Pour l’Histoire, sans l’Udps l’Afdl n’aurait jamais pris le pouvoir au Zaïre en 1997 ! Et le Congo n’aurait jamais eu L-.D. Kabila, Joseph Kabila et Félix Tshisekedi chefs d’Etat !

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De ce fait, apprenons à assumer les conséquences de nos choix, bons ou mauvais soient-ils ! 

Occultation délibérée de l’histoire

RFI a organisé le 1er avril 2026 à partir de Kinshasa son émission interactive « APPELS SUR L’ACTUALITE » avec pour intervenants Patrick Muyaya pour le Pouvoir, Martin Fayulu pour l’Opposition politique et Donatien Nshole pour la Société civile, précisément la sous-composante Églises. De cet échange, le premier enseignement à tirer est l’occultation délibérée de l’Histoire. Sans en avoir la connaissance totale – d’ailleurs c’est chose impossible – « BALISES » tente dans cette livraison de la schématiser en 20 points, quitte à ceux qui en savent plus d’apporter des corrections nécessaires maintenant qu’on parle des causes profondes de la crise congolaise. Tenez !

 

De 1997 À 1960

 

1.Comme relevé en titre, sans l’apport de l’Udps, l’Afdl n’aurait jamais pris le pouvoir au Zaïre en 1997. De même, le Congo se serait épargné de la résurgence des rébellions couvrant des agressions tantôt rwando-ougando-burundaises, tantôt rwando-ougandaises, tantôt rwandaises sous couvert du Rcd, du Mlc, du Rcd-Kml, du Rcd-N, du Cndp et des M23 I et II qui se sont succédé entre 1996 et 2022.

 

2.Partant, comme relevé en titré, Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila et Félix Tshisekedi ne seraient jamais Présidents de la République successivement en 1997, en 2001 et en 2018.

 

3.Pire, avec un Mobutu à l’article de la mort entre 1996 et 1997 – la preuve est sa mort survenue le 7 septembre 1997 – le pays aurait certainement cessé d’exister car c’est à cette période exactement que le fameux plan « ZAÏRE NO ETA’T » (ZAÏRE ETAT NEANT) avait été rendu public.

 

Il préconisait le démembrement du Zaïre en rattachant plusieurs provinces de l’Est à des États voisins dont l’Ouganda, le Rwanda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie.

 

4.Ce démembrement résultait de la gestion chaotique et catastrophique, entre 1990 et 1997, de la transition ayant eu pour acteurs principaux les faux « jumeaux » du MPR PARTI-ETAT : , Mpr Fait privé et Udps.

 

En référence, on peut retenir :

-les Accords du Palais de Marbré 1 et 2 en 1991 ;

-la Conférence nationale souveraine entre 1991 et 1992 ;

-le Conclave politique de Kinshasa en 1993 et

-les Négociations de l’hôtel Intercontinental en 1994.

 

5.Eclatant au grand jour pendant cette transition, la bataille des egos entre Mobutu et Etienne Tshisekedi remontait, à dire vrai, aux années 1970.

 

Lieutenant général lors de son coup d’État du 24 novembre 1965, le futur maréchal avait promis la restitution du pouvoir aux civils au terme du mandat qu’il s’était fixé librement à 5 ans.

 

L’appétit venant en mangeant, il avait changé la Constitution d’abord avec le concours d’Étienne Tshisekedi, ensuite contre son gré, si bien qu’il garda le pouvoir 32 ans durant (1965-1997).

 

6.Le conflit interne au MPR entre Conservateurs, d’un côté, et Réformateurs, de l’autre, finit par produire la Lettre des 13 Parlementaires du 1er novembre 1980 à l’origine, finalement, de la création en février 1982 du parti politique dénommé Udps.

 

7.Or, si Mobutu s’était accaparé du Pouvoir, c’est à cause du conflit d’autorité surgi entre le Président Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Moïse Tshombe, détenteur de la majorité parlementaire issue des législatives de 1965.

 

Joseph Kasa-Vubu lui avait préféré Evariste Kimba, pourtant sans majorité au Parlement !

 

D’où, pour enrayer la crise, le coup d’État du 24 novembre 1965 attribué au Haut Commandement des forces gouvernementales dénommées à l’époque ANC (Armée Nationale Congolaise).

 

8.Mobutu avait justifié le coup d’Etat par la nécessité d’arrêter la « congolisation »(comparable à la soudanisation du pays, qualificatif utilisé pour décrire la gestion i chaotique et conflictuelle ayant caractérisé la Première République entre juin 1960 et novembre 1965.

 

9.Au cours de ces cinq premières années d’indépendance, il y eut au pays et à l’étranger, tout à tour, les dialogues dénommés :

-Conférence de Léopoldville en janvier 1961) ;

-Conférence de Tananarive en mars 1961) ;

-Conférence de Coquilhatville en avril-mai 1961 ;

-Conclave de Lovanium en juillet-août 1961 ;

-Conférence constitutionnelle de Luluabourg en 1964 ;

-Conférence des Chefs d’État Africains et Malgache en février 1965, à Nouakchott (Mauritanie).

 

10.La Première République avait très mal démarré dès l’indépendance proclamée.

 

Il y eut successivement :

– la sécession katangaise en juillet et sud- Kasaienne en août 1960;

-la double neutralisation du Premier ministre Patrice-Emery Lumumba par le Président de la République Joseph Kasa-Vubu et vice-versa en 1960 en septembre 1960 ;

-la dissolution du Gouvernement Lumumba remplacé par le collège des Commissaires généraux toujours en septembre 1960 ;

-la naissance de la rébellion lumumbiste en janvier 1961,

et,

-la proclamation de la « République populaire du Congo » en septembre 1964.

2026-1997

11.Lors de la Conférence nationale souveraine (CNS) , trois objectifs avaient été adoptés :

-procéder à la relecture de l’Histoire du pays pour favoriser la réconciliation nationale ;

-adopter une nouvelle Constitution et

-mettre en place un nouvel ordre institutionnel.

Résultat : échec consacré par la clôture en catastrophe de ce dialogue en décembre 1992.

12.L’Afdl, soutenue publiquement par l’Udps, va prendre le pouvoir en mai 1997 dans un État délétère :

-pas de Constitution respectée ;

-pas d’institutions de la République fonctionnelles ;

-pas d’administration publique stable (Territoriale, Diplomatie ; Magistrature, Armée, Police, Renseignements, Portefeuille…) ;

-pas de forces politiques et sociales organisées ;

-pas de monnaie de confiance ;

bref, désacralisation totale de l’Autorité de l’État.

13.En août et septembre 1998 vont apparaître tour à tour le Rcd soutenu par le Rwanda et le Mlc soutenu par l’Ouganda avec l’apport ouvert de l’Udps pour cause d’échec du rapprochement Laurent-Désiré Kabila/Etienne Tshisekedi.

14.Effrayée par l’ampleur de la guerre impliquant de plus en plus des pays africains les uns du côté des autorités gouvernementales, les autres du côté des rebelles, la Communauté internationale va imposer le Processus ayant conduit à l’ Accord de Lusaka signé dans la capitale zambienne en juillet et août 1999.

15.Ce processus accouchera du Dialogue intercongolais organisé entre 2001 et 2003 en plusieurs étapes :

-Addis-Abeba en octobre 2001 ;

-Sun City 1 en avril et Pretoria en décembre 2002 puis

-Sun City 2 en avril 2003.

16.De ce processus seront issus :

-la Transition 1+4,

-le référendum constitutionnel de 2005,

-la Constitution de février 2006 ;

-le premier cycle électoral de juillet et octobre 2006 ;

-le deuxième cycle électoral de novembre 2011 précédé de la révision constitutionnelle ramenant la présidentielle à un tour au lieu de deux ;

-le troisième cycle électoral de décembre 2016 renvoyé à 2018 et

-le quatrième cycle électoral de 2023.

17.De 2003 à 2022, surgiront d’autres formes de guerres :

-mutinerie Nkunda-Mutebusi en 2004 ;

-rébellion du Cndp en 2008 ;

-rébellion du M23 I en 2012 ;

-rébellion du M23 II en 2022 qualifiée cette fois d’ agression rwandaise.

Catharsis impérative

18.Au regard de ce qui précède, l’unique vérité indéniable à reconnaître est que le Congo a besoin d’une catharsis qui dépasse de loin la crise sécuritaire !

19.Refuser cette opération plus par ego que par raison n’est pas une manifestation d’amour pour le Congo.

20.Toute Congolaise consciente, tout Congolais conscient des évidences se doit de reconnaître sa part de responsabilité dans ce qui arrive au pays depuis bientôt 66 ans, surtout quand, à un moment ou à un autre, on aura bénéficié directement ou indirectement du système.

Allusion faite particulièrement aux enfants, aux petits-enfants, aux proches des compatriotes ayant géré à un niveau ou à un autre la Chose publique.

On a le choix entre résoudre en solo ou en groupe une crise qui remonte en réalité à la création de l’AIA au 19ème siècle !

Conclusion

Le mérite de l’émission « APPELS SUR L’ACTUALITE » est d’avoir démontré comment et combien le Congo périt faute de connaissance.

La connaissance constitue pourtant la culture d’une pouvant être un individu, une famille, une tribu, une ethnie, une race, un État, voire une Nation.

« Un peuple sans culture, c’est un peuple sans mémoire, et un peuple sans mémoire, ce n’est plus un peuple, c’est un troupeau qui préfère se battre pour une télé que pour une idée », tranche Nicolas Beuglet.

Maintenant, à vos plumes pour diaboliser ; la seule « culture » dans laquelle nous excellons à cause de la démon-cratie…

PROCHAINEMENT : Monsieur le Président, svp !, faites arrêter ce débat catastrophique autour de la Constitution. Il est contreproductif !

 

Omer Nsongo die Lema

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