Les statuts de l’UDPS, seule source de la légalité 

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Des vétérans de l’UDPS, longtemps oubliés, négligés et frustrés par le pouvoir qu’ils ont contribué à installer, en viennent aujourd’hui à multiplier éloges et félicitations envers l’un des leurs — désigné on ne sait pas qui, ni selon quel mécanisme légal-pour conduire une prétendue commission de révision des statuts.

Une telle initiative, dépourvue de base statutaire, sans transparence et sans mandat organique, constitue une entorse grave à l’héritage démocratique du Parti et trahit l’exigence de rigueur qui a toujours fondé son combat.

Cette attitude, souvent dictée par une quête tardive de reconnaissance ou par des calculs de circonstance, ne saurait se substituer à la légalité, à la discipline interne et au respect scrupuleux des statuts.

Les statuts de l’UDPS demeurent la seule source de légalité au sein du Parti.

Il convient de rappeler que les Légalistes et le tiers des fédérations ont, conformément aux statuts, déjà convoqué le deuxième Congrès extraordinaire du 11 juillet 2023. Cette démarche régulière et conforme au droit interne du Parti reste la seule expression légitime de la volonté organique.

Par ailleurs, la Constitution de la République Démocratique du Congo interdit formellement à tout pouvoir politique ou institutionnel de s’ingérer dans la gestion interne des partis politiques.

À ce titre, les paroles, la pensée et les actes-même du Président de la République — n’ont aucune force de loi lorsqu’ils violent la Constitution ou les statuts.

Le mobutisme, dans sa pensée, sa parole et ses actes, est révolu et ne produit aucun effet juridique.

Il est aussi légitime de se demander : pourquoi ces mêmes vétérans ne témoignent-ils pas la même ferveur envers l’autre « gourou », le silencieux, celui à qui l’UDPS a tout donné alors que le Parti n’a rien reçu en retour ?

Ce silence volontairement calculé, cette absence totale de redevabilité et de reconnaissance, révèle un déséquilibre profond.

À ce stade, l’UDPS ne peut défendre ni sa stature historique, ni son rang dans le monde, si elle continue de s’enfermer dans des loyautés asymétriques et des fidélités aveugles, contraires à la logique démocratique et à la dignité institutionnelle du Parti.

La RDC est un État de droit.

C’est pourquoi il faut encourager les Légalistes et le tiers des fédérations à maintenir leur confiance dans la justesse et la légitimité de leur cause.

Tenir fermement le cap du droit n’est pas seulement un acte de cohérence interne : c’est un devoir envers l’histoire de l’UDPS, envers ses martyrs et envers la démocratie congolaise.

 

Mon opinion

L’accord signé le 27 juin à Washington entre la République Démocratique du Congo et la République du Rwanda, et appelé à faire l’objet d’un acte supplémentaire du Président de la République lors de la rencontre du 4 décembre, soulève des exigences juridiques et institutionnelles auxquelles l’État congolais doit répondre avec rigueur. Du côté rwandais, la procédure interne a suivi les étapes requises : examen par le Gouvernement, transmission au Parlement et autorisation de ratification. Il s’agit donc d’un engagement pleinement assumé par leurs institutions nationales.

S’agissant de la RDC, le texte signé par la Ministre des Affaires étrangères n’a, à ce jour, ni fait l’objet d’une délibération formelle au Conseil des ministres, ni été transmis au Parlement pour l’autorisation de ratification lorsque celle-ci s’avère constitutionnellement nécessaire. Cette absence de formalisation interne ne remet pas en cause la volonté de l’État congolais de rechercher la paix, mais elle appelle des clarifications urgentes afin d’éviter toute fragilité juridique et diplomatique dans la mise en œuvre d’un accord dont les implications touchent à la sécurité, à la souveraineté territoriale, aux équilibres régionaux et aux engagements financiers futurs.

Il est indispensable que les institutions nationales apportent, dans les meilleurs délais, la clarté procédurale qui permettra à la RDC d’avancer avec cohérence et d’éviter toute contestation ultérieure. Une concertation immédiate entre le pouvoir exécutif et les deux chambres du Parlement est recommandée afin de déterminer le niveau d’engagement requis, d’apprécier la nature des obligations contenues dans l’accord et de décider, en toute souveraineté, de l’option juridique la plus conforme à la Constitution. Cette démarche permettra de sécuriser l’acte éventuel du Président de la République, d’asseoir pleinement la crédibilité de la RDC dans ce processus, et de garantir que toute signature solennelle reflète la position consolidée de l’État Congolais dans toutes ses composantes institutionnelles.

La clarté et la cohérence institutionnelle sont les premières garanties d’une paix durable. En assurant la conformité constitutionnelle de la procédure et en assurant l’adhésion des institutions nationales, la RDC se mettra en position de défendre ses intérêts, de garantir la transparence vis-à-vis du peuple, et d’engager le pays dans un processus où les responsabilités, les obligations et les mécanismes de suivi seront déterminés de manière incontestable.

La recherche de la paix n’exclut pas l’exigence de méthode. Elle exige, au contraire, un ancrage solide dans le droit interne et un alignement institutionnel qui permettront à la RDC d’aborder les prochaines étapes avec rigueur, sérénité et crédibilité sur la scène internationale.

Dr Tambwe Mbuyi Théophile, Légaliste, Haut cadre

du parti UDPS/Tshisekedi

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