RDC: Jules Alingete, l’homme fort de l’Inspection générale des finances, quitte la scène (Rfi)

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En République démocratique du Congo, changement majeur à la tête de l’Inspection générale des finances. Le président Félix Tshisekedi a mis fin aux fonctions de Jules Alingete, admis à la retraite. C’est une page qui se tourne pour cette institution devenue centrale dans le contrôle de l’action publique. Pour lui succéder, un homme du sérail : Christophe Bitasimwa Bahii, docteur en économie et ancien chef des brigades des provinces, nommé Inspecteur général des finances – Chef de service, selon une ordonnance lue mercredi 7 mai sur la RTNC. Il prend la tête d’un organe devenu stratégique depuis le début du mandat de Félix Tshisekedi.

Avec le départ de Jules Alingete, c’est une figure majeure de la vie publique congolaise qui s’en va. Âgé de 62 ans, il remplissait les conditions : en RDC, la retraite s’applique à 65 ans ou après 30 ans de service. Il en comptait 35.

Mais au-delà du cadre administratif, c’est la portée politique de son départ qui suscite des interrogations. En cinq ans, Jules Alingete s’est imposé comme une figure de premier plan du pouvoir en place.

Une communication offensive

Son passage à l’Inspection générale des finances (IGF) a été marqué par un ton direct et une communication offensive. Il n’hésitait pas à désigner certains gestionnaires comme des « prédateurs »ou des « criminels financiers en cravate ».

Des mots assumés, face à ceux qui l’accusaient d’agir pour sa carrière personnelle. Sa réponse : « J’ai du dégoût pour la classe politique congolaise », affirmait-il.

Longtemps perçu comme l’un des visages de la lutte contre la corruption, il a aussi été accusé de partialité et de servir de relais à des règlements de comptes politiques. Des critiques parfois venues de l’intérieur même de la majorité présidentielle.

Lutte contre la corruption

Il reconnaissait une approche ciblée, expliquant : « Je suis uniquement contre ceux qui s’acharnent sur le trésor public ». En octobre 2024, il a lui-même été visé par une enquête de la Cour des comptes.

Face aux critiques, il mettait en avant ses résultats. Dans un récent entretien avec RFI, il rappelait que l’IGF avait bloqué 1,5 milliard de dollars de dépenses irrégulières en 2023. Et selon ses chiffres, la trésorerie des établissements publics est passée de 180 millions de dollars fin 2021 à plus de 2 milliards fin 2024.

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