Promotion et pérennisation du patrimoine Rumba: Pépé-Felly Manuaku et l’INA travaillent en synergie
Entre décembre 2025 et janvier 2026, l’agenda de Pépé Felly Manuaku a été centré sur la question Rumba.
Dans un briefing à la presse, le guitariste et formateur a parlé tour à tour de sa prestation au Musée national de la RDC (mi-décembre), du Conseil national de la Musique de la RDC, et du Master-class qu’il a animé, début février courant, à l’Institut national des Arts, INA.
« Cela était destiné plus précisément aux guitaristes. C’était très bien, super. Nous onavons partagé une expérience », a-t-il confié. .
Impératif de transmettre les codes de la Rumba à la jeune génération
La Rumba a une particularité, a dit l’orateur d’un air serein : la Rumba a ses codes, la Rumba a quelques points qu’on peut appeler des secrets. Ces points doivent être révélés à la jeunesse qui vient dans le métier, surtout celle qui intègre les institutions (universitaires ) pour apprendre la musique. Donc, c’est vraiment capital de cerner cette Rumba qui n’est basée que sur un socle que moi j’appelle : nos musiques traditionnelles.
Quand la maieutique enrichit le Master-class
« C’est moi qui étais le maître dans ce Master-class, toutefois, c’était un laboratoire de travail. On avait tous travaillé, chacun ayant apporté de la matière. J’ai juste cerné le potentiel que j’avais décelé dans nos vaillants étudiants universitaires de l’INA. Alors, on a travaillé ensemble, cela a permis à chacun de nous de pouvoir se découvrir. J’avais joué le rôle de miroir, en leur faisant revoir leur savoir enfoui en eux », a-t-il rapporté.
A ces mots, la presse a tôt fait d’établir un rapprochement avec la maieutique, cette méthode dialectique qui renvoie à l’antiquité grecque. En son temps, Socrate en usait pour amener ses interlocuteurs à découvrir les vérités qu’ils portaient en eux (sans le savoir).
Et l’orateur d’enchainer : cette démarche a permis aux membres du groupe de travail de découvrir leur savoir, de le cerner et de pouvoir continuer à travailler et trouver de bonnes lignes dans leur orientation musicale. Et cela ne s’est pas arrêté là. Le vœu des professeurs qui avaient assisté à ce Master-class était que nous puissions continuer. Et cela dans une dynamique d’ensemble, étudiants et membres du corps enseignant.
Quid de la Journée « Rumba » au Musée national
Le Musée national de la RDC a abrité une Journée dédiée à ce patrimoine.
L’orateur relate : mon séjour à Kinshasa en décembre 2025 était organisé par M. Jean-Pierre Eale Ikabe. C’était juste le fruit de la conférence que j’avais animée à Bruxelles sur la Rumba congolaise. Là, j’avais parlé sur les maîtres, les icônes qui ont posé le cliché de cette belle musique (acceptée au Patrimoine immatériel de l’UNESCO ).
Et c’est cela qui a motivé l’idée de développer à Kinshasa. J’étais parmi les conférenciers sur place à Kinshasa, samedi 13 décembre au Musée national.C’était avec le Prof Yoka Lye et M. Herman Mbonyo (NDLR: l’un et l’autre de la Commission nationale sur la question de la Rumba). La conférence placée sous la modération de la Directrice du Musée national, Marie Laure, a gravité autour de la Rumba inscrite au Patrimoine immatériel de l’UNESCO, quatre ans en arrière. Alors, il fallait circonscrire ce cadre et envisager de faire des projections. Le vœu étant de hisser plus haut ce Patrimoine et continuer à le développer, et transmettre déjà ce savoir à la jeunesse qui arrive dans le métier.
À part cette conférence, j’ai eu une production, toujours au Musée national. J’ai été honoré de la présence d’un de mes anciens collègues, Gina Wa Gina venu prester avec moi.
A la question : Après ce périple, quelle idée vous faites-vous de l’expertise congolaise : y a-t-il du boulot « sur la planche » ou simplement organiser les choses dans un collectif ?
L’orateur : Il y a les deux : un travail individuel et un travail collectif. Donc, on ne peut se dire travailler et évoluer en solo, cela n’aboutira pas à de bons résultats. Travailler aussi en collectif c’est bon, mais cela ne se soldera pas nécessairement à de bons résultats. D’où, l’impératif de combiner les deux. La musique évolue, il y a plusieurs facettes dans la Rumba, si je puis ainsi être précis. Là, je ne me permettrai pas de dire qu’il y a évolution ou déclin. Cela dépend de quelle facette on regarde, on observe. C’est là où on peut cerner des failles ou du progrès.
Q- Vous semblez trop appuyer sur la formation, si nous pouvons nous attarder sur le côté création. Quand vous portez un regard sur la création locale, êtes-vous satisfait qu’on soit en train de conquérir la scène internationale ou y a-t-il quelque regret ?
-:En tout cas, je n’ai aucun regret, parce que chaque époque, chaque période a ses réalités , et qui reflètent aussi certaines vérités qu’on peut palper dans la société. En fait, l’art ou bien les artistes ne sont que des miroirs de notre société. L’on peut évaluer notre société à travers notre art. C’est pourquoi la formation mérite une place de choix. Que sert-il de rappeler que la formation, c’est l’éducation, la base de tout ? Sans l’éducation, on ne peut rien ! A la base, il faut la formation donc l’éducation, le civisme et, après, l’on pourra passer à la création.
Quid du CONAMU
Il y a plusieurs structures : la Maison de la Musique et des Arts, MMA qui traite aussi des sujets artistiques. Cela est une association privée que j’ai créée avec mon épouse.
Il existe aussi le Conseil national de la musique de la RDC, CONAMU, dont je suis le président national. Notre représentation est au 93 de l’avenue de l’Université. Nous sommes à mi-parcours EZo et Kapela 2, à Limété/Mombele.
Le CONAMU est rattaché au Conseil international des musiques/UNESCO. C’est-à-dire, nous travaillons aussi avec l’UNESCO et avons des objectifs sur quatre piliers à savoir la formation ; la création, la production ;
la diffusion.
Le CONAMU a une vision et des objectifs : encourager la formation et la création des jeunes et enfants ; encadrer la production et c’est là, dans la production, qu’on va aussi trouver la société des droits d’auteurs; plaider pour ce qui doit revenir aux artistes. Dans la diffusion, là nous nous retrouvons tous, médias compris. C’est là où s’installe aussi le business. Là où l’on doit amasser les sous et redistribuer.
Lesdits piliers, c’est cela que moi j’appelle l »industrie musicale. Les quatre piliers sont tenus de travailler en synergie, autrement la machine est bloquée.
Payne
