Nord-Kivu-infranstructure scolaire : l’institut Ngite réhabilité grâce à la Monusco un espoir pour des nombreux élèves de la zone
Deux bâtiments scolaires et trois salles de classe de l’Institut Mabasele situé à Ngite situé dans les périphéries de la ville de Beni entièrement réhabilités par la MONUSCO, ont été remis officiellement le dimanche 7 septembre 2025 aux autorités locales.D’un coût global de 49 801 dollars américains, ce projet réalisé en trois mois a permis la construction et la réhabilitation de six salles de classe équipées (pupitres, chaises, tables, tableaux noirs) ainsi que de quatre nouvelles latrines.

Pour la Mission onusienne, il s’agit bien plus qu’une simple réhabilitation : ce geste vise à garantir l’égalité des chances et à donner aux jeunes filles la possibilité d’accéder à une formation technique, clé de leur autonomisation économique. Il y a un an, l’établissement avait été presque réduit en cendres lors d’une attaque attribuée aux rebelles des ADF. Les casques bleus kényans de la MONUSCO avaient tenté d’éteindre l’incendie, mais la plupart des infrastructures avaient été détruites.
Quelques mois plus tard, en patrouille dans la zone, des femmes casques bleus étaient interpellées par des mères de Ngite, inquiètes pour l’avenir scolaire de leurs enfants. Leur plaidoyer a conduit la Section du Genre de la MONUSCO/Beni à entreprendre cette réhabilitation, afin d’offrir aux enfants un espace sûr où apprendre et grandir. Cette réhabilitation a été réalisée dans le cadre d’un Projet à Impact Rapide (QIP), fruit d’un partenariat entre la MONUSCO et les habitants de Ngite. Pour Abdourahamane Ganda, chef du sous-bureau de la MONUSCO à Beni, il s’agit d’un symbole fort :
« Ce projet, qui a permis la réhabilitation et l’équipement de six salles de classe, est bien plus qu’une simple œuvre de construction. Il est le symbole d’une rencontre, d’un dialogue et d’une volonté commune de bâtir un avenir meilleur », a-t-il déclaré.
Au-delà de la remise d’un bâtiment, l’initiative poursuit plusieurs objectifs :
• promouvoir l’éducation des jeunes filles ;
• lutter contre la déperdition scolaire ;
• renforcer la cohésion sociale et la culture de masculinité positive ;
• améliorer la santé et les conditions d’étude des élèves ;
• contribuer à la lutte contre l’insécurité en offrant des perspectives aux jeunes.
Grâce à ces nouvelles infrastructures, l’Institut Mabasele pourra désormais assurer correctement la formation des filles et garçons en techniques de construction et en techniques commerciales, dans un environnement adapté aux besoins spécifiques des jeunes filles.
La cérémonie de remise a été marquée par des scènes de joie et de satisfaction. Plusieurs habitants ont exprimé leur reconnaissance envers la Mission onusienne pour « cet énième appui à la communauté de Ngite », qui ouvre de nouvelles perspectives aux enfants congolais.
« Nous remercions la MONUSCO pour cet acte que vous avez posé à l’Institut de Mabasele et la population locale. J’ai compté par exemple 18 pupitres par classe, qui peuvent accueillir 36 élèves, qui vont désormais étudier dans de très bonnes salles de classe. Nous vous demandons de ne pas oublier l’autre bâtiment de 3 salles de classe qui reste, afin qu’il soit aussi réhabilité comme les autres. Nous demandons à la MONUSCO de penser aux autres écoles qui sont dans le milieu, qui ont été détruites aussi et qui sont dans un état délabré, à cause des conflits. Mais nous vous disons déjà merci, nous sommes émerveillées par cette réalisation », a déclaré une mère de famille dont les enfants étudient à l’Institut Mabasele de Ngite.
La MONUSCO entend poursuivre sur cette lancée. Dans la même région, elle s’apprête à remettre officiellement le Bureau territorial du Genre, Famille et Enfants, Affaires sociales et Jeunesse à Oicha, chef-lieu du territoire de Beni. Des avancées qui traduisent la volonté de renforcer les capacités locales et de promouvoir les droits des femmes et des jeunes.
Ces multiples contributions de la mission des Nations-Unies en RDC renforcent d’avantage son engagement à accompagner le secteur éducatif dans une région où l’insécurité est à la base de perte de plusieurs structures tant scolaires que sanitaires.
Maki Barack Patrick depuis Beni
