Signature de la déclaration de principes: Shabani et Muyaya rassurants, mais il faut rester éveillé
Devant la presse, Jacquemain Shabani, Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières s’est dit confiant et affirme qu’on est proche de la paix. A l’en croire, ce processus est sincère et va aboutir à la solution tant recherchée. « Nous sommes pleinement engagés dans un processus qui va se terminer dans un délai connu. Il y a énormément d’espoir qui nécessite que nous restions engagés », explique-t-il au cours d’une rencontre avec les hommes des médias.
En effet, attendus à 17h30’ pour un Spécial Briefing Presse au Studio Maman Angebi de la RTNC, c’est autour de 23h00’ que les deux membres du Gouvernement Suminwa ont fait leur entrée. Il s’agit du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, ainsi que le ministre de la Communication et Médias, et Porte-Parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe. Tout ceci est la conséquence de la délicatesse du sujet à l’ordre du jour, qui a exigé une mise au point de la plus haute autorité du pays. « Déclaration de principes de Doha : enjeux, grandes lignes et perspectives pour la paix durable dans l’Est de la RDC », c’est le thème qui a été développé lors de ce rendez-vous de redevabilité qui a commencé le 21 pour se terminer le 22 juillet 2025.
Dans son mot introductif, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango est revenu sur les sept points du document des principes de paix.
Sur les principes généraux et le cessez-le-feu, il a insisté sur le fait que les discussions de Doha ne sont pas un acte isolé. Il a rappelé la rencontre au mois de mars de deux Présidents Tshisekedi et Kagame. Il s’en est suivi au mois d’avril, la signature d’un communiqué entre les représentants du gouvernement congolais et ceux de la coalition M23. Et depuis lors, un mécanisme de suivi et de vérification a été mis en place pour dénoncer tous les non- respects de cette déclaration.
« Aujourd’hui avec la déclaration de principes, la médiation a ramené les parties à réaffirmer leur engagement du mois d’avril. Et dans les jours qui viennent », explique-t-il, « il y aura la signature d’un accord de paix qui sera constituée de plus de mesures et de mesures d’accompagnement des engagements en termes d’actes comme la restauration de l’autorité de l’État ».
Parallèlement, le ministre de l’Intérieur a expliqué qu’en troisième lieu, « ce sont les mesures de confiance. Ici, la médiation a estimé que ce point soit considéré comme un principe qui va encadrer l’accord de paix qui sera très prochainement signé. Il est question de poser des actes qui démontrent la confiance de deux parties. Il pourra s’agir par exemple de la libération de prisonniers de part et d’autre. Le retrait de forces belligérantes sur certains territoires occupés ».
En ce qui concerne notamment la restauration de l’autorité gouvernementale, elle se fait, selon lui, à travers la mise en œuvre des attributs du pouvoir public dans les entités. Le ministère de l’Intérieur s’y applique et il faudra redéployer des responsables de l’administration de l’État. « C’est un processus qui exige la mise en place de mécanismes à mettre en place qui seront détaillés dans l’accord de paix ».
Pour ce qui est du retour de réfugiés et déplacés, il a été convenu de se référer au droit international humanitaire. « Avec le concours du HCR, toutes les questions seront examinées. D’ailleurs, cette semaine, à Addis-Abeba (Ethiopie), il va se tenir une réunion tripartite HCR-RDC-Rwanda pour traiter et actualiser la problématique de questions de réfugiés qui se trouvent de part et d’autre de la frontière ».
Quant au rôle de la Monusco et mécanismes régionaux, il s’agit ici de la protection de civils dans une zone de conflit. Il y a nécessité de voir la Monusco être pleinement impliquée dans la gestion de la protection de civils pendant cette période post conflit.
Les médias s’impliquent
Le ministre Muyaya a, par ailleurs informé, de la tenue en matinée d’une réunion avec les responsables de médias qui ont pris l’engagement de contribuer aux efforts de la construction de la paix. Il y a de postures et discours à tenir et à ne pas tenir en cette période sensible. D’où le rôle de médias. Le porte-parole a insisté sur le fait de ne pas faire de l’amalgame, tous ces processus de paix.
D’abord, il y a eu la déclaration du 18 mars entre le Président Félix Tshisekedi et Kagame autour de l’émir du Qatar. Ensuite, la déclaration du 23 avril qui est la conséquence de discussions entre les représentants du gouvernement et ceux du M23. Aussi, la déclaration de Washington qui est un processus bilatéral entre la RDC- Rwanda et les USA.
« Nous devons faire attention et se rassurer d’avoir lu chacune de ces déclarations pour déceler la complémentarité qui existe entre ces textes. A cela sont associés la résolution 2773, la charte de l’Union Africaine, la charte des Nations Unies, le communiqué conjoint de la réunion SADC du 08 février et surtout notre constitution », a indiqué le porte-parole du gouvernement.
Me Jacquemain Shabani souligne que la particularité de chaque accord est ce qu’il apporte dans ce processus de paix. Ainsi, l’une des avancées est qu’aujourd’hui on est arrivé à identifier les acteurs majeurs du conflit. C’est la particularité de l’accord de Washington qui cristallise et identifie le Rwanda comme l’acteur majeur au conflit. Il l’engage à prendre ses responsabilités pour une paix durable. À Doha, il est question des acteurs sur terrain, les identifiants Congolais qui eux aussi doivent prendre leur responsabilité pour une paix durable et circonscrire dans le document. Chaque document et accord concourt à la réalisation de la paix.
« La paix, on va la construire et ce processus va prendre un certain temps. Ça ne sera pas du tic au tac », a insisté le VPM pour répondre à la question à quand la paix palpable dans les zones de conflit.
Cinq points importants à retenir
« Cinq points importants à retenir de tous ces accords de paix », a expliqué le ministre Muyaya qui invite les professionnels de médias à bien lire et comprendre tous ces textes mais pas d’une manière isolée : La déclaration de Doha du 18 mars entre le Président Kagame, l’Emir du Qatar et le Président Tshisekedi ; Le communiqué de représentants du gouvernement et ceux de l’AFC M23 du 23 avril ; La déclaration de principes de Washington du 25 avril ; L’accord de Washington du 27 juin.
Il a aussi cité la déclaration de principes du 19 juillet. « En principe, on attend l’accord de Doha consécutif à cette déclaration de ce soir et l’accord d’un cadre économique régional prévu entre le gouvernement de la RDC et du Rwanda, sous les auspices du gouvernement américain », a-t-il prévenu.
JMNK
