L’IGF amorce sa transformation stratégique pour renforcer le contrôle des finances publiques d’ici 2028

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Deuxième journée du séminaire de renforcement des capacités des partenaires de l’IGF médias et société civile pour l’approbation de son plan triennal 2026 – 2028. L’Inspection Générale des Finances Chef de service adjoint M. Tshibingu Nsenga Emmanuel a engagé une réflexion approfondie sur son fonctionnement afin d’adapter son action aux nouveaux défis de la gouvernance publique. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’élaboration de son Plan stratégique 2026-2028, fondé sur un diagnostic interne et externe ainsi qu’une analyse SWOT de l’institution.

Selon le document de diagnostic, l’IGF entend consolider les acquis enregistrés ces dernières années dans la lutte contre la mauvaise gestion des finances publiques tout en modernisant ses méthodes de contrôle. L’institution estime qu’il est indispensable de connaître ses forces et ses faiblesses afin de définir une vision claire de son évolution à l’horizon 2028.

L’un des principaux enseignements du diagnostic concerne la patrouille financière, mécanisme de contrôle a priori mis en place pour surveiller les dépenses publiques, la mobilisation des recettes ainsi que la gestion des entreprises publiques et des provinces. L’IGF souligne que ce dispositif a permis d’améliorer la qualité de certaines dépenses, de limiter les gaspillages et de renforcer son image de rempart contre la mauvaise gouvernance.

Toutefois, l’institution reconnaît également plusieurs défis liés à ce mode d’intervention. La présence quasi permanente des inspecteurs dans certains services contrôlés expose l’IGF à des critiques de cogestion, tandis que les pressions institutionnelles et les incompréhensions de certaines parties prenantes compliquent parfois l’exercice du contrôle.

Face à ces contraintes, l’Inspection Générale des Finances préconise un changement de paradigme. Elle souhaite passer d’une logique de contrôle ponctuel à une approche davantage orientée vers l’intelligence organisationnelle, l’analyse des risques et la transformation durable des systèmes de gestion publique.

Le diagnostic met également en lumière plusieurs insuffisances structurelles, notamment l’absence d’une cartographie formelle des risques, le déficit d’effectifs parmi les Inspecteurs des Finances, le manque de procédures normalisées dans certains domaines de contrôle ainsi qu’un niveau encore insuffisant de digitalisation des outils de travail.

Pour relever ces défis, l’IGF envisage de renforcer son système d’information, de développer des plateformes numériques de centralisation des données financières, de mettre en place des tableaux de bord interactifs de suivi des missions et de se doter de manuels de procédures conformes aux standards internationaux.

Sur le plan des ressources humaines, l’institution reconnaît la nécessité d’accroître ses effectifs et de poursuivre les programmes de formation afin de renforcer les compétences techniques de ses agents dans un contexte marqué par l’évolution rapide des méthodes de gestion des finances publiques.

L’analyse externe révèle par ailleurs plusieurs contraintes, notamment les tentatives de corruption, les menaces pesant sur l’intégrité des inspecteurs, les difficultés d’accès à certaines zones du pays et la fragmentation des systèmes d’information financière. Malgré ces obstacles, l’IGF bénéficie d’une forte crédibilité auprès des autorités publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que de la société civile.

L’analyse SWOT réalisée dans le cadre de ce diagnostic met en évidence les principaux atouts de l’institution : un mandat légal solide, une expérience reconnue dans le contrôle des finances publiques, un accès direct aux plus hautes autorités de l’État et une crédibilité renforcée auprès des partenaires nationaux et internationaux.

Parmi les opportunités identifiées figurent la digitalisation progressive de l’administration publique, les réformes en cours dans le secteur des finances publiques et les attentes croissantes de la population en matière de transparence et de redevabilité.

À travers ce diagnostic, l’Inspection Générale des Finances affiche sa volonté de moderniser son action et d’adapter ses méthodes de contrôle aux exigences contemporaines de gouvernance. L’ambition est de bâtir, à l’horizon 2028, une institution plus performante, davantage axée sur l’analyse des risques, l’exploitation des données et l’impact durable de ses interventions sur la gestion des finances publiques en République démocratique du Congo.

 

Par Didier Mbongomingi

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