Saint Jean-Marie Vianney : le « mauvais élève » devenu patron de tous les curés de l’univers

Ce mardi 4 août 2026, l’Église catholique fait mémoire de saint Jean-Marie Vianney, curé pendant près de 40 ans dans le petit village d’Ars, au nord de Lyon. Canonisé en 1925 par le pape Pie XI, il est le patron des prêtres en France et le patron de tous les curés de l’univers.
Le saint Curé d’Ars est mort en 1859, à l’âge de 73 ans. Il a surmonté de nombreux obstacles au cours de sa vie, notamment de multiples humiliations durant ses études. Mais à force de persévérance, de piété et d’humilité, le jeune homme a pu finalement être ordonné prêtre à l’âge de 29 ans. Tout au long de son ministère, il s’est laissé conduire par la Providence en menant une vie ascétique, tournée vers la prière et l’adoration eucharistique. Il a donné un grand nombre de prédications célèbres, s’est dévoué envers les pauvres et les orphelins, a confessé jusqu’à 17 heures par jour. En quelques décennies, sa terre de mission est devenue un haut lieu de pèlerinage international.
Une persévérance mise à l’épreuve
Issu d’un milieu paysan, Jean-Marie Vianney a appris à lire et à écrire à l’âge de 17 ans. À 20 ans, il a demandé à l’abbé Charles Balley, curé de la paroisse d’Écully, de le former pour le préparer au séminaire. Mais sa mémoire lui faisait défaut : il avait beaucoup de mal à assimiler la grammaire en latin, langue alors très utilisée pour les cours de philosophie et de théologie.
Au presbytère d’Écully, le jeune homme s’est retrouvé à étudier la grammaire aux côtés de jeunes de 12 à 13 ans. Un jour, agacé par sa lenteur, un garçon s’est emporté et lui a donné une gifle devant la classe en le traitant d’« espèce d’âne ». Au lieu de se fâcher ou de répliquer, Jean-Marie s’est mis à genoux et lui a dit : « Pardonnez-moi, mon ami, vous avez bien raison, je ne suis qu’un ignorant. »
On raconte qu’un soir, terrassé par le découragement, il a été pris d’un geste de désespoir en jetant son dictionnaire de latin au feu. Pris de remords, il a plongé ses mains dans les braises pour sauver le livre. L’abbé Balley, entrant dans la pièce, a trouvé son élève en larmes, tenant le dictionnaire à moitié calciné et demandant pardon pour son manque de patience.
Autre fait marquant : au printemps 1806, Jean-Marie Vianney était à deux doigts d’abandonner ses études. Il a alors décidé de s’en remettre à la divine Providence et a entrepris un pèlerinage jusqu’au tombeau de saint François-Régis à Lalouvesc, en Ardèche. Il a parcouru ainsi une centaine de kilomètres à pied, en mendiant son pain. De retour à Écully, il a constaté avoir reçu une grande grâce de persévérance, même s’il n’est jamais devenu un grand latiniste !
« La Sainte Vierge le fera descendre dans mon cœur »
À cette même époque, le jeune homme a pu développer une méthode pour mieux étudier. Ne parvenant pas à retenir sa grammaire assis à sa table, il plaçait son livre de latin au pied d’une statue de la Vierge, et apprenait ses déclinaisons à genoux sur le sol de pierre. Il répétait souvent à ce propos : « Ce qui n’entre pas dans ma tête, la Sainte Vierge le fera descendre dans mon cœur. »
Plus tard, en entrant au Grand séminaire de Lyon en 1813, Jean-Marie Vianney a rencontré de nouveaux obstacles dans ses études. Le jugeant intellectuellement trop faible après un examen catastrophique, le séminaire a décidé de le renvoyer. Une période douloureuse pour lui, d’autant plus que les autres séminaristes l’avaient surnommé « la statue de pierre » ou « la souche », car il restait totalement immobile, le regard vide, lors des cours dispensés en latin.
Mais le fidèle abbé Balley, croyant toujours fermement à sa vocation sacerdotale, l’a repris chez lui pour lui donner des cours particuliers. Il a également usé de son influence auprès de l’archevêché pour obtenir l’examen dérogatoire en français, ce qui l’a sauvé et l’a révélé auprès de ses supérieurs : saint Jean Marie-Vianney était en fait très vif à l’oral et doté d’une excellente répartie !
