Ecouter, apaiser, clarifier et, lorsque cela s’impose, rechercher les voies d’un consensus national responsable : ainsi entend agir ou réagir le chef de l’État à propos de ce débat !
Terrain constitutionnel de la révision dégarni
À défaut d’un défilé que le régime Tshisekedi peine à organiser depuis son avènement en janvier 2019, l’intérêt porté à l’événement de la célébration de l’Indépendance continue de se limiter au discours du chef de l’Etat. Celui du 66ème anniversaire a été délivré la nuit du 29 au 30 juin 2026 avec cette particularité : le plus d’espace et de temps accordés aux Léopards ayant franchi avec succès la première étape du retour en Coupe du Monde après 52 ans d’absence. L’équipe nationale a réalisé l’exploit de signer son premier nul et sa première victoire dans cette compétition. C’est un exploit à saluer. Cependant, le vrai message de Félix Tshisekedi pour les 66 ans d’indépendance est celui portant sur la Constitution au travers de sa re-visitation. Il y a, en effet, d’un côté les pro-changement, de l’autre les anti-changement ; le terrain constitutionnel de la révision étant dégarni…
Constitution : Ni instrument de circonstance, ni objet de convenance
Le débat s’accentue avec l’adoption, par les deux chambres du Parlement, du projet de loi référendaire qui, en toute logique, devrait être sur le bureau du Président de la République pour soit envoi à la Cour constitutionnelle pour avis de conformité, soit renvoi à l’Assemblée nationale et au Sénat pour seconde lecture.
Pour l’heure, l’essentiel à retenir du message du Chef de l’État est celui du titre : Félix Tshisekedi calme le jeu !
En effet, voici en deux paragraphes ce qu’il dit du débat en cours : « La Constitution n’est ni un instrument de circonstance, ni un objet de convenance. Elle organise notre vie commune, garantit l’équilibre de nos institutions, consacre les droits du peuple et protège la stabilité de la République. En débattre exige donc sérénité, rigueur, transparence et sens élevé de l’intérêt général ». D’un.
Et de deux : « Ma responsabilité, comme Chef de l’État et garant de la Nation, est de veiller à ce que les débats engageant l’avenir du pays se tiennent dans le respect de la Constitution, de l’État de droit, des institutions et de la souveraineté populaire. Elle est aussi d’écouter, d’apaiser, de clarifier et, lorsque cela s’impose, de rechercher les voies d’un consensus national responsable ».
Retenons bien la dernière phrase : « lorsque cela s’impose, de rechercher les voies d’un consensus national responsable ».
Balises 033 du 9 avril et 047 du 19 mai 2026
Quand on sait qu’il a été le premier à remettre en cause la Constitution alors que dans son serment d’investiture, il a juré non seulement de l’ observer mais aussi de la défendre (nous y reviendrons dans la prochaine livraison), Félix Tshisekedi doit admettre avoir été à l’origine de la levée des boucliers autour de la Constitution du 18 février 2006.
Sans en maîtriser les contours, les siens s’y sont acharnés comme pour la désosser, chacun y allant avec son argument !
C’était tellement réducteur qu’à « BALISES », nous avions tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises.
Déjà, le 9 avril, sous le titre
« Monsieur le Président, svp !, faites modérer par les vôtres ce débat malsain et toxique autour de la Constitution ! », il y a cet extrait : « Où est passé le ‘Quartier latin’ de l’Udps ? Pourquoi les intellectuels du parti sont absents du débat, laissant l’espace à des ‘fous du roi’ qui se font ‘massacrer’ par les Alain Bolodjwa, Merlin Vuvu, Louis-France Kuzekisa, etc ! »
Également le 19 mai dernier avec le titre « Erreur : Félix Tshisekedi ne devrait pas être mêlé au débat sur la révision ou le changement de la Constitution !
D’où ce commentaire : »Un régime n’est constitutionnel que lorsque la Constitution est observée et défendue. Or, là, le Chef de l’État Félix Tshisekedi a cessé de l’observer et de le défendre comme le lui impose le serment d’investiture. Aucun constitutionnaliste sérieux ne soutiendra le contraire ». C’est dans « BALISES » n°047.
L’UDPS a un sérieux problème de discipline
Maintenant que Félix Tshisekedi joue la carte de l’apaisement et redonne à la Loi fondamentale son primat sur tout, la balle est d’abord dans son camp qu’ailleurs. Et son camp comprend, d’un côté, l’ordre institutionnel dont il est, en tant que personne morale,,
la première institution aux termes de l’article 69 de la Constitution et, de l’autre, sa famille politique bipolaire « UDPS-USN ».
Tout le monde le sait : avec la conception qu’il se fait de la Pyramide Renversée ou Inversée, l’UDPS a un sérieux problème de discipline, si bien que l’USN en subit les effets.
Bon signe après la plainte touchant « Force du Progrès »: la spontanéité de la sanction prise par l’Assemblée provinciale du Kasaï Oriental à l’encontre du maire de Mbuji-Mayi Faustin Lumuluabu, du fait d’avoir « déchiré publiquement une copie de la Constitution lors d’un meeting, un acte aussitôt dénoncé et qui a provoqué une réaction rapide des élus provinciaux ».
Cette sanction ne doit pas se limiter aux subordonnés. Elle doit s’appliquer surtout aux « leaders », auteurs des affirmations pires du genre « Constitution de la honte », « Constitution-chiffon », etc. !
Les Congolais observent !
PROCHAINEMENT : « Vérité bonne à rappeler : jusqu’à son changement ou à sa révision, la Constitution du 18 février 2006 reste d’application ! »
Omer Nsongo die Lema
