Pour Félix Tshisekedi : Le port de cheveux tressés ou de locks par certains garçons ne saurait justifier des interpellations systématiques ni des privations de liberté
Le Président de la République, Chef de l’Etat, Félix- Antoine Tshisekedi Tshilombo, a présidé, ce mercredi 15 avril 2026, à la Cité de l’Union Africaine à Kinshasa, la troisième réunion extraordinaire du Conseil des Ministres du Gouvernement de la République.
Suite à certaines préoccupations exprimées ces derniers jours dans l’opinion publique, notamment par des jeunes de notre capitale au sujet du port de cheveux tressés ou de locks, le Président de la République a tenu à rappeler quelques principes fondamentaux qui doivent guider l’action de l’Etat ainsi que le comportement de nos concitoyens.
En effet, notre Constitution garantit à chaque citoyen un ensemble de droits et libertés fondamentaux. Ces droits, qui constituent l’un des piliers de notre Etat de droit, assurent la protection de la dignité humaine, de la liberté individuelle et de l’épanouissement de chaque Congolaise et de chaque Congolais dans le respect des valeurs de notre Nation.
Toutefois, le Président de la République a souligné que l’exercice de ces droits et libertés ne saurait être assimilé à un libertinage. Dans toute société organisée, la liberté s’exerce dans le respect de la loi, de l’ordre public, de la morale, de l’éthique et des bonnes moeurs. Cet équilibre demeure indispensable pour garantir la coexistence harmonieuse entre les libertés individuelles et les exigences de la vie collective.
Le Président de la République a aussi tenu à rappeler que la Police Nationale Congolaise a pour mission essentielle d’assurer le maintien de l’ordre public, de protéger les citoyens ainsi que leurs biens et de prévenir toute forme d’insécurité. Cette mission est noble et indispensable à la stabilité de notre pays.
Cependant, l’exercice de cette mission doit se faire dans le strict respect de la loi et des droits fondamentaux des citoyens. Les interventions policières doivent s’inscrire prioritairement dans une logique de prévention, d’encadrement et de protection, et non dans une dynamique susceptible de conduire à des arrestations arbitraires ou à des pratiques attentatoires aux libertés individuelles.
S’agissant de l’apparence capillaire ou vestimentaire des jeunes, notamment le port de cheveux tressés ou de locks par certains garçons, le Président de la République considère que de tels choix, dès lors qu’ils ne constituent ni une violation de la loi ni une atteinte à l’ordre public, ne sauraient justifier des interpellations systématiques ni des privations de liberté. Cependant, l’éthique, la morale et les bonnes moeurs devraient aussi être des repères et témoins guidant la vie en communauté.
Il a invité, à cet effet, les éléments de la Police Nationale Congolaise à faire preuve de pédagogie, de discernement, de professionnalisme et de respect scrupuleux des droits des citoyens dans l’exercice de leurs missions.
Dans le même temps, il a exhorté la jeunesse Congolaise à exercer ses droits et libertés avec responsabilité, en respectant les lois de la République, notre Police Nationale, les valeurs sociales et les principes qui fondent notre vivre-ensemble.
Afin de prévenir toute dérive et de renforcer à la fois l’encadrement de la jeunesse et la formation civique et professionnelle des éléments de la Police Nationale Congolaise, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité Décentralisation et Affaires Coutumières a été instruit, avec la Ministre d’Etat, Ministre de l’Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté, ainsi que la Ministre de la Jeunesse, à se saisir de cette question avec toute l’attention requise.
Le Président de la République leur a demandé de proposer des mesures appropriées d’encadrement, de sensibilisation et de formation, tant à l’endroit de la jeunesse que des éléments de la Police Nationale Congolaise, afin de garantir le respect des droits et libertés individuelles tout en préservant l’ordre public et la cohésion sociale.
