Nigéria – FMI : un acte de souveraineté qui interpelle toute l’Afrique Par Nico Minga, Économiste, Auteur et Géostratège

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Il est des chiffres qui disent tout, sans élever la voix. 472,06 millions de dollars, c’est ce que le Nigéria devait encore au FMI le 8 janvier 2025. Quelques mois plus tard, cette dette est entièrement apurée. Ce n’est pas un simple règlement comptable. C’est une déclaration de souveraineté.

En soldant sa dette envers l’institution de Bretton Woods, Abuja tourne une page. Mieux, il en ouvre une autre, plus stratégique, plus audacieuse, plus africaine. Dans un monde où 91 pays en développement croulent encore sous 117,79 milliards de dollars de dettes contractées auprès du FMI, le Nigéria se distingue. Volontairement. Sereinement. Stratégiquement.

 

Ce geste dépasse l’économie. Il est géopolitique. Il envoie un signal clair : nous reprenons la main. Car la dette n’est jamais neutre. Elle lie. Elle contraint. Elle dicte les politiques publiques, oriente les budgets, impose des réformes. Le Nigéria, en s’en affranchissant, redéfinit sa posture internationale : il ne mendie plus, il négocie. Il ne subit plus, il choisit.

 

Pendant ce temps, en Afrique centrale, la République Démocratique du Congo, immense, riche, stratégique, aspire à se libérer d’un rapport à la dette souvent hérité, parfois mal géré. Comme d’autres États subsahariens, elle peine encore à actionner des leviers pourtant accessibles : mobilisation accrue des ressources internes, fiscalité intelligente, et priorisation des dépenses productives.

 

L’exemple nigérian n’est pas exempt de critiques, mais il inspire. Il prouve qu’un pays africain peut refuser l’agenouillement économique, reprendre le contrôle de ses finances et sortir du piège de l’endettement sans renier ses ambitions.

 

La souveraineté commence là, non dans les incantations, mais dans la maîtrise des comptes. Sans indépendance financière, il n’y a pas de politique indépendante. Pas de diplomatie forte. Pas de développement maîtrisé. Juste des dépendances maquillées en aides.

 

Le Nigéria vient de poser un acte fort. Aux autres pays africains de décider de le considérer comme une exception ou comme une invitation. Une invitation à se redresser, à repenser leurs priorités, à améliorer la qualité de leurs dépenses, à refuser le pilotage sous tutelle. Car dans la recomposition silencieuse de l’ordre mondial, il n’y aura de place que pour ceux qui tiennent réellement debout.

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