Moïse Mupata accuse Olivier Kamitatu de poser les bases de la balkanisation du pays
Le débat sur l’avenir institutionnel de la République Démocratique du Congo (RDC) prend une nouvelle tournure avec les déclarations de Moïse Mupata, Président de la Ligue des Jeunes de l’Agence Congolaise de Presse (ACP). Ce dernier accuse Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de l’opposant Moïse Katumbi, de jeter les jalons de la balkanisation du pays à travers sa proposition controversée de fédéralisme.
Dans une tribune récente, Kamitatu a plaidé pour la création d’une République Fédérale du Congo, structurée autour de cinq grandes régions autonomes : l’Orientale, l’Équateur, le Kongo, le Kasaï et le Katanga. Selon lui, ce modèle permettrait de mieux répondre aux défis structurels du pays, notamment la gestion des ressources naturelles, la pauvreté et les conflits armés. Cependant, cette initiative suscite des réactions vives au sein de la classe politique et sociale congolaise.
Moïse Mupata, dans une déclaration ferme, a dénoncé cette proposition comme une tentative déguisée de diviser le pays. « Parler de fédéralisme dans un contexte où la RDC lutte pour préserver son unité et sa souveraineté face aux menaces sécuritaires est irresponsable et dangereux », a-t-il affirmé. Il estime que cette idée pourrait renforcer les tensions régionales et compromettre l’intégrité territoriale du pays.
Le gouvernement, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, a également exprimé ses inquiétudes, qualifiant cette initiative de « malveillante » et de « suspecte ». Muyaya a rappelé que la priorité actuelle doit être la consolidation de l’unité nationale et la lutte contre les agressions extérieures, notamment dans l’Est du pays.
Alors que le débat sur le fédéralisme divise, certains acteurs politiques appellent à une réflexion approfondie sur la décentralisation, prévue par la Constitution de 2006, comme alternative pour répondre aux aspirations locales sans compromettre l’unité nationale.
La proposition de Kamitatu, bien qu’ambitieuse, soulève des questions fondamentales sur l’avenir de la RDC. Entre promesse de meilleure gouvernance et risque de fragmentation, le pays se trouve à un carrefour décisif.
Par Didier Mbongomingi
