Lettre ouverte au Président Félix Tshisekedi : et si Dieu a vraiment parlé par Moïse Mbiye ?

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Les réactions disproportionnées des pasteurs convaincus d’avoir pour vocation de vous accompagner dans la révision ou le changement de la Constitution ne peuvent pas vous laisser indifférent ! Au contraire, elles vous interpellent dès lors que la Maison de Dieu prend feu sous vos yeux et sous votre mandat !

« Monsieur le Président de la République,

De mémoire de journaliste, surtout de chroniqueur politique, c’est la première fois que je vois le Congo, notre Congo, mon Congo en pleine guerre vivre un schisme profond en interne dans ce qu’il a de sacré : l’Église ».

Passe encore que ce soit entre les deux dénominations confessionnelles traditionnelles qualifiées par les « Congolais de bonne qualité » d’instrument de domination des puissances impérialistes (donc américaines), entendez l’Eglise catholique romaine (CENCO) et l’Église protestante du Congo (ECC).

Mais là, pour la première fois, les Églises du Réveil et Indépendantes se rentrent dedans, au vu et au su de tout le monde, comme des « vulgaires Kuluna ».

Nous étions loin d’imaginer tant d’imprécations de leur part, jetant même le doute sur leur capacité de garder les secrets du confessionnal ! Les secrets du passé de Moïse Mbiye sont exposés par des parents et des aînés en Christ ! Terrible !

Certes, du point de vue des ressources humaines, matérielles et financières aujourd’hui, peut-être que Sony Kafuta, Moïse Mbiye, Sikatenda Nehema et autres Lord Mbongo ne font pas le poids devant des « géants » que deviennent Evariste Ejiba, Léopold Mutombo, Pascal Mukuna, Dodo Kamba, Albert Kankenza, Godé Mpoy, François Mutombo, Espérance Mbakadi et même Paulin Mukendi.

Sur ce terrain-là, Monsieur le Président de la République, il y a comme du « David-Goliath ».

Pour avoir confié le Congo entre les mains de Dieu le 26 juin 2019, ne dites pas que cette confrontation relève de la vitalité démocratique ! Non !

« Monsieur le Président de la République,

Le chrétien que vous êtes sait que « Dieu parle tantôt d’une manière, tantôt d’une autre ! ». C’est en Job 33:14. Dieu peut avoir parlé par Moïse Mbiye. Comme le fit, du reste, votre propre directeur spirituel, le pasteur Roland Galo.

« Allez jusqu’où vous pouvez àller. Un mandat ? Deux mandats ? Mais pas trois ! », vous a-t-il dit. Or, l’archibishiop Evariste Ejiba Yamampia – qui n’est pas votre pasteur – vous encourage à aller au-delà ! Tant mieux.

Libre à vous de faire le bon choix. 

En attendant, un enjeu plus grave qu’on ne l’imagine va bouleverser l’Eglise corps du Christ. Si, en effet, des ministres de Dieu se révèlent incapables d’interpréter correctement une Constitution – qui est une œuvre humaine, charnelle, terrestre – comment sauront-ils interpréter efficacement la Parole de Dieu ?

Quand ils mentent aux enfants de Dieu à propos, par exemple, de l’article 217 (parce qu’ils doivent vous accompagner dans la croisade pour le changement de la Constitution) , qu’est-ce qui empêcherait Dieu de faire retomber sur vous sa colère ?

« Monsieur le Président de la République,

Tel que vous êtes là,, vous savez que vous avez la capacité de faire réviser ou changer la Constitution sans nécessairement recourir à l’Eglise, sans absolument laisser les ministres de Dieu se livrer en spectacle.

C’est pour cela que Jésus-Christ avait tranché en Luc 5:25 en déclarant : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Vous conviendrez avec moi, si vous le voulez bien, que ce bras de fer dans l’Eglise a pour origine unique la connexion « Constitution/Accord stratégique RDC-USA », alias « Deal minier ».

A ce propos, je viens de visualiser un extrait de la vidéo de votre conférence de presse du 6 mai 2026. Voici ce que vous dites : « Une chose est certaine, et elle nous a été dite d’ailleurs aux États-Unis. Après que l’on ait apposé nos signatures, nous avons, nous, engagé l’honneur et l’image des États-Unis. Et les États-Unis n’accepteront pas que cet honneur et cette image soienr souillés. Nous sommes libres de refuser de nous engager, de respecter nos engagements, nos signatures, mais nous ne serons pas libres de subir la colère des États-Unis ».

C’est aussi clair que l’eau de roche ! 

En brandissant la colère redoutable des États-Unis, vous nous confirmez n’avoir désormais pour marge de manœuvres que celle convenue dans le deal.

Ainsi, au stade actuel, nous n’avons rien à émettre comme avis différent. Votre message est clair : nous nous rangeons !

Cela veut aussi dire : gare à toute congolaise, à tout Congolais qui oserait tenir tête devant les Américains, à la limite devant l’Administration Donald Trump, et ce d’ici au 20 janvier 2029, date de ses derniers adieux à la Maison Blanche puisque la Constitution américaine ne lui reconnaît pas la possibilité d’un troisième mandat.

Cela veut surtout dire : d’ici à début novembre 2028 (période de tenue de la prochaine présidentielle américaine), aucune force politique ni sociale congolaise ne peut oser vous bousculer puisque vous bénéficiez de la protection rapprochée de Washington.

« Monsieur le Président de la République,

Il se fait seulement que faute de transparence dans la communication, ceux qui vous accompagnent semblent ne pas maîtriser les matières qu’ils abordent.

Si, du reste, on en venait à les « soumettre » à un radio-trottoir, vous serez surpris de réaliser qu’en majorité ils ne connaissent rien ou pas grand-chose de la Constitution pourtant promise à la guillotine, ni de l’Accord stratégique RDC-USA du 4 décembre 2025.

Ils n’ont pas tort puisque dans aucune de ses pages publiées jusque-là, mention n’est faite, par exemple, du fameux montant de USD 500 milliards qui sera injecté dans l’économie congolaise en l’espace de deux ans, c’est-à-dire entre décembre 2026 et 2028, période correspondant au terme de votre second et dernier mandat constitutionnel.

Vous l’aurez-vous même noté : faute d’avoir les mêmes éléments de langage, vos debaters sont en train d’apporter de l’eau au moulin d’une Opposition prête à rebondir. Car, c’est au même moment que ceux de vos collaborateurs les plus zélés commencent à menacer la liberté d’expression.

Pour preuve, les mises en garde officielles liées à votre conférence de presse du 6 mai 2026 contre toutes dérives.

C’est une première dans l’histoire des prestations des chefs d’État en RDC. 

Résultat : l’ONG américaine HRW (Human Rights Watch, en mort clinique depuis votre accession au pouvoir en janvier 2019, reprend vie. «Les citoyens congolais ont le droit d’exprimer leurs opinions et leurs préoccupations sans craindre de représailles, mais cela devient de plus en plus difficile (…) Les autorités congolaises devraient mettre fin aux restrictions qu’elles imposent à la liberté d’expression et au droit de manifester, et veiller à ce que chacun au Congo puisse exprimer pacifiquement ses opinions sans être victime de harcèlement, d’arrestation arbitraire ou de détention », a-t-elle déclaré.

« Monsieur le Président de la République,

Il y a une dizaine de jours, Tibor Nagy, sous-secrétaire d’Etat américain pour l’Afrique, a tenu des propos qui vous sont préjudiciables. «L’un de mes plus grands regrets (…) a été de plaider pour que les États-Unis soutiennent Tshisekedi. Je pensais qu’il serait vraiment différent et ferait avancer les intérêts du peuple congolais. Comme je me suis trompé», a-t-il dit selon plusieurs medias en ligne congolais.

Au lieu de laisser passer cette remarque, les vôtres ont réagi de manière véhémente comme pour susciter un autre bras de fer au moment où vous avez besoin de consolider votre rapprochement avec les États-Unis !

D’expérience, nous savons de tout temps que c’est le modus operandi favori des Américains, peu importe qu’ils soient républicains ou démocrates : « conditionner tout à leur volonté, au nom de leurs intérêts ! »

« Monsieur le Président de la République,

La question que vous devez absolument alors vous poser est la suivante : « quelle parade avez-vous envisagé si, d’ici à fin 2028, vous ne voyez rien venir ! »

Il y a un précédent que vous connaissez certainement : les encouragements de l’Union européenne pour amener les Congolais au référendum de 2005 et aux élections de 2006. L’Udps s’y était opposé.

L’Union européenne avait financé ce processus à hauteur de 500 millions de dollars avec une promesse à la clé : le retour des investissements occidentaux suspendus depuis 1990 des suites du massacre des étudiants survenu à l’université de Lubumbashi la nuit du 11 au 12 mai 1990.

Les Congolais avaient approuvé à 84,31 % contre 15,69 % et non à 51 % contre 49, comme l’ont prétendu Jonas Tshiombela et Peter Tshiani !

Hélas ! Votre prédécesseur ne vit rien venir toute l’année 2007 et tout le premier semestre 2008. D’où, pour parade, le « contrat sino-congolais ».

Quelqu’un objectera que ce n’est pas le même cas puisqu’en 2005-2006, il n’y avait aucun accord d’accompagnement économique. Oui, c’est vrai.

Mais qu’est-ce qui rassure que les Américains aligneront sur deux ans, voire sur cinq ans, les fameux USD 500 milliards évoqués par le pasteur Godé Mpoy mais non indiqué dans les pages publiées ?

À l’analyse de votre aveu d’impuissance (la colère des Américains), cette question prend une autre dimension : « auprès de quelle instance judiciaire la RDC va-t-elle se plaindre de la violation, par les États-Unis, de l’Accord Stratégique, si violation il y a ! »

« Monsieur le Président de la République,

Ce qui s’apparente à un coup de gueule de la part du pasteur Moïse Mbiye (malgré la rétractation qu’il a opérée par vidéo deux jours après comme venait de le faire l’artiste musicien Ferré Gola !) doit vous intéresser, vous interpeller !

Les réactions disproportionnées de ses « aînés » dans la foi, pardon dans la profession ne doivent pas vous laisser indifférent, encore moins vous amuser, surtout pas vous réjouir.

C’est la preuve d’une carence criante au niveau des éléments de langage. Et cela fait désordre…

Face à cette situation, le Sage ne se tait pas. Il interroge les oracles…

Interrogez alors les vôtres, svp !, Monsieur le Président de la République…

 

Omer Nsongo die Lema

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