Pour une croissance pérenne : Le président Cinquante-troisième réunion du CMFI conseille de mettre fin aux guerres et aux conflits et de parvenir à une paix durable dans le monde entier
Au cours de ces dernières années, l’économie mondiale a été mise à l’épreuve par des chocs récurrents dus à des guerres et à des conflits, y compris celui qui se déroule actuellement au Moyen-Orient. Outre ses conséquences sur le plan humanitaire, celui-ci a des effets économiques d’une envergure mondiale et, une fois de plus, ce seront les populations les plus pauvres et les plus vulnérables qui seront le plus durement touchées. Cela survient à un moment où les marges de manœuvre se sont réduites et la coopération internationale a faibli. Une riposte appropriée des pouvoirs publics dépend du mode de propagation de ce choc dans l’économie de chaque pays et exige des mesures opportunes et adaptables qui s’inscrivent dans des cadres d’action crédibles et une coopération internationale. Il demeure impératif de mettre fin aux guerres et aux conflits et de parvenir à une paix durable dans le monde entier pour obtenir une croissance pérenne et garantir la stabilité à long terme.
Les pays membres du CMFI se sont mis d’accord sur le texte suivant :
L’économie mondiale a continué de faire preuve de résilience au cours de ces dernières années malgré des chocs répétés, notamment ceux dus à des guerres et à des conflits. Le conflit au Moyen-Orient constitue un nouveau choc mondial majeur, dont les répercussions économiques dépendront de sa durée, de son intensité et de son expansion géographique. Cependant, compte tenu des dégâts causés aux infrastructures et des perturbations des transports observés jusqu’à présent, il apparaît déjà clairement qu’il représente une menace sérieuse pour l’économie mondiale, malgré les efforts notables qui sont déployés pour préserver la circulation de l’énergie, notamment par une réorientation des voies de transport visant à renforcer la sécurité de l’approvisionnement. Les répercussions de ce choc sont très inégales d’un pays à l’autre : les populations les plus pauvres et les plus vulnérables sont les plus durement touchées. Si cette situation devait perdurer, elle pourrait maintenir les prix des combustibles et des engrais à un niveau élevé pendant une longue période, perturber l’approvisionnement en intrants essentiels et amplifier les risques pesant sur la sécurité énergétique et alimentaire, la croissance mondiale, l’inflation et les comptes du secteur extérieur. Un resserrement des conditions financières et d’éventuelles conséquences pour la stabilité financière pourraient assombrir les perspectives davantage encore. Parallèlement, le monde connaît de profondes transformations structurelles dans les domaines des technologies, de l’évolution démographique et des risques climatiques. Ces mutations pourraient bien remodeler nos économies et mettre à l’épreuve leur capacité d’adaptation, ce qui sera source de risques élevés, mais aussi de possibilités nouvelles.
Dans cette conjoncture très incertaine, notre priorité est de renforcer la stabilité macroéconomique et financière tout en favorisant une croissance forte et généralisée par des mesures opportunes, adaptables et crédibles, une coordination efficace des politiques publiques et une coopération au niveau multilatéral. Les banques centrales restent fermement déterminées à préserver la stabilité des prix, conformément à leur mandat respectif. Leur indépendance et la clarté de leur communication demeurent indispensables pour assurer la crédibilité des politiques et maintenir l’ancrage des anticipations d’inflation. La politique budgétaire devrait être bien calibrée et s’inscrire dans des cadres crédibles à moyen terme afin de garantir la viabilité de la dette. Lorsque des mesures doivent être prises et que l’espace budgétaire le permet, des dispositions temporaires et ciblées peuvent contribuer à faire face au nouveau choc, notamment pour protéger les plus vulnérables. Nous continuerons de respecter les normes internationales, et de surveiller de près et de traiter les facteurs de vulnérabilité du secteur financier et les risques pour la stabilité financière, y compris en renforçant la surveillance des risques systémiques engendrés par l’intelligence artificielle, les institutions financières non bancaires et les actifs numériques, tout en tirant parti des bienfaits des innovations financières et technologiques. Nous appuierons la mise en œuvre de réformes structurelles qui permettront de favoriser les investissements tirés par le secteur privé, d’accroître la productivité, de préserver la sécurité énergétique et d’améliorer les perspectives de croissance à moyen terme. Nous continuerons de coopérer pour relever les défis qui se posent à l’échelle mondiale et pour garantir la stabilité et le fonctionnement efficace du système monétaire international. Nous agirons de concert pour remédier aux déséquilibres mondiaux excessifs et aux tensions commerciales et pour mettre en place des chaînes d’approvisionnement plus résilientes, à l’aide de réformes adaptées aux pays et dans le cadre d’une coordination multilatérale, de manière à promouvoir une économie mondiale équitable et ouverte. Nous réaffirmons nos engagements d’avril 2021 sur les taux de change.
Nous nous félicitons du Plan d’action mondial présenté par la Directrice générale. Nous soulignons le rôle essentiel que joue le FMI pour nous aider à faire face au contexte actuel difficile et nous saluons le soutien actif qu’il apporte à ses pays membres, sous la forme de conseils stratégiques adaptés, d’activités de développement des capacités et d’aides financières, lorsque cela se justifie, en étroite collaboration avec d’autres institutions compétentes.
Nous continuerons d’appuyer les pays dans les efforts qu’ils déploient pour promouvoir la stabilité et la croissance, notamment par des politiques macroéconomiques judicieuses, une mobilisation des ressources intérieures et une meilleure gouvernance, en accordant une attention particulière aux pays à faible revenu et vulnérables, y compris les pays fragiles ou touchés par un conflit et les petits États en développement, en particulier ceux qui font face à des pressions de plus en plus fortes en matière de dette et de financement. Nous restons déterminés à améliorer encore les processus de restructuration de la dette, notamment au sein du Cadre commun, en nous appuyant sur les progrès déjà accomplis, et à poursuivre les travaux menés au titre de la table ronde mondiale sur la dette souveraine afin de veiller à ce que les restructurations de dette soient mises en œuvre de manière prévisible, opportune, ordonnée et coordonnée. Nous accueillons avec satisfaction la mise à jour du manuel sur la restructuration (Restructuring Playbook) réalisée dans le cadre de ces travaux. Nous appelons de nos vœux une amélioration de la transparence en matière de dette de la part de toutes les parties prenantes, y compris les créanciers privés. Nous recommandons d’accroître l’appui apporté aux pays dont la dette est viable et qui ont mis en place un programme solide de réformes et de stimulation de la croissance, mais qui se heurtent à des difficultés de financement à court terme, en accélérant la mise en œuvre de la démarche du FMI et de la Banque mondiale fondée sur trois piliers. Nous attendons avec intérêt l’achèvement de la revue du cadre de viabilité de la dette pour les pays à faible revenu. Nous invitons les pays membres qui ne l’ont pas encore fait à s’engager à fournir des ressources de bonification supplémentaires afin de garantir la capacité de prêt autonome du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance.
Nous préconisons que la surveillance soit davantage affinée en se fondant sur la rigueur analytique, l’impartialité et des conseils de politique économique sur mesure. Nous attendons aussi avec intérêt l’achèvement de l’examen exhaustif de la surveillance, qui permettra de définir les priorités futures dans ce domaine, ainsi que de l’examen du Programme d’évaluation du secteur financier (PESF) en vue de renforcer la surveillance macrofinancière d’une manière ciblée, fondée sur les risques et efficace sur le plan des coûts. Nous saluons le travail que le FMI effectue sur plusieurs fronts pour remédier aux déséquilibres de l’économie mondiale, notamment par une meilleure prise en considération des questions relatives au secteur extérieur dans la surveillance bilatérale, par les améliorations actuellement apportées à la méthodologie d’évaluation du solde extérieur, par l’établissement d’un document sur la compréhension des déséquilibres mondiaux (Understanding Global Imbalances), ainsi que par l’analyse prévue des flux de capitaux, des déséquilibres de stocks et de leurs conséquences pour la stabilité financière mondiale.
Nous soutenons les efforts actuellement déployés pour renforcer le dispositif de prêt du FMI et attendons avec intérêt que la revue de la conception et de la conditionnalité des programmes soit menée à bien afin d’améliorer l’efficacité des programmes. Nous appuyons également les travaux en cours sur les cadres de politique monétaire pour les pays en situation de crise ou de quasi-crise, qui permettront d’améliorer encore les considérations relatives à la conception des politiques monétaires et des politiques de change.
Nous apportons notre soutien au renforcement des activités de développement des capacités (sur la base de l’examen de la stratégie en la matière réalisé en avril 2024) au moyen d’une prise en considération de ces activités dans le cadre des conseils stratégiques et de la conception des programmes et d’une garantie de la viabilité de leur financement, et remercions les donateurs qui contribuent à en assurer un financement continu.
Nous souscrivons aux principes directeurs de Diriyah pour la réforme des quotes-parts et de la gouvernance du FMI, qui représentent une réalisation collective importante pour les pays membres et un jalon majeur du programme de réformes de l’institution. Nous remercions les suppléants du CMFI ainsi que le Conseil d’administration, la direction et les services du FMI pour leurs délibérations et leurs efforts. Ces principes guideront les futures discussions sur la réforme des quotes-parts et de la gouvernance, notamment dans le cadre de la dix-septième révision généraledes quotes-parts. Nous réaffirmons notre volonté de faire en sorte que le FMI soit une institution solide, reposant sur un système de quotes-parts et disposant de ressources adéquates, au centre du dispositif mondial de sécurité financière. Nous espérons obtenir sans délai les approbations au niveau national nécessaires pour l’augmentation des quotes-parts décidée à l’issue de la seizième révision générale.
Nous constatons avec satisfaction les efforts de rationalisation déployés au FMI pour gagner en efficience et servir au mieux les intérêts de ses pays membres. Nous apprécions une fois de plus la qualité du travail des services du FMI et le dévouement dont ils font preuve au sein du système méritocratique de l’institution pour soutenir les pays membres et continuons d’encourager la poursuite des efforts visant à améliorer la représentation des régions et des femmes au sein du personnel du FMI, ainsi que la représentation des femmes au Conseil d’administration et aux postes de direction de cet organe.
La prochaine réunion se tiendra à Bangkok (Thaïlande) en octobre 2026.
