Situation sécuritaire en RDC: Le Parlement ouvre sa session extraordinaire !
Conformément à la demande du président de la République, Félix Tshisekedi, les députés nationaux et sénateurs se réunissent depuis mardi 04 février, en session extraordinaire pour examiner la situation sécuritaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Ces derniers sont appelés à proposer un plan de sortie de crise sur les plans politique et diplomatique.
Cette session extraordinaire est également consacrée à la présentation de deux juges de la Cour Constitutionnelle.
Une commission mixte pour des stratégies diplomatiques et politiques à la crise sécuritaire
Dans son mot introductif, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde a annoncé la mise en place d’une commission mixte Assemblée nationale-Sénat qui doit faire des propositions diplomatiques et politiques concertées pour une sortie de crise.
« Nous tous, collectivement comme nation, et chacun de nous, de manière singulière, quelle que soit sa province ou son corps politique, est affecté dans son corps et dans son âme par ces situations sécuritaires aggravées et ces conséquences dures. Engageons-nous sans réserve pour donner à notre mère patrie le meilleur de nous. A cet égard, une commission mixte, l’Assemblée nationale-Sénat sera mise sur pied », a annoncé le speaker de la chambre haute du Parlement.
A l’en croire, cette commission mixte sera composée, côté du Sénat, « des membres des commissions des Défense et sécurité, Relations extérieures et Socioculturelles, ainsi que Genre ».
Sanctionner et reconsidérer l’accord UE-Rwanda
De son côté, le président de l’Assemblée nationale s’est interrogé, dans son mot, sur la sincérité de la communauté internationale en général et de l’Union européenne en particulier vis-à-vis de la République démocratique du Congo quant à la guerre d’agression lui imposée par le Rwanda. Il estime de ce fait que l’Union européenne aurait dû, en dépit de « sanctionner » l’agresseur, « reconsidérer » son accord pour les minerais stratégiques avec le Rwanda qui ne détient, affirme-t-il, aucun gisement minier.
« Nombreux d’entre vous m’avez exprimé votre incompréhension quant au fait que dans le traitement de ce conflit, la victime que nous sommes est considérée de la même façon que son agresseur. Alors qu’ailleurs, des circonstances similaires donnent lieu à une démarcation plus claire et à des actions plus vigoureuses de la communauté internationale en faveur de ceux qui sont agressés… N’est-il pas plus cohérent que faire suivre les condamnations par des sanctions à la hauteur des crimes décriés pour apporter la preuve de la sincérité vis-à-vis de la République démocratique du Congo et de son peuple ? », s’interroge-t-il.
Et d’ajouter : « Et aussi pour décourager l’entreprise belliqueuse de nos voisins, le Rwanda et l’Ouganda, et leurs soutiens. À titre d’exemple, au moment où Goma est sous occupation, ne devrions-nous pas nous attendre à ce que l’Union européenne reconsidère sa coopération sur des minerais stratégiques avec nos agresseurs ? »
De la prestation de serment de nouveaux juges de la Haute Cour
Signalons que la session extraordinaire convoquée par le parlement aura également dans son ordre du jour, « la prestation des serments des nouveaux juges » récemment nommés à la Cour Constitutionnelle.
« À côté de ses points essentiels, le Parlement abordera un point secondaire à savoir : la prestation des serments des juges constitutionnels nommés dernièrement par le président de la République, le Chef de l’État », avait annoncé le rapporteur de l’Assemblée nationale Jacques Djoli après la conférence des présidents.
Marthe Odio Nonde et le professeur Aristide Kahindo Nguru sont là les nouveaux juges de la Cour Constitutionnelle qui vont prêter serment devant les élus.
Bernetel Makambo
