Nord-Kivu / Oïcha : Des mineurs dans les hôtels, le Parlement d’Enfants lance un cri d’alarme

À Oïcha, les vacances scolaires prennent une tournure inquiétante. Le Parlement d’Enfants de la nouvelle ville dénonce la présence de plus en plus fréquente d’enfants et d’adolescents dans plusieurs hôtels. Une tendance que l’organisation qualifie de « danger immédiat » pour la protection des mineurs. Dans une sortie médiatique, Justin Sivyolo, président du Parlement d’Enfants d’Oïcha, indique que de nombreux mineurs sont vus dans des hôtels, bien souvent sans parents ni tuteurs.

Cette  situation qui, selon lui, les rend vulnérables à la délinquance, aux violences, aux abus sexuels et à l’exploitation économique. Pour le Parlement d’Enfants, les vacances doivent être un temps de détente, d’apprentissage et de vie en famille. Pas un prétexte pour exposer les enfants à des lieux qui menacent leur intégrité physique et morale. La structure rappelle que la législation congolaise interdit l’exploitation des enfants sous toutes ses formes. Elle met en garde les responsables d’hôtels et les appelle à appliquer rigoureusement la loi, surtout quand il s’agit d’accueillir des mineurs.

Le Parlement d’Enfants interpelle également l’État. Il demande aux autorités administratives, à la police et à la justice de multiplier les descentes et les contrôles dans les hôtels. L’objectif : couper court à ces pratiques et dissuader les contrevenants. Aux parents, Justin Sivyolo lance un appel à la responsabilité. « Suivez vos enfants, parlez avec eux et occupez-les utilement », dit-il. Il propose les activités éducatives, sportives et culturelles comme alternative pendant les congés.

Plusieurs défenseurs des droits de l’enfant confirment que le manque de suivi pendant les vacances expose les mineurs à toutes sortes de dérives. Face à cette situation, le Parlement d’Enfants d’Oïcha réclame une action collective. Familles, hôteliers, autorités et ONG doivent, selon lui, unir leurs efforts pour offrir aux enfants un cadre sûr et digne. Cette alerte survient alors que la protection de l’enfance reste un grand défi dans l’Est de la RDC. Pour les acteurs du secteur, seule une vigilance permanente peut épargner aux enfants les abus et leur garantir des vacances sereines.

 

Maki Barack Patrick depuis Beni

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