Potentiel rencontre F. Tshisekedi – M. Fayulu
Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, accepte de rencontrer l’opposant Martin Fayulu. C’est ce qu’a affirmé ce lundi 2 juin 2025, Tina Salama, la porte-parole du président de la République, via son compte X.
« Le Président de la République salue le patriotisme et le sens d’engagement pour la cohésion nationale affichés par M. Martin Fayulu et affirme sa disponibilité à le rencontrer pour sauver la République de la prédation qui menace nos Institutions et notre intégrité territoriale », a écrit la porte-parole du chef de l’État.
Cette volonté a été reconfirmée au Studio Maman Angebi de la RTNC, par Patrick Muyaya Katembwe, ministre de la Communication et Médias lors du briefing spécial du lundi 02 juin 2025 organisé sur le thème central : « Avancées, défis et perspectives du secteur industriel et des PME/PMI en RDC », et qui a connu la participation du ministre de l’Industrie du Développement des Petites et Moyennes entreprises, Louis Watum Kabamba.
Quel est le commentaire que peut faire le porte-parole du Gouvernement devant la volonté de Martin Fayulu de rencontrer le Président de la République pour trouver des solutions à la crise sécuritaire qui sévit dans la partie Est de la République démocratique du Congo ?
Dans sa réponse, le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, a rappelé que le 22 février 2025, le chef de l’Etat, qui rencontrait les élus de la majorité a été clair sur le sujet et sur sa disponibilité de dialoguer avec les Congolais désireux de préserver ce que nous avons comme acquis de nos pères fondateurs, à savoir, la République Démocratique du Congo dans ses frontières de la colonisation.
« J’ai suivi Martin Fayulu qui rentre dans ce cadre et j’ai vu la réaction de la porte-parole du président de la République qui illustre ce qu’on a toujours dit, que le président de la République était un homme de paix. Dans un contexte où nous avons vu se faire un bloc autour de l’axe du mal, lorsque vous voyez cette tentative malsaine de vouloir congoliser l’agression qui vient de l’extérieur, nous avons besoin d’un bloc des patriotiques pour mettre fin à une quelconque forme de légitimation de ce que fait le Rwanda en Rdc sous le fallacieux prétexte. Il faut considérer que c’est l’enjeu de la survie de notre pays qui est engagé et c’est un acte patriotique qu’il a posé », pense-t-il.
Pas des arrestations qui ne viseraient que les swahiliphones
Au cours de cet échange avec la presse, les journalistes invités ont voulu aussi savoir si les arrestations ne visent que les officiers FARDC dans les zones swahiliphones. Mais, Patrick Muyaya se dit sidéré d’entendre cela. « Lorsqu’on fait un choix d’aller dans l’armée, lorsqu’on y va, l’armée est apolitique, c’est elle qui est protectrice de la nation, on ne peut plus parler des tribus. Si ce n’est une volonté délibérée d’inoculer le poison de la division », dit-il, avant de souligner qu’être swahiliphone n’exonère pas des poursuites lorsque les choses n’ont pas été faites comme elles devraient l’être. Ici, nous parlons de l’armée et vous savez comment les questions militaires préoccupent le président de la République au plus haut point.
Au regard du travail de l’Auditorat, est-ce que les officiers pour lesquels il y a des reproches sont exclusivement swahiliphones, s’interroge-t-il. « Je voudrais que nous puissions tous collectivement empêcher que ces discours de stigmatisation puissent prospérer. C’est par là que l’ennemi cherche à tout prix pour faire croire qu’il y a des problèmes communautaires », termine-t-il.
Louis Watum Kabamba dit avoir trouvé un esprit entrepreneurial très poussé
Dans son mot introductif, le ministre de l’Industrie du Développement des Petites et Moyennes entreprises, Louis Watum Kabamba a cité les défis rencontrés à son arrivée dans ce ministère. C’étaient d’abord les problèmes d’infrastructures, énergétique, financement et climat des affaires. On a trouvé un esprit entrepreneurial très poussé dans notre pays.
Sur le plan industriel, dit-il, « nous avons basé notre approche dans trois piliers. Le 1er pilier, ce sont les Zones économiques spéciale (ZES). A ce jour, nous avons la ZES de Maluku qui est déjà opérationnelle, la ZES de Kin Malebo en cours de réception, et la ZES de Musompo qui va générer 40.000 emplois, dont 20.000 emplois directs et 20.000 emplois indirects ».
Le 2ème pilier, c’est le refinancement et la remise sur pied des unités industrielles, sans oublier le 3è pilier, une diplomatie économique pour attirer les investissements. « Vous avez vu le lancement de la cité de Chine. Un investissement de près de 50.000 dollars a été mobilisé pour financer la SOTEXKI. Avec le FPI, nous avons financé le projet Okapi pour équiper les universités avec les imprimantes 3D modernes pour tout imprimer », explique le ministre, qui salue en passant le travail fait par ses prédécesseurs de concevoir cet écosystème.
Louis Watum dit avoir mis 7 millions de dollars. « Nous avons fait un nivellement automatique pour que ces entrepreneurs ne soient pas en panne d’argent. Ce ne pas assez, on va faire plus. Il faut davantage de moyens pour faire tourner cela. Dans le cadre de l’entreprenariat, il y a beaucoup de projets, notamment le projet d’autonomisation de la femme, de 300 millions de dollars ».
Il n’a pas manqué de citer le projet VIJANA, où on a dégagé 2.500.000 dollars pour financer de bons projets des jeunes. On a pris certains décrets pour accélérer d’avantage ce que nous faisons pour l’entreprenariat, pour donner des avantages fiscaux et parafiscaux aux jeunes entrepreneurs. Y compris même l’octroi de congé pour permettre aux jeunes de se concentrer pour la création de leurs entreprises.
Louis Watum a aussi abordé la question de la sous-traitance, où il a été donné 1400 contrats pour 2 milliards de dollars aux Congolais. Dans ce lot, il y a aussi la gouvernance numérique E-KAZI. « Nous avons lancé une plateforme qui offre à toute entrepreneur une assistance numérique. Nous avons dématérialisé le guichet unique. Nous voulons que tout ce qui est fiscalité ou parafiscalité soit payé en ligne.
Dire non au Congo Baching
Réagissant à la question sur l’attrait des investisseurs, il a expliqué que la RDC attire beaucoup plus d’investissements qu’on ne le croit. Le monde a compris que la Rdc commence à se réveiller. C’est le challenge pour nous de présenter les projets bancables et le financement sont là. Il y a engouement terrible pour la Rdc au point où nous allons organiser un forum économique. Il y a encore beaucoup à faire et les perceptions sont encore fortes en termes de mauvaise gouvernance, corruption.
Le ministre Louis Watum Kabamba souligne que « lorsque nous faisions du Congo Baching, je ne crois pas que nous nous aidions nous-mêmes. Parce que la corruption existe partout, y compris dans ces pays que nous visitons. C’est à nous de comprendre que nous avons un pays à construire et nous devons mettre du sérieux. Si on veut attirer d’avantage des investissements, il faut la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption et nous sommes tous des acteurs », a-t-il insisté.
JMNK
