Levée des immunités de Joseph Kabila : Patrick Nkanga s’adresse à Félix Tshisekedi
« L’attitude affichée contre l’ancien Président Joseph Kabila ainsi que son Parti Politique, le PPRD, sont des vrais traumatismes pour l’avenir de notre Démocratie et partant, un signal malheureux pour la démocratie en Afrique.
Le Premier Président depuis notre accession à l’indépendance à quitter le Pouvoir en respectant les prescrits constitutionnels, inscrivant ainsi notre pays dans une coutume démocratique et Républicaine, est aujourd’hui présenté en paria.
Le Premier Parti Politique au pouvoir dans ce pays, à avoir présenté un candidat à l’élection présidentielle, avec tous les avantages qui peuvent en découler, a accepté la défaite de son candidat et a reconnu la victoire de l’un des candidats de l’opposition, assistant même à sa prestation de serment, est présenté aujourd’hui comme un Parti à guillotiner, sur base des présomptions non factuelles.
Ces faits sont des jurisprudences malheureuses qui viennent estomper brutalement la culture et la coutume démocratiques dans notre pays et en Afrique.
Combien ne se questionneront-ils pas sur ce qu’ont vécu l’ancien Président Joseph Kabila et le PPRD, avant de quitter le Pouvoir ? Combien ne diront-ils pas; si nous quittons le pouvoir démocratiquement, n’allons-nous pas subir certains méfaits comme le PPRD et son leader ? Brimés, vivant toutes sortes d’injustices sous le regard complaisant de la communauté nationale et internationale ?
De manière délibérée ou involontaire, de manière consciente ou inconsciente, l’on vient de traumatiser notre démocratie et de sortir de leurs tombes, les vieux démons de la dictature.
Ces actes qui viennent fragiliser notre jeune démocratie doivent s’annihiler tout de suite, sans aucunes formes d’atermoiements, cette jurisprudence qui tend à prendre forme, ne doit jamais avoir existé.
J’en appelle à la responsabilité constitutionnelle du Président de la République afin qu’il soit mis un terme à toutes ces démarches pernicieuses en vue de préserver l’essentiel.
Monsieur le Président de la République,
Il vous sied de TOUT faire pour que votre prédécesseur revienne au pays et vive en sécurité, avec sa famille.
Notre pays est en crise, ladite crise est multiforme. Il est possible que nous résorbions cela à l’interne en tant que fils et filles d’un même pays, en adoptant une approche de sincérité, de responsabilité, d’humilité et de fraternité.
La solidification de notre démocratie a notamment pour fondement principal, le respect dû à ceux qui l’ont géré au plus haut niveau, en l’occurrence au niveau de Chef d’Etat. Ce statut d’ancien Chef d’Etat n’est pas l’apanage que du Président Joseph Kabila, c’est la future fonction du Président Tshisekedi, non pas celle de ses membres du Gouvernement, de ses militants du Parti, de ses Conseillers du jour ou du soir, c’est sa future fonction à lui et à lui seul. Ainsi en sera-t-il de celui qui viendra après lui… ainsi de suite !
La maturité d’une société réside dans sa capacité à résoudre ses problèmes !
Sommes-nous incapables de résoudre les nôtres ? Sommes-nous incapables de discuter de nos divergences, même les plus fondamentales ? Doit-on toujours régler nos problèmes à Doha, Luanda, Bruxelles, Washington et ailleurs ? Est-ce cela le sens du combat politique ayant été mené par Lumumba, Mzee Laurent-Désiré Kabila, Étienne Tshisekedi ? Ne devons-nous pas, avec un cœur sincère, mettre en place les conditions internes propices à un règlement fraternel de nos problèmes ?
Il nous sied de faire preuve de grandeur et de surpassement, afin d’éviter toute sorte d’excès aux conséquences incalculées pour l’avenir de notre pays et de notre démocratie qui à ce jour, est altérée. »
