L’insécurité alimentaire dans le monde reste bien supérieure aux niveaux de 2015

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L’insécurité alimentaire mondiale a progressivement diminué depuis 2021, mais reste bien supérieure aux niveaux de 2015, a indiqué une agence des Nations Unies, relevant que plus du quart de la population mondiale, soit près de 2,3 milliards de personnes, souffraient d’insécurité alimentaire modérée ou grave en 2024, contre 21,4 % (1,6 milliard) en 2015.

Ces données font partie du dernier rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) évaluant les progrès réalisés sur 22 indicateurs et couvrant six objectifs de développement durable (ODD) : ODD 2 (Faim « zéro »), 5 (Égalité entre les sexes), 6 (Eau propre et assainissement), 12 (Consommation et production responsables), 14 (Vie aquatique) et 15 (Vie terrestre).

Le document estime que 8,2 % de la population mondiale pourrait avoir souffert de la faim en 2024. « Du point de vue de l’évaluation des progrès, le monde est loin de l’objectif fixé, et la situation s’est même détériorée depuis 2015 », a détaillé l’agence basée à Rome.

« Nous devons redoubler d’efforts pour garantir la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et assurer une agriculture durable, tout en préservant la viabilité de nos ressources naturelles. Ce rapport met en lumière les objectifs et les régions qui ont enregistré les progrès les plus importants et ceux qui ont connu une détérioration », a déclaré José Rosero Moncayo, statisticien en chef de la FAO.

Niveaux préoccupants en Afrique subsaharienne

Sur les quelque 2,3 milliards de personnes dans le monde confrontées à une insécurité alimentaire modérée ou grave en 2024, environ 828 millions souffraient d’une insécurité alimentaire grave. La prévalence de l’insécurité alimentaire grave a légèrement diminué, passant de 10,4 % en 2023 à 10,1 % en 2024.

Plus des deux tiers de la population d’Afrique subsaharienne étaient en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave en 2024, soit une forte hausse par rapport à un peu moins de 50 % en 2015.

La prévalence a également augmenté depuis 2015, bien que de manière beaucoup plus progressive, en Océanie, à l’exception de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, où plus de la moitié de la population était en situation d’insécurité alimentaire en 2024.

En Asie centrale et en Asie du Sud, ainsi qu’en Asie occidentale et en Afrique du Nord, plus d’un tiers de la population était en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave en 2024 (respectivement 37,5 % et 36,5 %). La prévalence est bien supérieure aux niveaux de 2015 dans les deux régions, mais inférieure à celle de 2021. En Asie occidentale et en Afrique du Nord, elle est en hausse depuis 2022.

Des prix élevés

Une amélioration notable a été observée en Amérique latine et dans les Caraïbes, où des progrès constants ont été réalisés depuis 2021. Le nombre de personnes touchées par une insécurité alimentaire modérée ou grave a diminué de 50 millions entre 2021 et 2024, la prévalence passant de 33,4 % à 25,2 % (soit environ 217 millions et 167 millions de personnes, respectivement), principalement grâce aux progrès réalisés en Amérique du Sud.

Malgré une légère baisse en 2023, l’incidence des anomalies des prix alimentaires reste trois fois plus élevée que la moyenne de 2015-2019 en raison des tensions géopolitiques persistantes et des perturbations liées aux conditions météorologiques.

« Du point de vue de l’évaluation des progrès, le monde est très loin de l’objectif, avec une tendance à la détérioration depuis 2015 », a conclu la FAO.

Les Etats-Unis accordent 30 jours à l’Iran pour vendre son pétrole déjà chargé en mer Le département du Trésor américain a publié vendredi une licence levant temporairement, pour une durée de 30 jours, les sanctions sur le pétrole iranien déjà chargé en mer, afin de pallier la pénurie d’approvisionnement due aux interruptions du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Cette licence générale, délivrée par son Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC), autorise la livraison et la vente de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine iranienne déjà chargés à bord de navires à compter de vendredi. Les transactions visant à assurer l’accostage et le mouillage en toute sécurité des navires concernés, à préserver la santé ou la sécurité des membres d’équipage, à effectuer des réparations d’urgence ou à protéger l’environnement, ainsi que divers services, sont également autorisées. Il convient de noter que les transactions autorisées par cette licence comprennent l’importation aux Etats-Unis de pétrole brut et de produits pétroliers d’origine iranienne. « Cette autorisation temporaire et à court terme est strictement limitée au pétrole qui est déjà en transit et n’autorise pas de nouveaux achats ni de nouvelle production », a précisé vendredi le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, dans un message publié sur X. L’Iran aura du mal à accéder aux recettes générées et les Etats-Unis continueront d’exercer une pression maximale sur l’Iran et sur sa capacité à accéder au système financier international, a-t-il ajouté. Washington a déjà assoupli ses sanctions visant le pétrole russe et vénézuélien, parallèlement à la mise à disposition coordonnée des réserves conflit un Etats-Unis, Israël et l’Iran dure depuis trois semaines et perturbe gravement le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, les livraisons de pétrole transitant par cette voie ayant chuté à moins de 10% de leur niveau d’avant le conflit.

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