M23, CNDP, RCD, AFDL… : Les mercenaires de la terreur, pas des libérateurs
Par : Jean Aimé Mbiya Bondo Shabanza
Vice-président Fédéral et Représentant Adjoint de l’UDPS/Tshisekedi aux USA
Expert en Administration Publique et Analyste Socio-Politique
L’hypocrisie des faux libérateurs : quand les rébellions se transforment en instruments de terreur contre le peuple congolais
Depuis plus d’un quart de siècle, la République Démocratique du Congo vit au rythme d’un cycle morbide qui semble sans fin : la prolifération de rébellions armées se présentant comme des mouvements de « libération ». Ces groupes, soutenus, financés ou téléguidés par des intérêts étrangers, prétendent vouloir sauver le peuple congolais de la dictature, de l’injustice ou de la mauvaise gouvernance. Pourtant, chaque fois que ces « sauveurs » apparaissent, le résultat est le même : occupation de territoires, massacres, viols, déplacements massifs de populations et pillage systématique des ressources naturelles.
Derrière leurs slogans trompeurs, il n’y a ni idéal patriotique, ni quête de démocratie. Ce sont des milices mercenaires dont la seule mission est de maintenir le Congo dans une instabilité chronique, afin de servir des agendas extérieurs. Leur hypocrisie est totale, leur bilan criminel incontestable, et leur prétention de libérateurs n’est qu’une insulte faite à la mémoire et à la souffrance du peuple congolais.
Ces mouvements armés ont prospéré grâce à l’impunité et au soutien tacite ou direct de puissances étrangères, transformant le Congo en un terrain d’expérimentation géopolitique. Chaque nouvelle rébellion semble surgir au moment où le pays montre des signes de renforcement ou de stabilité, démontrant que la prétendue libération n’est qu’un prétexte pour l’ingérence et le contrôle économique.
L’AFDL : la « libération » qui a ouvert la voie à l’occupation
En 1997, l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) renverse Mobutu, promettant de délivrer les Zaïrois d’une dictature de trente-deux ans. Mais cette victoire se révèle rapidement être une imposture. Loin d’incarner une révolution populaire, l’AFDL n’était qu’une coalition d’intérêts régionaux, instrumentalisée par Kigali et Kampala.
Ce qui devait être une libération s’est transformée en cauchemar : chaos institutionnalisé, installation de réseaux mafieux, assassinat de figures politiques, et surtout pillage méthodique des minerais. La « libération » de 1997 a ouvert la porte à une longue ère d’occupation déguisée et de guerre par procuration, où la souveraineté congolaise a été constamment bafouée.
Les Congolais, qui avaient accueilli ce mouvement comme un espoir, se sont rapidement rendu compte que l’AFDL n’avait aucun projet de construction nationale. La promesse de démocratie et de justice sociale n’était qu’un leurre pour dissimuler un pillage organisé et une mainmise étrangère sur les richesses du pays.
Le RCD-Goma : un clone au service du Rwanda
À peine l’AFDL installé, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD-Goma) surgit en 1998. Officiellement, il s’agissait de « corriger l’incompétence » de Kinshasa. En réalité, ce mouvement n’était qu’un relais militaire du Rwanda. Ses objectifs : occuper des pans entiers de l’Est congolais, contrôler les axes commerciaux et s’accaparer des minerais stratégiques comme le coltan et la cassitérite.
Sous la bannière de la libération, le RCD-Goma a semé la mort : massacres de civils, enrôlement forcé d’enfants, viols massifs, déplacements de millions de familles. Loin de libérer le Congo, il a asservi les Congolais et renforcé la dépendance du pays vis-à-vis de ses voisins.
Ce mouvement a démontré à quel point le discours de libération peut être manipulé. La prétendue mission humanitaire et démocratique masquait en réalité un projet de contrôle et de domination, dont les victimes furent d’abord les populations locales et ensuite la souveraineté nationale.
Le CNDP : la répétition cynique
Quelques années plus tard, le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), dirigé par Laurent Nkunda, reprend la même rhétorique : libérer les Congolais de l’abandon et de l’insécurité. Mais derrière ce discours, le CNDP se révèle être une machine à occuper militairement le Kivu et à exploiter les minerais stratégiques.
Sous prétexte de protéger une communauté menacée, le CNDP s’est imposé par la terreur. Ses exactions sont connues : villages incendiés, familles décimées, viols collectifs. Là encore, aucune libération, mais une stratégie de domination par la peur.
Les populations locales n’ont jamais été consultées ni invitées à soutenir ces milices. L’argument de protection est purement instrumental : il légitime les exactions et camoufle le pillage économique et la manipulation géopolitique qui sous-tendent toutes ces opérations.
Le M23 : la continuité du mensonge
Le Mouvement du 23 mars (M23) illustre parfaitement la duplicité de ces rébellions. Né bien avant l’élection de Félix Tshisekedi, il prétend aujourd’hui combattre une supposée dictature à Kinshasa. Or, si ce mouvement existait déjà sous Joseph Kabila, de qui voulait-il libérer le peuple congolais à l’époque ? La question reste sans réponse.
Le M23 n’est qu’une milice recyclée, réactivée à chaque moment de fragilité politique en RDC. Sa mission réelle : servir de supplétif au Rwanda, occuper les zones minières stratégiques, massacrer et déplacer les populations. Son discours de libération est une pure imposture.
Son existence répétée démontre un schéma clair : à chaque transition politique, ces milices utilisent la rhétorique de la libération pour masquer leur véritable objectif : le contrôle économique et l’ingérence étrangère. Le peuple congolais en est la première victime.
Twirwaneho, Ngomino, Android et consorts : des masques nouveaux, la même tragédie
Aux côtés de ces grandes rébellions, prolifèrent désormais des groupes aux noms exotiques : Twirwaneho, Ngomino, Android… Leurs idéologies sont floues, leurs objectifs obscurs, mais leurs méthodes sont identiques : manipulation communautaire, enracinement par la violence, infiltration des structures locales.
Ils n’ont jamais représenté le peuple congolais. Ils ne défendent rien, si ce n’est les intérêts occultes de leurs parrains régionaux et de leurs commanditaires économiques. Ces groupes agissent comme des mercenaires, utilisant la peur et la tromperie pour établir un contrôle territorial et économique.
Leur rhétorique de libération est un leurre. Derrière la façade d’idéaux humanitaires ou patriotiques se cache la stratégie classique des précédentes rébellions : imposer un chaos contrôlé pour servir des intérêts étrangers et déstabiliser durablement le Congo.
Des « libérateurs » jamais invités
Une question fondamentale demeure : qui a demandé à ces milices de « libérer » le Congo ? Certainement pas le peuple congolais. Ces rébellions sont imposées par la force, dans une logique d’ingérence permanente.
Prétendre aujourd’hui que Félix Tshisekedi est une dictature qui justifie leur résurgence relève de la manipulation la plus grossière. L’actuel président a été élu à l’issue d’un processus démocratique reconnu. Le qualifier de dictateur est une insulte à l’intelligence collective et une tentative de légitimer la barbarie.
L’opinion publique, consciente de cette supercherie, rejette désormais le discours de libération et réclame des solutions concrètes : institutions fortes, justice et sécurité pour tous. Il est clair que le Congo n’a pas besoin de mercenaires masqués en sauveurs.
Le véritable agenda : pillage et balkanisation
Ces mouvements armés n’ont jamais cherché à libérer qui que ce soit. Leur objectif réel est clair : maintenir une guerre sans fin à l’Est pour piller les ressources stratégiques (coltan, or, lithium) indispensables aux industries mondiales.
Leur rhétorique de libération n’est qu’un masque pour couvrir un projet criminel de balkanisation du Congo. Derrière chaque slogan, se cachent des intérêts économiques et géopolitiques qui n’ont rien à voir avec le peuple.
Les Congolais, qui ont subi ces cycles de violence, savent désormais que la prétendue libération est une imposture destinée à justifier des crimes contre l’humanité et la spoliation des ressources nationales.
Une imposture historique
On tente souvent de justifier ces rébellions en évoquant le génocide rwandais et l’assassinat du président Habyarimana en 1994. Mais il est essentiel de rappeler une vérité : ce n’est pas le peuple congolais qui a abattu l’avion d’Habyarimana. Le Congo n’a aucune responsabilité dans ce drame.ce traumatisme pour légitimer des décennies de massacres en RDC est une imposture historique qui doit être dénoncée avec force. Ces arguments servent uniquement à masquer les véritables intentions des groupes armés : domination, pillage et déstabilisation.
La mémoire collective du Congo mérite vérité et justice. Le mensonge de la « libération » ne doit plus servir de prétexte pour perpétrer des crimes et entraver le développement national.
Cette fois-ci, ça ne passera pas
Le peuple congolais n’est plus dupe. Vingt-cinq ans de souffrance, de pillage et de mensonges ont ouvert les yeux des citoyens. Derrière chaque discours de libération, ils voient désormais les mains criminelles qui manipulent.
Les Congolais sont debout, conscients de leur histoire et décidés à défendre leur souveraineté. La véritable libération n’est pas entre les mains de milices étrangères, mais dans le renforcement des institutions, de la justice et de l’État de droit.
Le temps des faux libérateurs est révolu. Le Congo ne sera plus jamais le théâtre des impostures criminelles de ceux qui, sous couvert de libérer, n’ont fait qu’asservir et détruire. L’Histoire ne se répétera pas.



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