Nouveau gouvernement, Maniema : récompensé cette fois-ci ?
L’absence d’un représentant du Maniema dans le gouvernement Judith Suminwa, formé fin mai 2024, continue de faire couler beaucoup d’encre. Face à la pression des élus nationaux de la province et au tollé suscité dans l’opinion, le chef de l’État avait promis de rectifier cette anomalie. Mais, les divisions au sein de la classe politique locale ont freiné encore le processus, poussant la Présidence à envisager des alternatives dans la société civile et le secteur privé.
Une absence remarquée et contestée
Lors de la formation du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa en mai 2024, aucun ressortissant du Maniema n’a été inclus parmi les 54 membres nommés. Cette omission a immédiatement suscité l’indignation des élus nationaux de la province, qui y ont vu une violation flagrante de l’article 90 de la Constitution de la République Démocratique du Congo.
Cet article garantit la représentativité équitable des provinces dans la composition du gouvernement central. Les parlementaires du Maniema ont exprimé leur désaccord avec force, dénonçant un déséquilibre dans la représentation nationale et un mépris des principes d’inclusivité dans la gestion de la République.
Une promesse présidentielle pour rétablir l’équilibre
Face à la pression croissante, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, a révélé le 3 juin 2024 que le chef de l’État, Félix Tshisekedi, s’était engagé à corriger cette situation. Il avait assuré que le Maniema serait « finalement repris » dans le gouvernement, confirmant ainsi une volonté présidentielle de réparer cette exclusion et de rétablir la représentativité régionale.
Cet engagement a ouvert la voie à de nouvelles consultations, dans le but de désigner un représentant consensuel et compétent pour intégrer l’équipe gouvernementale. Pour concrétiser cette promesse, le président Tshisekedi a mandaté le secrétaire général de l’Union sacrée, Augustin Kabuya, pour mener des consultations auprès des acteurs politiques du Maniema, en particulier les sénateurs et députés issus de la majorité.
Malheureusement, ces efforts ont buté sur l’incapacité des leaders locaux à s’accorder sur un candidat unique. Au lieu de proposer un seul nom comme demandé, ils ont transmis une liste de trois personnalités, une démarche jugée contraire à l’esprit de la requête présidentielle et rejetée par la Présidence de la République, soucieuse d’efficacité et de clarté dans la prise de décision.
L’option de la société civile et du secteur privé
Face à cette impasse politique, l’autorité suprême du pays a envisagé de se tourner vers d’autres segments de la société, notamment la société civile et le secteur privé, afin d’identifier un profil neutre, crédible et capable de produire des résultats concrets.
Cette approche s’inscrit dans la logique de performance qui caractérise le gouvernement Suminwa, dont l’ambition est d’obtenir des résultats visibles dans des délais courts au service des populations. Dans ce contexte, plusieurs noms ont commencé à circuler dans les médias et sur les réseaux sociaux, témoignant de l’intérêt du public pour cette nomination à forte charge symbolique et politique.
La balle est désormais dans le camp du chef de l’État, qui devra trancher entre la pression politique locale et l’impératif d’efficacité nationale pour le nouveau gouvernement Suminwa 2.
Voici une liste des personnalités originaires de la province du Maniema éligibles à des fonctions ministérielles :
Les politiques (les nouveaux)
Idrissa Mangala, Originaire du territoire de Kasongo il est actuellement sénateur, Sa stature politique et son expérience font de lui un représentant crédible au niveau national. Loyal à l’UDPS et au Président Tshisekedi, il peut jouer un rôle politiques clé dans les prochaines années.
Salomon Idi est une figure montante de la scène politique congolaise, originaire du Maniema. Membre du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, il s’est distingué par son engagement dans les milieux associatifs et professionnels. Bien qu’il n’ait pas encore occupé de fonctions ministérielles.
Djuma Ndarabu, originaire du territoire de Kasongo (Maniema), est une figure politique engagée, dotée d’une solide expérience au sein d’institutions publiques et privées. Il assure actuellement la présidence de la Fondation Étienne Tshisekedi. Son réseau politique actif fait de lui un candidat sérieux pour jouer un rôle clé dans la classe politique du Maniema.
Les politiques (les anciens)
Thomas Luhaka, originaire du territoire de Kimbombo. Il a occupé plusieurs postes ministériels, notamment en tant que ministre de l’Énergie et ministre des Mines. Thomas Luhaka est également connu pour son engagement dans les questions de développement économique et d’infrastructures.
Jean-Marie Kalumba, Originaire du territoire de Pangi, il est actuellement député national et a précédemment occupé le poste de ministre de l’Économie. Son passage au gouvernement s’est soldé par une destitution à la suite d’une motion de censure votée par l’Assemblée nationale.
Alexis Thambwe Mwamba (né à Longo, Maniema) : plusieurs fois nommé ministre (Justice, Affaires étrangères, Plan…) et président du Sénat sous la présidence de Joseph Kabila. C’est l’une des figures politiques les plus en vue originaires du Maniema.
Justin Kalumba Mwana Ngongo, élu député de Kasongo (Maniema), a été ministre du Commerce en 2006 puis ministre des Transports en 2012. Il fait aujourd’hui partie du nouveau présidium de l’Union sacrée, renforçant ainsi son influence politique au sein de la majorité présidentielle.
Acteurs de la société civile et secteur prive
Stéphane Kamundala : Coordinateur de la Société civile Forces Vives du Maniema (SOCIMA) et réélu président plusieurs fois. Porte-parole influent des revendications en faveur de transparence, de bonne gouvernance et d’une meilleure représentation politique de la province. Convient pour un poste de coordination, de dialogue ou de ministère lié à la gouvernance, à la citoyenneté ou aux droits humains.
David Mudilo Muhima, originaire de Kasongo (Maniema), est un entrepreneur et cadre expérimenté. Membre du CA du groupe Sogem & Fils, actif dans l’agriculture et les BTP dans les provinces du Maniema, et autres provinces, Promoteur du cabinet conseil Konnect SAS ; Ancien cadre du système des Nations unies, il a travaillé pendant 18 ans sur des projets de développement économique et de sécurité alimentaire, au sein de structures internationales comme le PAM, PNUD, UNICEF, USAID. En juin 2024, il a été publiquement recommandé par la jeunesse du Maniema pour représenter la province au sein du gouvernement.
Constant Omari, originaire du Maniema, est une personnalité influente en RDC, ayant présidé la FECOFA et siégé au comité exécutif de la CAF et de la FIFA. Il a également occupé des postes clés dans des entreprises publiques comme l’ONATRA, renforçant son expérience en gestion et gouvernance. Son profil technocratique et son expertise diplomatique en font un candidat crédible pour représenter sa province. Il est actuellement parmi les promoteurs du projet MetroKin.

