Les cités satellites : un modèle pour désengorger Kinshasa ?

0
IMG_20250368_40517224

Avec plus de 17 millions d’habitants, Kinshasa se classe parmi les villes africaines les plus congestionnées. Entre embouteillages interminables, infrastructures insuffisantes et urbanisation anarchique, la capitale de la RDC est au bord de l’asphyxie. Face à ces défis, le développement de cités satellites et la réorganisation urbaine en pôles apparaissent comme des solutions structurantes pour repenser l’avenir de la ville.

ExpoBeton et le SOSAK : des pistes de réorganisation urbaine

Lors de la 8ᵉ édition d’ExpoBeton en septembre 2024, plusieurs experts ont plaidé pour une réorganisation de Kinshasa en trois pôles urbains, avec la création de nouvelles zones autonomes autour de la capitale. Ces pôles permettraient de structurer le développement en dehors du centre-ville et de créer des espaces mieux aménagés, dotés d’infrastructures modernes.

Cette proposition s’appuie sur les recommandations du Schéma d’Orientation Stratégique de l’Agglomération Kinoise (SOSAK), qui depuis 2016, insiste sur la nécessité d’urbaniser la périphérie de Kinshasa en intégrant logements, industries et services de base afin d’éviter la concentration des populations et des activités économiques dans le centre-ville.

Un fonds inspiré de l’Office des Cités Africaines (OCA) pour financer le développement des cités satellites

Le défi majeur reste le financement de ces projets. Historiquement, l’urbanisation planifiée au Congo a été soutenue par des institutions comme l’Office des Cités Africaines (OCA) et le Fonds d’Avance, qui ont permis, avant l’indépendance, la mise en place de quartiers résidentiels structurés. En 1965, ces organismes ont fusionné pour donner naissance à l’Office National du Logement (ONL), qui avait pour mission de construire des logements sociaux et de gérer le développement urbain.

Aujourd’hui, la création d’un Fonds National pour le Développement des Cités Satellites (FNCS), sur le modèle de l’ancien OCA, pourrait être une solution efficace pour mobiliser les ressources financières nécessaires. Ce fonds pourrait :

Financer la construction d’infrastructures essentielles (routes, écoles, hôpitaux, services de base) dans les nouveaux pôles urbains ; Encourager les promoteurs immobiliers à développer des cités planifiées accessibles aux classes moyennes et populaires ;

Soutenir les collectivités locales dans la mise en place d’un cadastre moderne afin d’éviter la spéculation foncière et les occupations anarchiques.

Conditions de réussite

Pour que ce projet réussisse, plusieurs éléments doivent être pris en compte :

Une planification stricte pour éviter que les cités satellites ne deviennent des bidonvilles sous-équipés ; Un réseau de transport performant reliant les nouveaux pôles au centre-ville pour limiter les longs trajets quotidiens ; Des incitations fiscales pour attirer les entreprises et développer des zones économiques dans ces nouvelles villes ; Un cadre juridique clair pour garantir une gestion transparente des terrains et des constructions.

Un modèle inspiré des autres grandes métropoles africaines

Plusieurs villes africaines ont déjà mis en place des politiques similaires. Abidjan a développé la cité de Yopougon, qui accueille aujourd’hui plus de 1,5 million d’habitants. Nairobi a créé des pôles urbains comme Satellite et Ruiru, tandis que Johannesburg a structuré son expansion autour de nouvelles banlieues bien desservies.

En s’inspirant de ces modèles et en mettant en place un Fonds National pour le Développement des Cités Satellites, Kinshasa pourrait amorcer une révolution urbaine en offrant à ses habitants un cadre de vie plus structuré et mieux adapté aux défis du XXIᵉ siècle.

Accueil

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *