« Nous devons gagner la Coupe du Monde » : les principales déclarations de la deuxième journée de la Conférence stratégique de la CAF au Cap-Vert

La volonté de transformer la performance historique de l’Afrique à la Coupe du Monde de la FIFA 2026 en progrès durables a dominé les discours d’ouverture de la deuxième journée de la Conférence stratégique de la CAF, à Santa Maria, sur l’île de Sal, au Cap-Vert.

Le président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, la cheffe de l’État du Cap-Vert, Dr Janira Hopffer Almada, le président de la FIFA, Gianni Infantino, et le président de la Fédération capverdienne de football, Mario Semedo, se sont adressés aux participants avant le lancement des principaux débats stratégiques.

Les interventions ont notamment porté sur les investissements, le renforcement des associations membres, le développement des entraîneurs et des compétences techniques, les infrastructures, le football féminin et la nécessité de transformer le potentiel du football africain en résultats durables.

La qualification historique du Cap-Vert pour la Coupe du Monde a également occupé une place importante dans les échanges. Les intervenants ont présenté le parcours des Requins Bleus comme la preuve qu’une organisation solide, des investissements ciblés et une confiance collective peuvent permettre aux petites nations de s’imposer sur la scène mondiale.

Retour sur les principales déclarations des quatre dirigeants, légèrement remaniées pour en faciliter la lecture tout en respectant leur sens.

Dr Patrice Motsepe, Président de la CAF

Le Président de la CAF a placé les résultats, les investissements et le renforcement des structures du football dans les 54 associations membres au cœur de son intervention. Il a insisté sur la nécessité de dépasser les bonnes intentions pour obtenir des résultats concrets.

« Il existe un grand fossé entre les bons plans, les bonnes intentions et ce que nous faisons concrètement en matière d’investissements et de résultats. Nous sommes jugés sur nos résultats. »

Il a rappelé que la priorité de la CAF était de faire bénéficier l’ensemble du continent des progrès du football africain, sans les concentrer dans quelques nations seulement.

« Que devons-nous faire aujourd’hui, la semaine prochaine et le mois prochain pour garantir que la qualité du football dans chacune de nos 54 associations membres soit de classe mondiale ? C’est par là que tout commence. »

Dr Motsepe a également réaffirmé que les ambitions africaines devaient aller au-delà de bonnes performances en Coupe du Monde.

« Nous devons gagner la Coupe du Monde. Nous allons gagner la Coupe du Monde. Une nation africaine remportera la Coupe du Monde. »

Il a enfin appelé le football africain à traduire en résultats mesurables les espoirs nourris depuis des décennies quant au potentiel du continent.

« Depuis 30 ou 40 ans, on entend beaucoup dire que “l’heure de l’Afrique est arrivée”. Nos jeunes nous disent aujourd’hui : montrez-nous des résultats concrets et quantifiables qui prouvent que l’heure de l’Afrique est effectivement arrivée. »

Dr Janira Hopffer Almada, cheffe de l’État du Cap-Vert

La cheffe de l’État capverdien s’est appuyée sur la qualification historique de son pays pour la Coupe du Monde afin de rappeler que la taille d’une nation et ses ressources ne doivent pas limiter ses ambitions sportives.

 

« Le Cap-Vert s’est qualifié pour la Coupe du Monde et, aujourd’hui, la Coupe du Monde vient au Cap-Vert. Rien n’arrive par hasard : il y a du travail, de l’engagement, de la discipline, de la conviction, de la persévérance et des rêves. »

 

Elle a souligné que le succès des Requins Bleus illustrait l’importance de l’organisation et de la confiance dans les capacités locales.

 

« Le talent sans structure ne peut produire des résultats durables. Nous devons faire confiance aux connaissances développées sur le continent et créer les conditions permettant aux Africains de diriger de grands projets en Afrique. »

 

Au-delà de la célébration de cette réussite en 2026, elle a invité les participants à bâtir des systèmes capables de faire émerger durablement l’excellence.

 

« Nous ne sommes pas ici uniquement pour célébrer ce qui s’est passé en 2026. Nous sommes ici pour nous demander : et maintenant ? Comment transformer une génération exceptionnelle de joueurs en une structure de développement tout aussi exceptionnelle ? »

 

 

Elle a également insisté sur la place des femmes dans le développement du football.

 

« Nous ne pouvons pas parler de développement sans évoquer la participation des femmes. Elles doivent occuper leur place comme arbitres, entraîneures, joueuses, médecins, journalistes et décideuses, dans des environnements fondés sur le respect, la dignité et l’égalité. »

 

 

 

Gianni Infantino, Président de la FIFA

 

Le Président de la FIFA a mis en avant les progrès réalisés par les sélections africaines entre les Coupes du Monde 2018 et 2026, y voyant le reflet du travail accompli sur le continent.

 

« En 2018, l’Afrique comptait cinq représentants et aucun n’avait atteint la phase à élimination directe. Aujourd’hui, neuf sélections sur dix se sont qualifiées pour cette phase, soit 90 % en seulement huit ans et deux éditions de la Coupe du Monde. »

 

Il a rappelé la responsabilité des instances du football de garantir à chaque jeune les mêmes possibilités de réaliser son potentiel, quel que soit son lieu de naissance.

 

« Les possibilités offertes à un enfant ne doivent pas être limitées par son lieu de naissance. Nous devons continuer à investir dans les infrastructures, la formation des entraîneurs et les compétitions afin de donner au talent toutes les chances de s’exprimer. »

 

Gianni Infantino a également souligné les progrès réalisés en matière d’infrastructures, indiquant qu’un nombre croissant de pays africains pouvaient désormais accueillir leurs rencontres internationales sur leur propre territoire.

 

« Il y a deux ans, 26 pays africains ne pouvaient pas jouer leurs matches à domicile. Aujourd’hui, 40 le peuvent. Notre objectif commun est de permettre à chaque nation africaine de disputer ses rencontres à domicile sur son propre territoire. »

 

Son message général était clair : l’Afrique dispose déjà des principaux atouts nécessaires pour poursuivre sa progression.

 

« Les talents africains façonnent le football mondial. Le talent est là, la passion est là, les infrastructures se développent et les compétitions se multiplient. Nous devons offrir à ces talents les possibilités de briller sur la scène mondiale. »

Mario Semedo, Président de la Fédération capverdienne de football

Pour Mario Semedo, accueillir cette conférence constitue un moment historique pour le Cap-Vert, mais aussi une occasion pour les dirigeants du football africain de partager leurs expériences et leurs connaissances.

« C’est un moment particulièrement émouvant pour moi de me retrouver ici, au Cap-Vert, devant mes amis et les membres de la famille du football africain. »

Il a salué l’initiative de la CAF de réunir ses dirigeants autour d’une réflexion approfondie sur l’avenir du football continental.

« Nous félicitons le président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, pour cette initiative remarquable qui favorise le dialogue et la réflexion sur le football africain avec la participation de toutes les associations membres. »

Mario Semedo a rappelé que le dialogue était essentiel au progrès et salué la volonté de la CAF de placer l’Afrique au cœur des discussions sur l’avenir du football mondial.

« Le dialogue est toujours une option intelligente. Votre vision, qui consiste à placer l’Afrique au centre du débat sur l’avenir du football mondial, témoigne de l’importance de votre leadership dans le développement du football africain. »

Il a enfin invité les participants à faire en sorte que les échanges débouchent sur des idées concrètes, susceptibles de produire des effets bien au-delà du Cap-Vert.

« Nous espérons que, tout au long de ces journées, nous pourrons partager nos expériences et que chacun repartira avec des idées inspirantes pour sa fédération et son pays. »

Faire de la performance de 2026 un tremplin vers 2030

Les interventions des quatre dirigeants ont convergé vers un même objectif : considérer la performance historique de l’Afrique à la Coupe du Monde 2026 comme un point de départ, et non comme une finalité.

À l’horizon 2030, le défi posé à Santa Maria consiste à transformer le potentiel des joueurs africains, la progression des investissements et les résultats récents en structures

solides et durables, capables de maintenir le football africain au plus haut niveau international.

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