Quand la science du bassin du Congo rayonne à la Royal Society de Londres

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21 chercheurs de la RDC sous la direction de Raphael M. Tshimanga, Génie Spirou K. Lutonadio, Papy Claude B. Bolaluembe, Michel Kibul Bisa, Gode B. Bola, Benjamin M. Kitambo et Nadia Kapinga Kayembe éclairent l’avenir climatique de la planète.

Quand la science du bassin du Congo rayonne à la Royal Society de Londres

Une nouvelle publication de la Royal Society met les tourbières tropicales africaines au cœur de la recherche scientifique internationale et consacre une importante contribution collective de chercheurs congolais. Comment se fait-il qu’en 2026, les tourbières d’un continent aussi vaste que l’Afrique demeurent encore largement méconnues de la communauté scientifique ? Deux facteurs expliquent en grande partie cette situation : le faible investissement dans la recherche scientifique en Afrique et les difficultés d’accès à ces écosystèmes marécageux, souvent éloignés, humides, vastes et particulièrement difficiles à explorer.

Une étape importante vient cependant d’être franchie. Le 20 août 2026, la Royal Society a publié le volume 381, numéro 1956, de sa prestigieuse revue scientifique Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, dans le cadre d’un numéro thématique consacré aux « African tropical peatlands: function, value and vulnerability » — en français : « Tourbières tropicales africaines : fonction, valeur et vulnérabilité ». (Royal Society Publishing). Les connaisseurs savent, plus besoin de présenter la Revue. On peut dire que le niveau est très professionnel.

Cette publication collective constitue une contribution à une meilleure compréhension des tourbières africaines, de leur fonctionnement écologique, de leur valeur environnementale et socio-économique, mais aussi de leur vulnérabilité face aux changements climatiques et aux transformations des usages des terres

De la découverte de 2017 avec la Thèse de Dargie à une nouvelle génération de recherches

L’intérêt scientifique international pour les tourbières du bassin du Congo a considérablement augmenté depuis la découverte, en 2017, de l’immense complexe de tourbières du bassin central du Congo. Cette découverte scientifique a profondément changé la perception scientifique de ces milieux. Elle a révélé l’existence d’un réservoir exceptionnel de carbone et a placé les tourbières du bassin du Congo parmi les écosystèmes les plus importants à considérer dans les discussions mondiales sur le climat, la biodiversité et la conservation.

Le nouveau numéro de Philosophical Transactions of the Royal Society B s’inscrit directement dans cette dynamique scientifique. Il fait suite à la première conférence consacrée aux tourbières tropicales africaines, organisée à la Royal Society de Londres en 2025, et rassemble des travaux portant sur la distribution des tourbières, leur biodiversité, leur fonctionnement hydrologique et biogéochimique, leur rôle dans le cycle du carbone, leur utilisation par les populations locales ainsi que leur vulnérabilité future. (Royal Society Publishing)

Parmi les avancées mises en évidence figurent notamment de nouvelles données sur les tourbières africaines, des travaux consacrés à la biodiversité des tourbières du bassin du Congo et des recherches sur les conséquences potentielles du changement climatique.

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Parmi les articles de ce numéro figure une contribution particulièrement importante de chercheurs congolais, consacrée aux tourbières du bassin du Congo comme systèmes dans lesquels les dimensions naturelles et humaines sont intimement liées.

Titre original en anglais “Congo basin peatlands as coupled human–natural systems: a multidisciplinary data framework for vulnerability and resilience assessment” Traduction française: « Les tourbières du bassin du Congo en tant que systèmes couplés homme-nature : un cadre de données multidisciplinaire pour l’évaluation de la vulnérabilité et de la résilience »

L’article est publié dans Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, volume 381, numéro 1956, 2026, et est disponible en libre accès. La publication officielle de la Royal Society confirme également l’ensemble de l’équipe d’auteurs. (Royal Society Publishing) Une équipe de 21 auteurs issus d’au moins 4 facultés : en principe, Monsieur le Recteur Kayembe devrait primer les équipes.

Cette étude est le fruit d’un travail collectif réunissant : le Prof. Raphael M. Tshimanga, le doctorant Génie Spirou K. Lutonadio, le Prof. Papy Claude B. Bolaluembe, le Prof. Michel Kibul Bisa, le Prof. Gode B. Bola, le Prof. Benjamin M. Kitambo, le Doctorant (UPN) Jean Jacques B. Bambuta, le doctorant Emmanuel Tsadok N. Mihaha, le Doctorant Landry N. Nkaba, la Professeure Nadia K. Kapinga, le doctorant Jean Felly K. Ngandu, l’aprrenant Anaclet N. Kombayi, l’expert Grégoire Baku, l’apprenant Manifeste K. Wala, le doctorant Augustin L. Likenge, l’apprenante Lisette M. Bonso, le doctorant M. Paulin Mayama Mungongo, le doctorant M. Chançard Nzontovuidi Lufiaulusu, le doctorant Giscard N. Bha, le doctorant Christian-Yan K. Madimba et le Prof. Eric K. Kazadi.

Cette longue liste d’auteurs témoigne de la nature profondément multidisciplinaire et collective de cette recherche Unikinoise.

Comprendre les tourbières comme des systèmes couplés homme-nature

L’un des intérêts fondamentaux de cette étude réside dans son approche.

Les tourbières du bassin du Congo ne sont pas envisagées comme de simples espaces naturels isolés. Elles sont étudiées comme des systèmes couplés homme-nature, dans lesquels les processus écologiques, hydrologiques et climatiques interagissent constamment avec les activités humaines, les moyens de subsistance, les institutions, les pratiques locales et les dynamiques sociales.

Cette approche est particulièrement pertinente dans le contexte congolais.

Les populations qui vivent dans ou à proximité de ces territoires entretiennent des relations multiples avec les tourbières. Elles en tirent des ressources et y développent diverses activités. La compréhension de la vulnérabilité des tourbières ne peut donc être séparée de la compréhension de la vulnérabilité et de la résilience des communautés qui en dépendent. C’est précisément cette articulation entre environnement, société, données scientifiques et résilience qui donne à cette contribution toute sa pertinence.

Une publication qui honore la recherche congolaise. La parution de cet article dans Philosophical Transactions of the Royal Society B constitue un événement important pour la recherche scientifique congolaise. Elle démontre que les chercheurs de la République démocratique du Congo peuvent produire et publier, au plus haut niveau international, des connaissances scientifiques sur des questions qui concernent directement le territoire national mais qui ont également une portée planétaire.

Les tourbières du bassin du Congo constituent en effet un patrimoine écologique exceptionnel de la RDC et de l’Afrique centrale. Leur rôle dans le stockage du carbone, la régulation hydrologique, la biodiversité et les moyens de subsistance confère à leur protection une importance qui dépasse largement le cadre national.

Une science produite depuis le Congo, pour le Congo et pour le monde

Cette publication porte également un message plus profond. L’Afrique ne doit pas être uniquement un territoire où viennent travailler des équipes scientifiques internationales. Les chercheurs africains doivent être au cœur de la production des connaissances sur les écosystèmes africains. La présente étude en constitue une belle illustration. Elle associe des compétences scientifiques congolaises autour d’une question d’importance mondiale et contribue à faire du bassin du Congo non seulement un objet d’étude, mais également un espace de production de connaissances scientifiques de portée internationale. C’est une évolution qu’il convient de saluer et d’encourager.

Et sur un autre chantier : la gouvernance électorale en RDC

Sur un autre chantier scientifique et intellectuel, rappelons également la publication, en 2026, chez Academia à Louvain-la-Neuve, d’un ouvrage réalisé par une autre équipe nationale :

Gouvernance électorale en RDC. Des normes du jeu aux jeux sur les normes

Cet ouvrage porte sur la gouvernance électorale en République démocratique du Congo, en s’intéressant aux normes qui encadrent le jeu électoral mais également aux pratiques, interprétations et stratégies des acteurs autour de ces normes.

Disponible au prix de 60 USD, l’ouvrage peut être obtenu auprès du Professeur Michel K. Bisa, au 081 37 45 540 ou à l’un des Bureau de l’OG

Deux publications, deux équipes, deux domaines de recherche différents — les sciences environnementales d’une part, la gouvernance électorale d’autre part — mais une même ambition : produire depuis la République démocratique du Congo des connaissances scientifiques capables d’éclairer les grands défis du pays, de l’Afrique et du monde.

La publication de l’article de Tshimanga, Lutonadio, Bolaluembe, Bisa, Bola, Kitambo, Bambuta, Mihaha, Nkaba, Kapinga, Ngandu, Kombayi, Baku, Wala, Likenge, Bonso, Mungongo, Lufiaulusu, Bha, Madimba et Kazadi dans une revue de la Royal Society est, à ce titre, une contribution dont la communauté scientifique congolaise peut légitimement être fière. La science congolaise avance. Il faut la lire, la faire connaître, la soutenir et lui donner les moyens de produire encore davantage de connaissances au service de la RDC, de l’Afrique et du monde.

 

Michel Bisa Kibul

Moluki pe Motangisi

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