La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la lutte contre le paludisme avec la mise en place du réseau « Voix Essentielles Palu RDC », une plateforme qui fédère onze organisations de la société civile engagées dans le plaidoyer pour une meilleure prise en compte des besoins des femmes et des filles dans les politiques de lutte contre cette maladie. Cette initiative a été lancée à l’issue d’un forum multisectoriel organisé le 16 juin à Kinshasa par Speak Up Africa, dans le cadre du projet Women Accelerating Victory Towards Malaria Elimination (WAVE).
Le forum avait pour ambition de mobiliser les acteurs des secteurs de la santé, des institutions publiques et de la société civile afin de renforcer l’intégration des besoins spécifiques des femmes et des jeunes filles dans les stratégies nationales de lutte contre le paludisme. Il a également permis de doter officiellement le nouveau réseau de ses organes de gouvernance, marquant ainsi le début d’un plaidoyer collectif porté par les organisations membres.
Le Directeur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), Baudoin Matela, a salué cette initiative qu’il considère comme un levier important pour améliorer la réponse nationale face au paludisme. Il a réaffirmé l’engagement du PNLP à prendre en compte les recommandations issues des différents échanges afin de lever les obstacles qui limitent l’accès des femmes et des filles aux services de prévention et de prise en charge.
La RDC demeure l’un des pays les plus touchés par le paludisme dans le monde. Avec près de 25 millions de cas et plus de 22 000 décès enregistrés en 2021, elle concentre à elle seule plus de 12 % de la charge mondiale de cette maladie, faisant du renforcement des actions de prévention et de gouvernance une priorité nationale.
Pour Benjamin Sabue, coordonnateur du projet « Voix Essentielles Paludisme en RDC », les femmes sont particulièrement exposées aux conséquences du paludisme alors qu’elles restent insuffisamment représentées dans les espaces de décision. Selon lui, le forum vise à favoriser leur autonomisation et à renforcer leur participation dans la gouvernance sanitaire afin que leurs préoccupations soient mieux intégrées dans les politiques publiques.
L’une des principales retombées de cette rencontre est la création officielle du réseau « Voix Essentielles Palu RDC », composé de onze organisations de la société civile de Kinshasa. Grâce à un financement de Speak Up Africa, chacune de ces organisations bénéficiera d’une subvention de 18 000 dollars américains pour conduire des activités de sensibilisation, de mobilisation communautaire et de plaidoyer en faveur d’un accès équitable à la prévention et aux soins contre le paludisme, en particulier pour les femmes et les filles.
Selon Papa Djibril, chargé du plaidoyer santé à Speak Up Africa, cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale déjà mise en œuvre dans plusieurs pays africains. Il a expliqué que les réseaux « Voix Essentielles » permettent aux organisations de la société civile d’unir leurs efforts pour défendre des causes communes, notamment la lutte contre les violences basées sur le genre et le renforcement de la participation des femmes dans les politiques de santé.
Lancée en 2021, l’initiative Voix Essentielles est aujourd’hui déployée dans cinq pays africains et accompagne 117 organisations communautaires dirigées par des femmes. En République démocratique du Congo, plusieurs structures, dont le Mouvement d’Actions des Jeunes, Jeunes en Action et l’Association des Enfants Militaires, figurent parmi les bénéficiaires de ce programme.
Mis en œuvre par Speak Up Africa dans le cadre du projet WAVE, avec l’appui du Fonds mondial, du Fonds pour l’Équité des Genres et de l’International Youth Alliance for Family Planning (IYAFP-RDC), ce forum marque une avancée significative dans la promotion d’une gouvernance sanitaire plus inclusive, où les femmes deviennent des actrices de premier plan dans la lutte contre le paludisme en RDC.
Le Quotidien
