Shabunda/Sud-Kivu : La pénurie de médicaments augmente des cas de troubles mentaux
Le centre psychiatrique Sozam de Shabunda tire la sonnette d’alarme face à la pénurie de médicaments et l’augmentation des cas de troubles mentaux. Un problème humanitaire majeur menace désormais tout le territoire.
Les rayons vides de la pharmacie du centre Sozam symbolisent le désarroi des soignants à Shabunda. Depuis plusieurs mois, les médicaments essentiels en psychiatrie ne parviennent plus depuis Bukavu, bloqués par la guerre et l’état déplorable des routes. « Nous faisons face à des crises aiguës sans rien pour soulager les malades », regrette Luc Sébastien Mupenda.
Les conséquences sont graves : des patients en crise sont parfois enchaînés à domicile, faute de soins adaptés. Les familles, dépassées, vivent dans la honte et la peur. « Mon frère a perdu la tête après la mort de nos parents. Nous ne savons plus quoi faire », confie avec tristesse une habitante du village Lulingu.
Le manque de médicaments ne concerne pas seulement les troubles mentaux, mais l’ensemble du système sanitaire local. Selon un rapport d’un acteur de santé publique, « Shabunda est devenu une zone de non-assistance médicale, où la souffrance psychologique explose dans l’indifférence ».
Les autorités provinciales reconnaissent le problème mais invoquent des contraintes logistiques et sécuritaires. « Nous travaillons avec nos partenaires pour rétablir la chaîne d’approvisionnement », a indiqué un responsable de la division provinciale de la santé à Bukavu.
Pendant ce temps, les ONG locales appellent à une intervention d’urgence. Pour elles, sans accès aux médicaments, la détresse psychologique à Shabunda risque de devenir une catastrophe silencieuse et durable.
