutôt que par la consolidation durable de l’État constitue déjà un constat important.

Mais cette formulation impose une exigence : si nous parlons réellement de refondation, le dialogue ne peut pas être seulement politique. Il doit devenir stratégique.

La question ne doit donc pas se limiter à la recomposition des rapports entre les acteurs. Elle doit porter sur la capacité de nos institutions à conduire efficacement la RDC vers 2060.

Comment organiser un État de plus de 2,3 millions de kilomètres carrés ? Comment articuler le pouvoir central, les provinces et les territoires ? Comment garantir la continuité de l’État au-delà des alternances politiques ? Comment bâtir une administration professionnelle, performante et indépendante des cycles électoraux ? Comment sécuriser les investissements sur vingt ou trente ans ? Comment inscrire la planification nationale dans le long terme ? Comment assurer la défense du territoire, la souveraineté économique et l’intégration effective des provinces frontalières ?

Voilà les véritables questions d’un dialogue refondateur.

Ne pas transformer le dialogue en bataille constitutionnelle

L’une des principales crispations tient à la crainte que le dialogue ne devienne un moyen de remettre sur la table une modification constitutionnelle répondant à des objectifs politiques immédiats. Une partie de l’opposition exige notamment le respect de la Constitution, de ses dispositions considérées comme intangibles et de l’échéance électorale de 2028. Elle réclame également une médiation indépendante, un ordre du jour consensuel et des mécanismes garantissant l’application des conclusions.

La CENCO avait déjà estimé qu’il n’existait ni nécessité ni urgence à modifier la Constitution dans le contexte actuel. Cette méfiance ne doit pas être ignorée, car un dialogue ne peut produire des résultats durables que si les participants ont confiance dans sa finalité.

Il faut donc établir une distinction claire. L’utilisation de la Constitution comme instrument de circonstance politique doit être évitée. En revanche, la réflexion sur l’efficacité de notre architecture institutionnelle ne doit pas devenir un sujet interdit.

Une démocratie mature doit pouvoir évaluer ses institutions sans transformer automatiquement toute réflexion en bataille pour le pouvoir. Le véritable enjeu consiste à préserver la légitimité du débat institutionnel en le protégeant des ambitions de circonstance.

Passer d’un dialogue de crise à un dialogue pour le Pacte du Futur

Le débat démocratique doit rester libre. Les partis doivent pouvoir s’opposer, les programmes diverger et les gouvernements changer. Mais, au-dessus de ces désaccords légitimes, il doit exister un socle national : des principes, des intérêts et des priorités fondamentales qui ne pourraient être remis en cause au gré des alternances.

C’est cela, le Pacte du Futur.

Il ne s’agirait ni d’un accord entre politiciens ni d’un arrangement supplémentaire destiné à partager le pouvoir. Le Pacte du Futur devrait constituer un engagement national associant l’État, les institutions, les forces politiques, la société civile, le secteur privé, les universités, les femmes, la jeunesse, les provinces et la diaspora. Il devrait surtout engager notre responsabilité envers les générations futures.

La question centrale est simple, mais décisive : quelles sont les dix ou quinze priorités auxquelles la RDC doit rester fidèle jusqu’en 2060, quels que soient le président de la République, le gouvernement ou la majorité au pouvoir ?

Voilà le véritable sujet d’un dialogue refondateur pour le Pacte du Futur. La question ne doit plus être seulement de savoir qui doit gouverner, mais également de déterminer ce que nous devons continuer à construire, quel que soit celui qui gouverne.

Il faut donc changer la temporalité du dialogue. Ne discutons pas uniquement de 2026, de 2027 ou de 2028. Posons également la question fondamentale : quelle RDC voulons-nous en 2060 ?

Le dialogue doit devenir une rencontre entre le présent et le futur, entre la génération qui gouverne aujourd’hui et celle qui héritera du pays demain, entre ceux qui prennent les décisions et ceux qui devront vivre pendant plusieurs décennies avec leurs conséquences.

Ce que la RDC doit refuser de sacrifier

La première exigence concerne l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale. Aucun compromis politique ne devrait affaiblir la maîtrise du territoire, la sécurité des frontières, le contrôle des ressources stratégiques et la défense des intérêts fondamentaux de la République. La souveraineté ne peut pas devenir une variable d’ajustement dans les arrangements politiques.

La deuxième exigence est la paix et la sécurité. La RDC doit disposer d’une vision durable pour son armée, son renseignement, sa diplomatie régionale, la sécurisation de ses frontières et la protection de ses zones stratégiques. La paix ne peut pas dépendre uniquement de réactions ponctuelles aux crises ; elle doit reposer sur une doctrine nationale cohérente.

La troisième exigence est le capital humain. Tant que l’éducation, la formation professionnelle, la recherche, la santé, l’ingénierie et les compétences ne seront pas placées au cœur de la stratégie nationale, la RDC restera dépendante de ceux qui ont mieux préparé leur avenir. La richesse d’un pays ne réside pas seulement dans son sous-sol, mais dans la capacité de sa population à la transformer en connaissance, en innovation et en prospérité.

La quatrième exigence concerne les infrastructures structurantes. Les routes, les chemins de fer, les ports, l’énergie, le numérique et les corridors économiques ne peuvent pas être conçus uniquement à l’échelle d’un mandat. Ils doivent s’inscrire dans une vision territoriale et économique couvrant plusieurs décennies. Une infrastructure abandonnée à chaque alternance devient le symbole coûteux d’un État sans continuité.

La cinquième exigence est l’industrialisation. La RDC ne peut plus accepter d’être réduite à un territoire d’extraction et d’exportation de matières premières. Elle doit transformer localement ses ressources, développer ses chaînes de production, soutenir ses entreprises nationales et convertir ses richesses naturelles en emplois, en compétences et en prospérité collective.

La sixième exigence est la continuité de l’État. L’administration, la justice, la planification nationale et les institutions stratégiques doivent survivre aux changements politiques. Un État qui recommence tout à chaque alternance condamne son peuple à l’immobilisme et gaspille continuellement le temps, les ressources et les compétences accumulées.

La septième exigence concerne la jeunesse et le contrat intergénérationnel. Chaque décision prise aujourd’hui doit être évaluée à l’aune de ses conséquences sur celles et ceux qui auront quarante ou cinquante ans en 2060. La jeunesse ne doit pas seulement être célébrée dans les discours. Elle doit être associée à la décision, à la production, à l’innovation et à la définition du futur national.

La huitième exigence porte sur l’intégration africaine et la place de la RDC sur le continent. Notre géographie ne doit plus être vécue comme une contrainte. Elle doit devenir un levier de puissance logistique, énergétique, commerciale et diplomatique. Située au cœur de l’Afrique, la RDC peut devenir une puissance de connexion entre plusieurs sous-régions du continent.

À ces priorités doivent s’ajouter la souveraineté énergétique, la transformation agricole, la sécurité alimentaire, la connectivité numérique et la maîtrise des technologies stratégiques. Ces domaines constituent ensemble le socle minimal que la nation devrait s’engager à protéger et à développer jusqu’en 2060.

Faire du Pacte du Futur un pacte d’exécution

Le Pacte du Futur ne doit pas devenir un document supplémentaire, une déclaration politique de plus ou une nouvelle compilation de recommandations. Il doit être un mécanisme national permettant de faire passer le pays de la vision à l’action.

Son objectif doit être de transformer un nombre limité de priorités nationales en engagements concrets, mesurables, financés et suffisamment solides pour résister aux changements politiques.

Pour chaque priorité, six questions doivent recevoir une réponse précise : que devons-nous faire ? Qui en porte la responsabilité ? Avec quel financement ? Selon quel calendrier ? À partir de quels indicateurs mesurerons-nous les résultats ? Qui devra rendre compte en cas de retard ou d’échec ?

C’est à ce niveau que se joue la différence entre une vision et une transformation. Une vision indique la destination. L’exécution précise le chemin, mobilise les ressources, désigne les responsables, mesure les progrès et corrige les écarts.

Le Pacte du Futur doit donc être moins un catalogue de bonnes intentions qu’une architecture nationale de responsabilités, de financement, de suivi et de résultats.

Passer du « nous devons » au « nous faisons »

Pendant trop longtemps, notre discours public a été dominé par les mêmes expressions : « il faut », « nous devons », « il serait nécessaire » ou « il faudrait envisager ». Ces formulations entretiennent l’idée d’une action toujours souhaitable, mais continuellement reportée.

Le Pacte du Futur doit introduire un autre vocabulaire dans la conduite de l’État : nous décidons, nous finançons, nous construisons, nous réformons, nous mesurons, nous corrigeons et nous livrons.

Voilà la véritable rupture culturelle dont la RDC a besoin. Elle ne consiste pas seulement à produire de nouvelles politiques publiques, mais à installer une discipline collective dans laquelle les engagements sont traduits en décisions, les décisions en budgets, les budgets en projets et les projets en résultats visibles pour la population.

La vision sans exécution demeure une ambition. La stratégie sans financement reste un document. La réforme sans calendrier devient une promesse. Une politique publique sans indicateurs se réduit à un discours. Et un dialogue sans mécanisme de mise en œuvre prépare souvent le prochain dialogue.

Fixer des résultats pour 2030, 2040, 2050 et 2060

La RDC doit déterminer dès aujourd’hui ce qu’elle veut impérativement avoir construit en 2030, en 2040, en 2050 et en 2060.

À l’horizon 2030, quelles infrastructures prioritaires devront être achevées ? En 2040, quelle part de nos ressources devra être transformée localement ? En 2050, quel niveau d’accès à l’énergie, à l’éducation, aux soins et à la connectivité devrons-nous garantir ? En 2060, quelle place la RDC devra-t-elle occuper dans l’économie africaine et mondiale ?

Ces trajectoires doivent être suffisamment précises pour que chaque gouvernement sache ce qu’il reçoit, ce qu’il doit accomplir et ce qu’il doit transmettre au suivant.

L’État doit également disposer d’un mécanisme permanent chargé de suivre l’exécution du Pacte, de publier régulièrement les résultats, de signaler les retards et de recommander les corrections nécessaires. Le suivi ne doit plus être un exercice administratif secondaire. Il doit devenir un instrument central de gouvernance et de redevabilité.

Un projet structurant ne devrait pas être abandonné simplement parce qu’il a été lancé par une équipe précédente. Lorsqu’il sert l’intérêt national et s’inscrit dans la vision de long terme, il doit être poursuivi, amélioré et achevé.

Une démocratie mature doit préserver une trajectoire

Nous pouvons changer de président, de gouvernement ou de majorité politique. Mais nous ne pouvons pas recommencer tous les cinq ans la construction du pays.

Une démocratie mature ne se reconnaît pas seulement à sa capacité d’organiser des élections. Elle se reconnaît également à sa capacité de préserver une trajectoire nationale malgré les alternances.

L’alternance permet aux citoyens de choisir leurs dirigeants et leurs orientations. La continuité stratégique garantit que les objectifs fondamentaux de la nation ne sont pas constamment remis à zéro.

Nous pouvons donc nous opposer sur les moyens, les rythmes et les instruments tout en nous accordant sur la destination. Nous pouvons changer de gouvernement sans changer tous les cinq ans de vision nationale.

Le Pacte du Futur ne doit appartenir ni à un président, ni à un gouvernement, ni à une majorité, ni à un parti. Il doit appartenir à la nation. Il doit engager l’ensemble des forces vives autour d’une ambition commune : construire, d’ici au centenaire de l’indépendance, une RDC prospère, souveraine, industrialisée et influente.

Transformer le dialogue en acte refondateur

Le dialogue ne doit pas servir uniquement à décider qui gouvernera demain matin. Il doit nous aider à déterminer quel pays nous voulons transmettre le 30 juin 2060.

S’il se limite à redistribuer les fonctions, à rééquilibrer les rapports entre les acteurs politiques ou à produire un compromis temporaire, il préparera inévitablement la prochaine crise. Mais s’il réforme les institutions, établit une vision nationale, fixe des priorités durables et crée des mécanismes d’exécution, il pourra contribuer à changer le destin du pays.

Il faut donc passer d’un dialogue de partage à un dialogue pour le Pacte du Futur, d’un dialogue sur les hommes à un dialogue sur les institutions, d’un dialogue sur l’urgence à un dialogue sur l’avenir.

La question n’est pas de savoir si tous les Congolais penseront de la même manière. Ils ne le feront jamais, et cela n’est pas souhaitable. La véritable question est de savoir si nous sommes capables de nous accorder sur ce que nous refusons collectivement de sacrifier : notre souveraineté, notre territoire, notre jeunesse, notre éducation, notre sécurité, notre industrialisation et notre dignité nationale.

Si nous ne répondons pas clairement à ces questions, d’autres continueront de définir notre avenir à notre place.

Le 30 juin 2060 nous jugera

Le 30 juin 2060, la République Démocratique du Congo célébrera le centenaire de son indépendance. Ce jour-là, la génération qui sera aux responsabilités ne nous jugera pas seulement sur les discours que nous aurons prononcés, les rapports que nous aurons rédigés ou les dialogues que nous aurons organisés.

Elle nous jugera sur les décisions que nous aurons prises, les institutions que nous aurons consolidées, les infrastructures que nous aurons construites et les sacrifices que nous aurons refusé d’imposer à l’avenir.

Elle nous posera deux questions simples : « Qu’avez-vous réellement construit ? Avez-vous seulement administré le pays ou avez-vous véritablement préparé son avenir ? »

Le Pacte du Futur doit être notre réponse.

Il doit être juridiquement solide, politiquement assumé, institutionnellement protégé et moralement contraignant. Il doit inscrire la continuité nationale au-dessus des intérêts de circonstance et rappeler à chaque génération qu’elle n’est pas propriétaire du pays, mais dépositaire d’un héritage reçu du passé et destiné à l’avenir.

Le futur ne doit plus être un slogan. Il doit devenir une discipline nationale. Il doit guider nos choix, orienter nos investissements, structurer nos institutions et imposer à nos dirigeants une obligation de résultat envers ceux qui ne sont pas encore nés.

La RDC n’a pas besoin d’un dialogue supplémentaire pour gagner du temps. Elle a besoin d’un dialogue qui engage l’avenir, d’un Pacte qui transforme les diagnostics en décisions, les décisions en projets, les projets en réalisations et les réalisations en prospérité.

Elle doit enfin décider ce qu’elle veut devenir — et surtout ce qu’elle refusera désormais de sacrifier.

Car le futur ne se décrète pas.

Il se prépare, se protège et s’exécute.

La question est donc posée : sommes-nous prêts à construire un Pacte du Futur qui place certaines priorités nationales au-dessus des partis, des mandats et des alternances politiques jusqu’en 2060 ?

 

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