Mobondo: Le gouvernement accélère la pacification et la restauration de l’autorité de l’État dans le Grand Bandundu

Le gouvernement de la République démocratique du Congo poursuit ses efforts en faveur de la pacification et de la restauration de l’autorité de l’État dans les espaces autrefois affectés par l’activisme des Mobondo, notamment dans le triangle Grand Bandundu–Kongo-Central–Kinshasa.
Ces avancées ont été au cœur d’un briefing organisé par le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, qui a invité le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale chargé des Anciens Combattants, Eliezer Ntambwe Mposhi, à présenter l’état d’avancement des opérations de démobilisation, de réinsertion et de restauration de l’autorité de l’État dans les zones concernées.
L’exercice a permis de revenir sur les actions menées par le gouvernement pour mettre progressivement fin à l’insécurité qui avait profondément perturbé la vie des populations dans plusieurs territoires du Grand Bandundu et dans certaines zones périphériques de Kinshasa.
Une évolution positive sur le terrain
Prenant la parole, Eliezer Charmant Ntambwe Mposhi a fait état d’une évolution positive de la situation sécuritaire dans plusieurs zones autrefois touchées par le phénomène Mobondo.
Le ministre délégué a expliqué que son département, conformément aux missions qui lui ont été confiées, a multiplié les descentes sur le terrain afin de sensibiliser les personnes encore présentes dans les zones reculées à abandonner les armes et à rejoindre le processus de démobilisation et de réinsertion.
Plusieurs missions ont notamment été effectuées à partir de Kinshasa vers Mungata, Masambio, Ibi, Béthanie et Tumalangwa, ainsi que dans différentes localités de la périphérie de la capitale.
Ces opérations ont, selon le ministre, permis d’obtenir la reddition de plusieurs responsables et combattants et de contribuer à la pacification de plusieurs dizaines de villages.
Dans la commune de Maluku, certaines localités citées au cours du briefing figurent parmi les espaces où des efforts de pacification ont été menés. Le gouvernement estime que ces opérations ont contribué à améliorer progressivement les conditions de sécurité pour les populations locales.
La RN1 et la RN17 retrouvent progressivement leur accessibilité
L’un des signes de cette amélioration sécuritaire concerne également les axes routiers.
Eliezer Ntambwe Mposhi a affirmé que la RN1 et la RN17 sont aujourd’hui fréquentables, permettant une reprise progressive de la circulation des personnes et des biens.
La RN17, qui relie notamment Mungata à Bandundu, constitue un axe particulièrement important pour les échanges entre Kinshasa et le Grand Bandundu. Sa sécurisation représente donc un enjeu majeur pour les populations et les opérateurs économiques de la région.
La reprise de la circulation devrait également faciliter le retour des activités agricoles et commerciales, fortement perturbées par l’insécurité.
Le gouvernement entend ainsi faire de la restauration de la sécurité un préalable au redémarrage économique des zones affectées.
596 personnes acheminées à Kanyama
Sur le volet de la démobilisation, le ministre délégué a communiqué un chiffre important : 596 personnes ont été acheminées à Kanyama Kasese dans le cadre du processus engagé par les autorités.
D’autres personnes ayant accepté de quitter les zones de brousse se trouvent encore dans différentes localités ou à Kinshasa, a-t-il précisé.
Le gouvernement privilégie notamment la sensibilisation et la reddition volontaire. Eliezer Ntambwe Mposhi a expliqué que la mission qui lui a été confiée ne consiste pas à procéder lui-même à des arrestations, mais à convaincre les compatriotes qui se sont écartés de la loi de déposer les armes et de regagner le processus de réinsertion.
Plusieurs armes ont également été récupérées au cours des opérations et remises aux services compétents. Le ministre s’est toutefois montré prudent sur la quantité d’armes qui resteraient encore dans les zones reculées, estimant qu’il ne disposait pas de données suffisamment fiables pour avancer un chiffre.
Le cas de Cobra toujours suivi par les autorités
Interrogé sur la situation d’un certain Cobra, considéré comme l’un des acteurs encore présents dans la zone, le ministre délégué a affirmé que les autorités connaissent sa localisation.
Il a indiqué que le gouvernement entend privilégier la même approche que celle utilisée avec les autres combattants : la sensibilisation afin d’obtenir une reddition.
Pour Eliezer Ntambwe Mposhi, personne ne peut durablement défier l’État. Les autorités souhaitent donc poursuivre les démarches afin que les personnes encore réticentes puissent abandonner les armes et rejoindre le processus de paix.
Un conflit à caractère foncier plutôt que communautaire
Une autre dimension importante du briefing a porté sur les origines de la crise.
Le ministre délégué a appelé à la prudence dans la manière de présenter le conflit entre les communautés Téké et Yaka. Selon lui, il serait réducteur de présenter la crise comme une simple confrontation communautaire.
Il considère qu’il s’agit avant tout d’un conflit foncier qui a progressivement dégénéré en violences, avant de prendre une dimension communautaire.
Il a également rappelé que plusieurs communautés vivent dans les espaces concernés, notamment les Téké, les Yaka, mais aussi d’autres groupes.
Pour le gouvernement, il est donc essentiel d’éviter toute stigmatisation collective et de favoriser plutôt la recherche de solutions durables aux différends fonciers et coutumiers.
Vers le dialogue et la justice transitionnelle
La restauration de la paix ne devrait toutefois pas se limiter à la sécurisation des territoires.
Au cours du briefing, l’idée d’un processus de dialogue, de vérité, de réconciliation et de justice transitionnelle a été évoquée.
Cette approche devrait notamment permettre de prendre en compte les victimes, de rechercher la vérité sur les violences commises, d’envisager des mécanismes de réparation et surtout de favoriser la réconciliation entre les communautés.
Pour le gouvernement, la paix durable exige donc de traiter les causes profondes du conflit et pas seulement ses conséquences sécuritaires.
La restauration de l’autorité de l’État, prochaine étape
Malgré les avancées annoncées, Eliezer Ntambwe Mposhi reconnaît que la restauration complète de l’autorité de l’État demeure un processus en cours.
L’objectif est progressivement de permettre aux services publics de reprendre leur place dans les zones stabilisées et de renforcer la présence de la police afin d’assurer la sécurité quotidienne des populations.
Le ministre a également reconnu que certains incidents impliquant des éléments des forces de sécurité peuvent encore survenir. Il estime toutefois que la stabilisation progressive des territoires permettra à terme de réduire la présence militaire et de favoriser le retour d’un dispositif sécuritaire davantage axé sur la police et la proximité avec les populations.
Les anciens combattants au cœur d’une nouvelle politique
Le briefing de Patrick Muyaya a également permis de mettre en lumière un autre volet du travail du ministre délégué : la prise en charge des anciens combattants.
Éliézer Ntambwe Mposhi a rappelé que son département travaille à l’identification des anciens combattants, mais également à l’identification, la récupération, la valorisation et la sécurisation de leurs biens.
Des initiatives sociales ont également été évoquées, notamment la mise en place d’une cantine populaire ainsi que des actions en faveur des soins de santé à domicile.
Mais l’une des principales avancées reste le projet de loi portant statut des anciens combattants.
Le texte, déclaré recevable à l’Assemblée nationale, doit poursuivre son parcours parlementaire. Pour le gouvernement, cette loi doit permettre de donner enfin un cadre juridique spécifique aux anciens combattants et de reconnaître officiellement les services rendus à la nation par ceux qui ont porté l’uniforme.
Patrick Muyaya : consolider les acquis
À travers ce briefing, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a voulu mettre en évidence les efforts entrepris par l’exécutif pour répondre à une crise qui a longtemps affecté plusieurs territoires du Grand Bandundu et la périphérie de Kinshasa.
Pour le gouvernement, la pacification ne peut être durable que si elle s’accompagne de la reprise des activités économiques, du retour des services publics, de la réhabilitation des infrastructures et de la réconciliation des communautés.
Les autorités entendent donc poursuivre les opérations de démobilisation et de réinsertion tout en travaillant à la consolidation de l’autorité de l’État dans les zones progressivement sécurisées.
Si le gouvernement se félicite des avancées enregistrées, les autorités reconnaissent que des défis subsistent.
Le retour durable de la sécurité, la récupération des armes encore en circulation, la réinsertion des démobilisés, le retour des populations déplacées, la reprise des activités agricoles et commerciales ainsi que la résolution des différends fonciers restent autant de défis à relever.
La dynamique engagée vise désormais à transformer les résultats obtenus sur le terrain en paix durable et en stabilité, afin que les populations du Grand Bandundu, du Kongo-Central et de la périphérie de Kinshasa puissent retrouver pleinement leurs activités et vivre sous la protection effective de l’État.
Pour le gouvernement, la pacification du triangle Grand Bandundu–Kongo-Central–Kinshasa constitue ainsi une étape importante dans la restauration de la paix et de l’autorité de l’État, avec l’ambition de faire définitivement tourner la page des violences liées au phénomène Mobondo.
Becky Kabongo
