La présentation du rapport économique d’octobre 2026 a été au cœur d’une journée d’échanges organisée jeudi 29 octobre à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa, à l’initiative de la Banque mondiale, en collaboration avec les autorités congolaises et les acteurs du secteur privé. Cette rencontre a constitué un cadre de dialogue et de réflexion autour des performances économiques de la RDC, des défis qui freinent le développement des entreprises et des pistes de solutions pour favoriser la création d’emplois. Le rapport met notamment en évidence un paradoxe : « malgré une croissance estimée à 5,4 % en 2026, ses retombées sur l’emploi et la réduction de la pauvreté restent limitées ».
Après avoir atteint 9,3 % en 2022, la croissance économique congolaise est passée à 5,7 % en 2025. Selon les projections de la Banque mondiale, elle devrait s’établir autour de 5,4 % en 2026.

Le document souligne les difficultés auxquelles sont confrontées les petites et moyennes entreprises, notamment le manque de financement, les lourdeurs administratives, la pression fiscale ainsi que l’insuffisance des infrastructures et de l’électricité.
Prenant la parole à cette occasion, le Directeur des opérations de la Banque mondiale, Albert Zeufack, a insisté sur la nécessité de favoriser l’expansion des entreprises afin de stimuler la création d’emplois. Le secteur minier, qui représente 36,6 % du produit intérieur brut (PIB), ne contribue en effet qu’à hauteur de 2,5 % à l’emploi.
De son côté, le gouvernement a mis en avant plusieurs pistes d’action, notamment le renforcement des capacités des entrepreneurs, l’accès au crédit et l’ouverture des marchés aux entreprises locales. L’amélioration du climat des affaires demeure également une priorité.
Les représentants du secteur privé ont, pour leur part, soulevé les difficultés liées à la multiplicité des taxes, à l’instabilité des règles et aux contraintes administratives qui pèsent sur les activités économiques.
Au-delà de la présentation des données économiques, cette journée a permis de favoriser les échanges entre les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers et les opérateurs économiques. Une initiative qui contribue à nourrir le dialogue sur les réformes nécessaires pour faire de la croissance économique un véritable levier de développement et de création d’emplois en République démocratique du Congo.
Becky Kabongo
