REVUE DE PRESSE DU 23 Mai 2025
L’information politique, en ce début de weekend, reste dominée par la levée des immunités du Sénateur à vie Joseph Kabila Kabange, ce qui va permettre à la justice militaire de le poursuivre. Comme cela a été le cas pour Matata Ponyo, l’on risque d’assister à un autre jugement rendu par défaut, parce que le président de la République honoraire ne se présentera pas. Une certaine opinion ne trouve pas cette attitude de Kinshasa cohérente qui, pendant qu’il discute avec le M23 dans le processus de Doha et de Washington, est en train de poursuivre le principal acteur de la passation civilisée de pouvoir. Toujours sur le plan politique, on annonce l’arrestation de l’ex-ministre des Mines, Martin Kabwelulu, proche de Kabila et d’un autre chargé de la logistique. Ils seraient entendus au Conseil National de Sécurité. Sur le plan économique, la visite du VPM Daniel Mukoko Samba à la filière aquacole de Fish Tech Maroc est exploitée abondamment par la presse, qui n’hésite pas de jeter des fleurs à la Première ministre, la discrète architecte du redressement économique congolais.
INFORMATIONS POLITIQUES
Commençons avec LE QUOTIDIEN qui titre : « Joseph Kabila livré à la justice ». Ce jeudi 22 mai, jusqu’aux premières heures de la nuit, les élus des élus ont autorisé des poursuites judiciaires à l’encontre de Joseph Kabila Kabange. Sur 84 présents dans la salle, 80 ont voté pour, 4 contre. Ainsi s’ouvre une nouvelle page pour celui qui fut aux rennes du pays pendant 18 ans.
Sur le même sujet, ECONEWS note que si le Sénat a agi rapidement, la légalité de cette décision divise les experts. Certains juristes estiment que la chambre haute a outrepassé ses attributions, arguant que les textes congolais ne lui accordent pas explicitement ce pouvoir. D’autres en revanche justifient la décision par le statut particulier de Kabila en tant que sénateur à vie, soumis à un régime juridique distinct.
AFRICANEWS pour sa part mentionne que dans sa résolution, la chambre haute rappelle que son rôle ne consiste pas à juger du fond du dossier, mais à examiner si les faits reprochés ont un lien avec les fonctions parlementaires. En vertu du principe de séparation des pouvoirs, articles 149 et 151 de la Constitution, le Sénat ne saurait interférer dans l’action de la justice.
Pour Infos27, derrière ce coup de tonnerre institutionnel se dessine une rupture politique totale entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur, désormais présenté comme l’allié objectif des agresseurs de la nation. La Rdc entre ainsi dans une séquence inédite de son histoire institutionnelle, où la justice, appelée à se prononcer avec indépendance et rigueur, se trouve investie d’un rôle déterminant dans la consolidation de l’Etat de droit. En instruisant un dossier aussi sensible que celui visant un ancien chef de l’Etat, accusé de trahison et de collusion avec une puissance étrangère, l’institution judiciaire affirme sa vocation à être un pilier de la démocratie congolaise, capable de faire prévaloir la vérité, au-delà des statuts et des héritages politiques.
LA PROSPERITE rappelle qu’avant cet épisode, le leader du Front Commun pour le Congo (FCC) avait été cité, il y a près de deux ans par Eric Nkuba, un proche de Corneille Nangaa, arrêté et présenté à Kinshasa par les services militaires comme l’un des sponsors de la rébellion armée qui menace la paix et la sécurité dans l’Est de la Rdc. C’est pour autant dire qu’après l’autorisation des poursuites judiciaires accordée par la Chambre haute du parlement, Joseph Kabila qui se trouve à l’étranger n’aura pas la tâche facile pour sa survie politique.
Sur un autre chapitre, AFRICANEWS écrit : « Cour constitutionnelle : une toute-puissance qui inquiète ». Ce trihebdomadaire note que l’ère Kamuleta amorcée en 2022, est perçue par plusieurs analystes comme la période la plus trouble dans l’histoire de la Cour, marquée par des décisions audacieuses, parfois en contradiction avec la jurisprudence établie. De plus en plus de voix s’interrogent sur une forme de suprématie non écrite que la Cour constitutionnelle exercerait désormais sur les deux autres juridictions suprêmes du pays : la Cour de cassation et le Conseil d’Etat.
« Paul Gaspard Ngondankoy : Le juge ne peut pas se substituer au législateur pour pouvoir s’attribuer des compétences qu’il n’a pas », souligne ECONEWS qui pense que face à ce qu’il perçoit comme une menace pour l’équilibre institutionnel, le député a lancé un appel solennel au président de l’Assemblée nationale, pour lui dire que sans discuter de l’arrêt, ni s’opposer à son exécution, il lui demande de porter le débat au plus haut niveau, lors d’une réunion interinstitutionnelle présidée par le chef de l’Etat. Une demande qui résonne comme un avertissement : si rien n’est fait, la Cour constitutionnelle pourrait, selon le député national, continuer à empiéter sur les prérogatives du Parlement, au risque d’affaiblir la démocratie congolaise.
De son côté, INFOS27 cite « le Dr Makenko Luangu qui démonte les propos du député Ngondankoy sur la Cour constitutionnelle ». Il rappelle que l’interprétation évolutive de la Constitution est une pratique légitime et nécessaire dans les démocraties contemporaines – et plus encore dans les Etats en construction comme la Rdc. Une mise au point salutaire, à l’heure où la rigueur intellectuelle et le respect des institutions devraient l’emporter sur les jugements hâtifs.
INFORMATIONS ECONOMIQUES
« Industrie : Louis Watum impulse une nouvelle dynamique technologique avec le projet Okapi », titre LA PROSPERITE, qui explique que le projet s’articule autour de quatre axes majeurs : l’impression 3D, l’énergie solaire, le stockage d’énergie et l’électronique. Il prévoit notamment l’installation d’imprimantes 3D dans 40 universités du pays dans le cadre du programme étudiant-entrepreneur, visant à renforcer les compétences techniques des jeunes, stimuler l’innovation locale et encourager la création d’entreprises dans le secteur des technologies.
« Judith Suminwa Tuluka, la discrète architecte du redressement économique congolais », écrit ECONEWS. Alors que la Rdc affiche une croissance robuste de 6,5% en 2024 et une inflation maîtrisée sous les 10%, le dernier rapport du FMI vient confirmer le redressement économique orchestré par cette technocrate hors pair. Taux de change stabilisé, réserves de change en hausse, pouvoir d’achat préservé…Derrière ces indicateurs au vert se dessine le portrait d’une cheffe du Gouvernement qui préfèrent les résultats aux déclarations tapageuse. Un an après sa nomination, son bilan socio-économique commence à convaincre, même si des défis persistent. La Rdc a-t-elle enfin trouvé la formule pour concilier stabilité économique et progrès social ?
Le même tabloïde écrit : « En visite à Fish Tech Maroc, Daniel Mukoko Samba découvre les secrets d’une aquaculture performante ». Face à la dépendance aux importations et à la nécessité de diversifier l’économie, Mukoko Samba a souligné l’urgence de développer une filière locale, depuis la production d’alevins jusqu’à la fabrication d’aliments de qualité. Un défi de taille, mais un pas de plus vers l’autosuffisance alimentaire ?
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