Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’est dit mercredi « gravement préoccupé » par la reprise des échanges de tirs entre les États-Unis et l’Iran, après une nouvelle nuit de frappes qui aurait fait des victimes civiles en Iran.
« Le Secrétaire général est profondément alarmé par les informations faisant état de victimes civiles, notamment lors d’une frappe qui aurait touché une cérémonie de mariage en Iran », a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien à New York.
Selon des responsables iraniens cités dans la presse, une frappe américaine aurait touché une habitation accueillant un mariage à Kuhestak, dans la province méridionale d’Hormozgan. Au moins quatre personnes, dont un enfant, auraient été tuées et plusieurs dizaines d’autres blessées. L’armée américaine a indiqué que ses frappes visaient des cibles militaires iraniennes, tout en disant être au courant des informations concernant le mariage.
Le Secrétaire général « condamne toutes les attaques contre les civils », a souligné M. Dujarric, rappelant à toutes les parties leurs obligations au titre du droit international humanitaire, notamment les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution.
Le Golfe sous tension
En représailles aux frappes américaines, l’Iran a lancé des missiles et des drones contre des positions américaines et leurs installations dans plusieurs pays de la région. La Jordanie, le Koweït et Bahreïn ont notamment fait état d’attaques ou d’interceptions.
Pour l’ONU, les conséquences dépassent largement les zones directement touchées par les combats. « Peu de pays de la région sont épargnés par cette escalade », a averti Stéphane Dujarric, alors que l’espace aérien et les principales voies de navigation restent fortement perturbés.
Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial et notamment pour les hydrocarbures, est au cœur de la confrontation. Le trafic maritime y demeure fortement réduit depuis le début de la guerre, alimentant les inquiétudes concernant l’approvisionnement énergétique et la sécurité des navires.
« Retourner à la diplomatie »
António Guterres appelle les États-Unis et l’Iran à mettre immédiatement fin aux opérations militaires et à faire preuve de retenue, en évitant toute action ou rhétorique susceptible d’aggraver davantage les tensions.
« Une nouvelle escalade aurait, comme vous pouvez l’imaginer, des conséquences dévastatrices pour les civils, ainsi que pour la région et au-delà », a déclaré le porte-parole.
L’escalade pèse déjà lourdement sur les populations civiles et accroît les besoins humanitaires dans une région où les opérations sont « déjà débordées et sous-financées », a-t-il ajouté.
Le chef de l’ONU exhorte Washington et Téhéran à revenir d’urgence à la diplomatie. « Un règlement global et durable ne peut être obtenu que par le dialogue et les négociations », a rappelé Stéphane Dujarric.
