Pluies torrentielles en RDC et au Congo-Brazzaville : de rares intempéries pour la saison (Rfi)

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Bilan lourd, une nouvelle fois, à Kinshasa après les pluies torrentielles de ce samedi 14 juin, qui ont causé des inondations dans plusieurs communes de la capitale congolaise. Au moins 29 personnes sont mortes, trois autres de l’autre côté du fleuve, à Brazzaville. L’ampleur de ces pluies a surpris, en pleine saison sèche.

La saison des pluies avait été accompagnée de son cortège d’inondations et de destruction. Elle s’est étirée deux semaines de plus que d’habitude, la saison sèche n’a en effet débuté que fin mai et les précipitations ne se sont pas arrêtées pour autant. Jusqu’à 90 millimètres de pluie, tombés en quelques heures à la mi-juin. L’ampleur de l’événement a surpris par soudaineté et son intensité.

« On est en saison sèche, donc c’est possible d’avoir des pluies lorsqu’on a des vents qui sont chargés en humidité, qui viennent de l’océan, du golfe de Guinée notamment, mais cela reste très rare et c’est pour ça que ça a surpris tout le monde », résume Benjamin Sultan est directeur de recherche à l’IRD, l’Institut de recherche pour le développement.

Améliorer les systèmes d’alertes

Phénomène qualifié d’extraordinaire par les autorités, il a entraîné un lourd bilan. Au-delà de la vulnérabilité de Kinshasa à ce type d’événement, il illustre également la nécessité d’améliorer les systèmes d’alertes.

« Dans des endroits du monde, on a moins d’observations météorologiques, ce qui est extrêmement compliqué pour construire ces alertes précoces », souligne Benjamin Sultan. « Et puis on a aussi des populations qui peuvent être non couvertes par ces alertes. Par exemple, en avril dernier, l’alerte avait déjà été donnée, mais les moyens ont sans doute manqué pour évacuer les populations », ajoute-t-il.

« Pour chaque degré supplémentaire, on a un contenu effectif en vapeur d’eau qui augmente en moyenne de 7 %. C’est cet excès d’humidité dans l’atmosphère qu’on va retrouver ensuite occasionner des pluies très intenses », indique Benjamin Sultan. « Le type d’événement qu’on a pu avoir, par exemple en 2022 au Nigeria. Des études d’attribution ont montré qu’ils ont été rendus 80 fois plus fréquents et 20 % plus intenses à cause du réchauffement climatique », conclut-il.

L’an dernier, quatre millions de personnes avaient été touchées par des inondations en Afrique centrale.

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