Pour un ultime face-à-face: Gouvernement et M23 déjà au Qatar
Ce nouveau round de négociations intervient près de deux semaines après la signature à Washington d’un accord de paix entre Kinshasa et Kigali et alors que le climat reste tendu sur le terrain. Les médiateurs ont cependant repris espoir, indique une dépêche de Rfi. Les yeux de tous les Congolais restent rivés vers Qatar pour une fin définitive d’un conflit qui aura duré près de 30 ans.
Il nous revient que les délégations du gouvernement congolais et celles du mouvement rebelle AFC/M23 sont bien arrivées à Doha où doivent se poursuivre les négociations entamées depuis plusieurs mois. Ce nouveau round se distingue des précédents par son niveau de représentation.
Le mouvement politico-militaire est notamment représenté par Benjamin Mbonimpa, son secrétaire exécutif. Il fait office de Premier ministre du mouvement, précise une source interne à l’AFC/M23. Côté Kinshasa, la composition de la délégation reste discrète. Mais plusieurs sources confirment la présence de Jacquemain Shabani, Julien Paluku et Muhindo Nzangi, respectivement Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur ; ministre du Commerce extérieur et ministre du développement rural.
Une source diplomatique proche du dossier y voit un round déterminant. Et insiste : sa réussite dépendra du respect des engagements pris par les deux parties, à savoir un cessez-le-feu et la libération de prisonniers, entre autres. C’est sur ce point justement que les États-Unis et le Qatar exercent une pression particulière. D’autres par contre, en scrutant de près les délégués envoyés à Doha, parlent déjà de l’échec des pourparlers.
Dans cette médiation, Doha agit en complément des efforts africains, en étroite coordination avec les partenaires régionaux. Pas question de rater cette fenêtre de sortie de crise. « Le Qatar ne veut pas échouer », confie une source diplomatique en Afrique centrale. Cette coordination vise ainsi à garantir que toutes les initiatives convergent vers un même objectif : une paix durable et inclusive, comme le réclament particulièrement des acteurs de la société civile.
Mais sur le terrain, les deux parties se regardent toujours en chiens de faïence avec le renforcement sur certaines lignes de front. L’AFC/M23 affirme attendre la mise en place de mesures de confiance avant d’aller plus loin dans les négociations.
Des revendications à dormir debout
Comme il a été dit, l’accord de Doha doit agir en complément de l’accord de Washington qui lie la Rdc et le Rwanda sous la médiation américaine. Si la volonté affichée par toutes les parties est de mettre un terme au conflit qui déchire la Rdc depuis près de 30 ans, nombreuses sont les voix qui crient pour dire non à toutes les revendications tendant à freiner ce processus.
Du moins que ça soit une stratégie dans les négociations, les revendications du M23 telles qu’annoncées par Corneille Nangaa à l’occasion du 65ème anniversaire de l’indépendance du pays, ne sont pas réalités. Elles ont semblée être des points rassemblés par le M23/AFC pour des raisons de la cause, surtout pour freiner ces pourparlers et maintenir le statuquo.
Dans ce cas d’espèce, ce mouvement rebelle s’attirera la colère de toute la sous-région et les moyens seront mis en œuvre pour l’attaquer militairement. Même si les discussions doivent avoir lieu, le M23 ne devra pas oublier qu’il a tué, violé, pillé et a ouvert une voie et offert des conditions idéales au Rwanda pour lui permettre de piller impunément les ressources du sol et du sol de la Rdc.
A la question de savoir la suite à réserver aux pourparlers de Doha au Qatar, les Congolais espèrent que les protagonistes n’auront pas d’autres choix que de travailler avec détermination pour que la paix revienne. Ainsi, ils permettront aux déplacés de retourner chez eux et de vaquer librement à leurs occupations champêtres comme ils en ont l’habitude.
JMNK
