Panel de haut niveau : « L’état de la région Afrique en matière de politiques publiques pour la croissance des industries et la création d’emplois »
L’Afrique des forums, des ateliers et des conférences doit céder la place à l’Afrique des Actions Concrètes ». C’est par ces mots que j’ai introduit mon intervention lors de ce panel organisé à Washington.
Aux côtés de 4 autres panélistes de renom, nous avons approfondi cette thématique essentielle : M. Mamadou Sangafowa-Coulibaly, Ministre ivoirien des Mines,Pétrole et Énergie ; Mme Mariama Ciré Sylla, Ministre guinéenne de l’Économie, Finances&Budget ; Mme Linda Mabhena, DG du groupe sud-africain « Energy Resources Group » ; M. Harsh Kothari, DG du groupe éthiopien « Mohan Group ».
Les interventions liminaires (Keynotes) ont été prononcées par : Mme Anna Bjerde, Directrice des Opérations à la Banque Mondiale ; Mme Jennifer Chapman, Baronne Chapman de Darlington, Ministre d’État du Royaume-Uni au Développement international, à l’Amérique latine et aux Caraïbes ; M. Andrew Dabalen, Économiste en chef pour l’Afrique à la Banque Mondiale ; M. Aliko Dangote, Président-Directeur Général du Groupe Dangote.
Revenant sur l’état de la région Afrique, nous avons soutenu que la transformation économique du continent repose sur une transition fondamentale : passer d’une économie d’exportation de matières premières brutes à une intégration poussée au sein de chaînes de valeur régionales.
Pour y parvenir, les politiques publiques doivent agir simultanément sur la réduction des barrières et sur l’incitation industrielle.
Voici les axes stratégiques identifiés pour une facilitation efficace des échanges et la création d’emplois :
Modernisation des infrastructures et corridors de transport
La facilitation des échanges commence par la réduction des coûts logistiques, qui figurent parmi les plus élevés au monde.
Cette ambition repose sur : Le développement de corridors multimodaux : L’objectif est de créer de véritables axes de développement économique plutôt que de simples voies de transit ; Les Zones Économiques Spéciales transfrontalières : Créer des pôles industriels partagés entre plusieurs pays ; Les infrastructures énergétiques : L’industrie ne peut se développer sans une énergie stable, compétitive et durable. INGA y compris tout le potentiel de 100.000 Méga Watts dont possède la RDC en total est une source à capitaliser pour industrialiser l’Afrique et donner de l’électricité à plus de 300 millions d’africains, soit l’équivalent de la population des USA estimée à 340 millions.
Harmonisation réglementaire et mise en œuvre de la ZLECAF
La ZLECAF est le levier principal pour stimuler la demande interne et intra-africaine par la simplification des règles d’origine, l’élimination des barrières non-tarifaires (digitaliser les procédures douanières pour réduire les délais d’attente aux frontières et déployer des Guichets Uniques Nationaux interconnectés) et l’harmonisation des normes sanitaires et phytosanitaires.
En effet, le passage au numérique est le levier le plus rapide pour gagner en efficacité.
Développement des compétences et employabilité
Adéquation formation-emploi : Réformer les programmes techniques pour répondre aux besoins des secteurs stratégiques ; Soutien aux PME/PMI : Mettre en place des fonds de garantie et des programmes d’assistance technique pour renforcer le tissu économique local.
Nous avons conclu par une interpellation directe faite aux dirigeants africains : l’efficacité de ces politiques dépend de la volonté politique de passer d’une logique de confrontation entre voisins à une logique de complémentarité régionale.
