Pourquoi durant plusieurs décennies Kinshasa est toujours si invivable (sale) ?

Kinshasa est l’une des plus grandes villes d’Afrique, mais elle souffre d’un problème structurel de gestion des déchets, et un manque cruel d’assainissement et d’urbanisation. Kinshasa avec ses plus au moins 17 millions d’habitants, il ne s’agit pas seulement d’un problème de propreté, comme font croire les non-initiés dans la gestion environnementale, mais il s’agit surtout de la santé publique, de l’économie, de l’environnement et de la gouvernance de ce secteur dans son ensemble.
Il nous faut un système structurant pour faire face à cette problématique de l’assainissement de la ville de Kinshasa, qui a des conséquences énormes sur les vies humaines, sur le reste de la biodiversité et sur les écosystèmes qui les portes… Évitons les raccourcis, la rigueur dans le vide ne produit que des résultats sans lendemain.
Les principales causes qui font que la ville soit non assainie sont connus, mais ce qui est étonnent est que ceux qui sont sensés proposés des solutions durables, à l’occurrence les dirigeants, à tous les niveaux, tâtonnent depuis plusieurs décennies dans la recherche des solutions durables pour l’assainissement de la ville province de Kinshasa, qui est censé être le miroir de la RDC.
Il faut que tous les décideurs à tous le niveau, qui ont la responsabilité d’assainir l’environnement de Kinshasa sachent que 90% de l’étendue habitée à Kinshasa ne connait aucun début de son assainissement dans la norme, alors que cette ville a 24 communes, 365 quartiers, près de 89.650 rues, 620.000 parcelles connues et plus au moins 17 millions d’habitants qui produisent des déchets chaque seconde qui passe.
Ces déchets devaient être gérés par des initiatives réfléchies, détaillées, structurées qui tiennent compte de tous les aspects et non se limité à la propriété, qui est un petit maillon dans la longue chaine qu’on appelle « assainissement » durable d’une ville.
Comment expliquer que les poubelles publiques ne sont installées que le long des artères que le Président de la République et les membres de son gouvernement apprêtent au quotidien, avec comme conséquence direct, les décharges sauvages se multiplient partout dans la ville.
Une croissance démographique incontrôlée dès lendemain du 30 juin 1960, jour de l’indépendance, cette croissance est exponentielle et ne tient compte d’aucune autre donnée dans la gestion d’une ville ; ceci veut tout simplement dire que, la population de la ville de Kinshasa augmente plus vite que le développement des infrastructures de base pour un écosystème si complexe, qui est la ville et c’est la base du chaos qui s’installe dans tous les coins et recoins de la ville.
Les faiblesses des services municipaux qui n’existent que de noms, sans moyens conséquents pour assumer correctement leur rôle. Le manque d’infrastructures et équipements de base pour l’assainissement entre autres : les caniveaux, égouts et autres canalisations des eaux usées, sans oublier les engins qui permettent l’évacuation de tous les déchets (liquides ou solides).
Un manque d’éducation civique, car la majeure partie de la population de Kinshasa considère encore les espaces publics comme des dépotoirs pour tous déchets. La corruption et l’inexistence d’une gouvernance dans le secteur. L’absence de contrôle des travaux avec comme conséquences : une entreprise réelle ou imaginaire, une ONG et un service autre que celui du secteur de l’environnement, comme le service national, qui s’occupe actuellement de la propriété, peut recevoir les fonds de l’état et l’état n’exerce aucun contrôle rigoureux.
Le favoritisme dans les marchés publics ; mais aussi le manque de transparence de l’administration, cette dernière ne justifie jamais les frais reçus. Manque d’obligation des moyens et des résultats qui sont attendus pour chaque projet d’assainissement. Aucun investissement dans la récupération des déchets et leur recyclage en perpétuité.
ESSF et ses experts rappellent aux décideurs congolais, qu’ils ont l’obligation de veiller à la protection de l’environnement et à la santé des populations, comme stipulé au cinquante-troisième article de la constitution de 2006, retouchée en 2011.
L’exemple de la chine est à suivre pour sauver Kinshasa, car cette dernière forme chaque amène année 7 millions d’ingénieurs qui sont injectés dans tous les secteurs stratégiques, et qui font d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. Pas avec le pragmatisme qu’on développe un pays, c’est de l’intelligence dûment affûtée, qui va guider ceux qui vont exécuter les tâches dans tous les domaines, il faut éviter de rejeter le tort sur le citoyen lambda (le pauvre kinois), qui est pourtant la victime de cette défaillance majeure des structures de l’état qui devaient encadrer l’assainissement des milieux urbains.
L’assainissement reste un service public ; et ne peut pas se réduire à une simple apparence de propriété des villes en générale et de la ville de Kinshasa particulièrement. Il faut que l’état et ses services s’assument totalement, en confiant les responsabilités de la gestion de l’environnement aux experts du domaine, pas aux services qui n’ont aucune qualification ou une expertise dans ce domaine si complexe. Toute l’humanité nous observe, d’autant plus que nous prétendons être « une solution pour le monde ».
Alain Botoko
