Sahara : Vers l’enterrement définitif du mythe séparatiste [INTÉGRAL]

0
Screenshot_20250417-100654

Alors que le plan d’autonomie s’impose comme unique option au Conseil de Sécurité, le conflit du Sahara s’achemine vers son dénouement ? Décryptage.

A l’abri des radars médiatiques, les membres du Conseil de Sécurité se sont réunis, lundi, à huis clos pour prendre acte des derniers développements du conflit du Sahara qui s’approche plus que jamais de son dénouement.

Cette réunion a été l’occasion de mettre fin à des mythes qui ont longtemps duré et de tirer les conclusions de la dynamique de soutien international en faveur du Maroc.

Dans son briefing, l’Envoyé personnel du Secrétaire Général des Nations Unies, Staffan de Mistura, a dû se rendre à l’évidence en appelant à tirer profit de la dynamique actuelle pour une résolution rapide du conflit.

Qui dit dynamique dit soutien incontestable de plus de 110 pays, dont la France et des Etats-Unis, au plan d’autonomie sous souveraineté marocaine.

Maintenant, le tableau n’a jamais été si limpide après que la France et les Etats Unis ont renouvelé sans équivoque leur soutien à la marocanité du Sahara. Deux éléments qui, selon De Mistura, « pourraient avoir des implications importantes pour les efforts de désescalade des tensions dans la région et faciliter une conclusion mutuellement acceptable”.

De Mistura se rend à l’évidence

Cela dit, Staffan de Mistura n’a eu d’autre choix que de reconnaître l’autonomie comme unique base de négociation d’une future solution. « “L’Initiative d’autonomie marocaine doit être expliquée en détails, et un sens clair doit être donné aux prérogatives qui seraient dévolues à un Sahara occidental réellement autonome », a-t-il déclaré dans son discours, dévoilé par l’AFP.

Aux yeux de l’émissaire onusien, les trois prochains mois seront décisifs pour parvenir à une véritable désescalade.

Selon les termes qu’il a employés, ce sera “une opportunité pour confirmer comment ce nouvel élan basé sur un engagement actif renouvelé de certains membres du Conseil, y compris de membres permanents, peut entraîner une désescalade régionale ».

L’optimisme d’Omar Hilale

Par ailleurs, le soutien sans équivoque de l’Administration Trump à la souveraineté marocaine a rebattu les cartes de l’émissaire onusien. Par la voix de la Sous-Secrétaire d’Etat aux Affaires politiques, Lisa Kenna, Washington lui a fait savoir sans ambages que l’autonomie est la seule option envisageable. Maintenant, reste à lui en donner corps, comme il l’a appelé de ses voeux.

Du côté marocain, l’optimisme règne. En témoignent les propos de l’ambassadeur du Royaume aux Nations Unies, Omar Hilale, qui a fait tirer des conclusions positives de la réunion du 14 avril. Pour lui, on commence à entrevoir le bout du tunnel. “Le 50ème anniversaire de la Marche verte sera l’heureuse année où ce problème sera réglé définitivement avec nos voisins algériens”, a-t-il déclaré au micro de Medi1.

“Nous sommes dans une dynamique que les Etats-Unis vont renforcer afin de mettre fin à un conflit bilatéral à la dimension régionale qui aura duré un demi-siècle”, a-t-il poursuivi.

Cela dit, la réaffirmation de la reconnaissance américaine a un impact énorme sur la trajectoire du conflit aux Nations Unies. Le fait que la marocanité du Sahara soit soutenue aussi clairement par deux membres du Conseil de Sécurité et par l’ancienne puissance coloniale qu’est l’Espagne va donner une “impulsion particulière” au processus politique.

Les mythes tombent

De l’autre côté du mur, le Polisario et son parrain algérien encaissent les coups durs les uns après les autres. Le front se voit obligé de consentir au pire scénario qu’il puisse imaginer : négocier une solution dont il a toujours eu horreur d’envisager. Va-t-il se résigner à la fatalité maintenant que les planètes s’alignent pour le Royaume ? Pour le front, négocier le plan d’autonomie revient à signer son acte de décès. “Cela revient à proclamer l’enterrement officiel du projet séparatiste qui a été la raison d’être du Polisario”, explique Mohammed Badine El Yattioui, Professeur d’Études Stratégiques au Collège de Défense (NDC) des Emirats Arabes Unis à Abou Dhabi.

“Le Polisario risque, dans ce cas, de se transformer en un simple mouvement politique insignifiant qui ne représente que lui-même”, poursuit notre interlocuteur.

En réalité, la caste de Tindouf peine à reconnaître ses torts dans cette histoire, quitte à s’attirer les foudres des populations auxquelles elle a vendu la chimère du référendum depuis des décennies. Après avoir bercé les populations des camps d’illusions, les dirigeants du Polisario, qui se sont engraissés de la rente de l’aide humanitaire, sont dans l’impasse. Ils devront convaincre les populations que le mythe de l’indépendance est fini.

Le Polisario perd le pari militaire !

Le front séparatiste, qui ne peut plus compter sur le soutien de l’Algérie, elle-même au pied du mur, n’a plus aucune carte à jouer, y compris la prétendue lutte armée qui s’est révélée un échec. Le Patron de la MINURSO, Alexander Ivanko, a fait savoir au Conseil de Sécurité dans son rapport que le front a échoué à modifier le statu quo militaire au mur des sables après son retrait du cessez-le feu en 2020. Le responsable russe a reconnu que les milices du front ne sont pas parvenus à causer des dommages significatifs aux Forces Armées Royales. Cela dit, même l’escalade militaire n’a servi à rien.

L’image du Polisario s’est d’autant plus écorchée aux yeux de la communauté internationale que le chef de la MINURSO a reproché au front ses entraves au travail des

Casques bleus qu’il continue d’empêcher de circuler librement dans la zone tampon alors que les FAR, selon lui, font tout pour faciliter les patrouilles du côté marocain.

En gros, La réunion d’avril n’est qu’une étape préparatoire du verdict du 31 octobre 2025. La prochaine Résolution du Conseil de Sécurité devrait, en principe, traduire tous les développements susmentionnés. Reste maintenant à savoir la texture de la prochaine du texte dont les Américaines sont les porte-plumes. “Tout cela aura un impact sur la tournure des votes qui auront lieu pendant la prochaine réunion du Conseil”, conclut M. El Yattioui.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *