Réplique sanglante d’Henry Mutombo à Joseph Kabila : « Le peuple congolais n’attend plus ni conseil ni orientation de ceux qui ont dirigé la RDC pendant 18 ans avec un cortège de malheur sans précédent »

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Nous avons lu votre message du 11 juin 2026. Vous avez raison sur un point : le Congo est Un et Indivisible. Ce principe ne se discute pas. C’est le socle de notre pacte républicain, de la Constitution du 18 février 2006, même celles qui l’ont précédé.

Sur la mémoire et la crédibilité de la parole

Vous dites vous-même : “Je n’ai pas toujours été entendu, moins encore compris”. Vous avez raison. 18 ans de pouvoir laissent des traces indélébiles surtout quand on a bouleversé dans le mal la vie d’un peuple. La parole publique se pèse au poids des actes.

Gouvernance : Des rapports de la Cour des comptes, de l’IGF, de la Banque mondiale ont documenté l’effondrement des services de base et devenue la paupérisation des congolais. En 2018, 63% des Congolais vivaient sous le seuil de pauvreté. Le peuple attendait des hôpitaux, des écoles, des routes. Il a eu la débrouille, réduit à une simple expression.

Droits et libertés : Les rapports de la MONUSCO, du BCNUDH et de Human Rights Watch entre 2001 et 2018 ont documenté des violations massives : Répression sanglante des marches pacifiques, notamment celles de de janvier 2015, 19 septembre 2016 et février-mars 2018, arrestations d’opposants et assassinats de journalistes et de militants des mouvements citoyens. Les gaz lacrymogènes tirés à l’intérieur d’églises catholiques lors des marches du CLC en 2017-2018 ont marqué les esprits et ont été dénoncés par la CENCO et la communauté internationale.

Justice: L’assassinat de Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana en juin 2010 reste un symbole ineffaçable. L’enquête judiciaire a abouti à des condamnations, mais de nombreuses zones d’ombre demeurent et la famille réclame toujours la vérité complète. Tant que la vérité n’est pas entièrement faite, la blessure reste ouverte.

Armée : Les processus de “brassage et mixage” de 2003-2009, incluant l’intégration d’éléments issus de rébellions soutenues de l’extérieur, le Rwanda et l’Ouganda, ont été dénoncés comme ayant affaibli la chaîne de commandement et transformé l’armée en un ensemble hétérogène. Résultat :

Une armée nationale mise en difficulté, devenue un terrain d’opérations transactionnelles au lieu d’être un bloc républicain. Un peuple sans armée forte devient un peuple désorganisé et faible.

Quand une voix rappelle ces souvenirs sans acte de contrition, elle heurte. Comme une prière sans repentance heurte la conscience, et peut énerver Dieu le créateur. Votre prise de parole réveille des douleurs non pansées. Le peuple congolais ne l’a pas oublié.

Sur la Constitution

Vous l’avez dit vous-même, publiquement : “C’est ma constitution”. Voilà l’aveu. Une constitution ne peut pas être “la constitution d’un homme”. Article 5 : la souveraineté appartient au peuple.

On ne garde pas un outil forgé pour servir un régime et son clan. On ne garde pas un texte dont l’auteur revendique la paternité personnelle comme on garderait une arme personnelle. Le peuple ne conserve pas les chaînes qu’on lui a imposées. Il les brise ou il les réécrit.

Si changement il doit y avoir, ce sera par le peuple, dans les formes strictes des articles 218-219 : dans un débat national, avec transparence totale, appelant au référendum. Pas par peur, pas par calcul politique politicienne, pas par nostalgie d’un pouvoir sans limite. La Constitution de 2006 est imparfaite, elle a permis l’alternance de 2019. Vous l’avez vous-même violé en reprenant les armes pour revenir au pouvoir, alors qu’elle l’interdit. Le peuple ne vous fera pas confiance pour réparer ce que vous dites être “votre” construction.

Sur l’unité du pays, vous appelez à défendre un Congo “Un et Indivisible”. Nous souscrivons. Mais l’unité se défend d’abord par la justice et la vérité. Elle se défend en répondant aux questions que le peuple pose sur l’Est:

Quelle est votre responsabilité que vous ne pouvez jamais consciemment effacer ? sur la gestion du pays, sur la responsabilité de chacun dans l’histoire. Vous portez un habit d’opprobre pour avoir banalisé notre mère patrie par votre complicité volontaire avec le Rwanda. L’unité ne se décrète pas. Elle se reconstruit dans les faits.

Conclusion

Ndeko << Joseph Kabila>> le peuple congolais a grandi. Il écoute, il juge, il décide. Il n’attend plus ni conseil ni orientation de ceux qui ont dirigé la RDC pendant 18 ans avec un cortège de malheur sans précédent. Il sait ce qui est bon pour lui. Votre message ne fait ni loi ni foi. Seule la volonté du peuple, exprimée dans les urnes et dans la rue pacifiquement, fait loi.

Ce que le Congolais attend aujourd’hui, ce n’est pas un autre discours. C’est la justice, le pain, la paix à l’Est, et le respect de sa dignité. C’est cela qui donnera de la valeur à toute parole politique.

Le Congo appartient exclusivement aux Congolais. Il n’appartient ni à un homme, ni à un clan. Il est Un et il restera Un et Indivisible.

Henry MUTOMBO MIKENYI

Écrivain et Chercheur en Fiscalité

Acteur politique.

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