Prison de Kasapa : Une situation alarmante
Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, ont co-animé un briefing presse spécial, ce mercredi 17 septembre 2025. Les échanges ont porté sur les priorités du secteur de la justice.
Dans son mot d’introduction, Guillaume Ngefa a assuré que sa politique consiste à être un ministre de la Justice proche de la population, en prônant une justice de proximité.
À la suite de sa nomination, il a effectué une tournée dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba afin d’évaluer l’administration judiciaire dans ces territoires. Cette visite lui a permis de constater les conditions d’incarcération, notamment à la prison de Kasapa.
« La réalité est alarmante. La prison de Kasapa, construite avant l’indépendance, héberge aujourd’hui plus de 2 600 détenus, dont près de 800 cas de tuberculose. La promiscuité dans les lieux de détention pose un sérieux problème. Il est urgent de mettre en place un programme de réinsertion après la détention », a-t-il déclaré.
Des défis à relever
Le ministre a relevé plusieurs défis majeurs, notamment la prévalence des maladies dans les prisons, la promiscuité entre adultes et mineurs, l’absence d’assurance maladie pour les personnels judiciaires, exposés aux risques, le déficit d’infrastructures et de magistrats, les mauvaises conditions carcérales.
Un point positif a toutefois été noté au Lualaba, où le gouverneur prend en charge les frais de fonctionnement de l’administration judiciaire afin de compenser les maigres salaires des magistrats.
Face à ce constat, Guillaume Ngefa estime que des réformes urgentes s’imposent : « Notre justice manque d’indépendance. Elle est gangrenée par la corruption et fragilisée par le manque de moyens. Tout cela empêche l’émergence d’une justice crédible et indépendante », a-t-il insisté.
Les priorités du ministère de la Justice
Lutter contre la corruption : Collaboration étroite avec le Conseil supérieur de la magistrature ; Sanctions contre tous les acteurs de la chaîne judiciaire (avocats, greffiers, secrétaires de parquet, huissiers) ; Assainissement du corps des avocats de la République, en privilégiant les cabinets respectueux de l’éthique et dotés de compétences spécialisées ; Lutte contre les pratiques mafieuses dans les contentieux impliquant l’État.
Renforcer l’État de droit : Élaboration, en partenariat avec le Conseil supérieur de la magistrature, d’une cartographie des besoins judiciaires ; Révision de la carte judiciaire, encore calquée sur l’ancienne configuration provinciale, afin de l’adapter aux 26 provinces actuelles.
Améliorer les conditions carcérales : Réformes structurelles pour lutter contre la corruption et l’impunité ; Sanctions contre les entreprises minières qui commettent des infractions environnementales en violation du code minier ; Création de « paquets financiers » pour soutenir la réinsertion et la réhabilitation des détenus.
Moderniser l’administration de la justice : Digitalisation du système judiciaire pour plus d’efficacité et de transparence.
À travers ces réformes, le ministre Guillaume Ngefa a réaffirmé son engagement à bâtir une justice indépendante, crédible et au service des citoyens.
Deo M.



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