S’il est retrouvé: Matata doit être contraint à purger sa peine
La sortie médiatique ratée de Franklin Tshiamala, Secrétaire général du parti politique LGD, a mis la puce à l’oreille de tous ceux qui se posaient mille et une questions sur la disparition soudaine d’Augustin Matata Ponyo, Premier ministre honoraire et président de ce parti politique. Disparu depuis sa condamnation à 10 ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics et de la confiscation de tous ses biens, au prorata de la somme détournée, soit un peu plus de 240 millions de dollars américains, Matata Ponyo a disparu des radars.
Au cours de cette sortie médiatique, le Secrétaire général de LGD a donné des informations qu’il faut analyser pour découvrir le pot-aux-roses. Sinon, qui a facilité l’exfiltration de Matata, lui qui était poursuivi pour de lourdes charges ? Dans quel pays se trouve-t-il et que compte faire l’Etat congolais pour lui obliger à purger sa peine ?
A en croire Franklin Tshiamala, le président du LGD, l’honorable Matata Mapon est bel et bien vivant et en sécurité. « En effet, deux mois après sa disparition brusque, il a finalement renoué contact avec nous. Il dit avoir été contraint d’aller en exil par le pouvoir, en violation de l’article 30 alinéa 2 de la constitution », dit-il, avant d’ajouter qu’au « moment venu, nous vous dirons où est-ce qu’il a choisi de s’installer, avant de retourner dans son pays qu’il chérit tant, lorsqu’il nous donnera des plus amples précisions ».
Dans l’entre-temps, soutient-il, il assure qu’il poursuit son combat jusqu’à l’avènement d’un véritable Etat de droit dans notre pays. Il assure également qu’il « se battra, comme nous qui sommes restés au pays, aux côtés de ceux qui sont à l’extérieur du pays, pour qu’un jour, un leadership, une gouvernance de qualité qui font cruellement défaut adviennent et que la Rdc reprenne le chemin du progrès ».
Que dit l’article 30 al.2 ?
Selon cet article, « Aucun Congolais ne peut être ni expulsé du territoire de la République, ni être contraint à l’exil ni être forcé à habiter hors de sa résidence habituelle ». Ainsi, dire avoir été contraint d’aller en exil par le pouvoir, est un mensonge qui ne passe pas, lorsqu’on sait que le procès pour lequel Matata Ponyo a été condamné, a été organisé par le même régime. Voyez-vous vraiment un régime organiser un procès avec à l’appui des preuves irréfutables et des témoignages qui accompagnent les charges, et organiser en même temps la fuite d’un condamné ? D’où l’obligation pour Matata Ponyo de sortir de sa cachette afin de faire face à la justice.
Matata qui a dû abandonner son poste de conseiller d’Alpha Condé, pour venir faire face à la justice de son pays a, cette fois-ci, décidé de s’en fuir, au lieu de s’assumer et de faire face aux condamnations émanant de la même justice.
Quelle est la suite ?
A cet effet, la suite à réserver à Matata Ponyo sera déterminée par le lieu de sa cachette. S’il s‘est caché sur le territoire national, il n’aura pas d’autre choix que de venir purger sa peine, en vrai démocrate. Nombreux sont des politiques qui ont fait la prison, avant de rebondir.
D’autres, par contre, pensent à une Commission rogatoire ou aux accords bilatéraux pour l’exécution des peines privatives de liberté, au cas où Matata Ponyo serait installé à l’étranger et qu’il ne bénéficie pas encore du statut d’exilé.
Une commission rogatoire est un acte par lequel un juge (souvent d’instruction) demande à un autre juge ou à une autorité judiciaire d’effectuer certains actes à sa place, parce qu’ils doivent être réalisés dans une autre juridiction ou un autre pays.
En réalité, il revient au juge congolais de saisir le juge du lieu de cavale de Matata Ponyo pour lui demander de l’expatrier
La Rdc peut aussi recourir aux accords bilatéraux pour l’exécution des peines. Ces accords sont des conventions signées entre deux États ou entre un État et une organisation internationale (comme la Cour pénale internationale) pour permettre à l’un d’eux d’exécuter une peine prononcée par l’autre.
Comme pour dire que les Congolais ont hâte de savoir dans quel pays Matata Ponyo est localisé pour qu’il puisse purger sa peine. Ce n’est qu’après, que la RDC peut examiner s’il existe des accords d’exécution des peines, pour voir dans quelle mesure initier la démarche.
Le Quotidien
