Soi-disant surcapacité de production : Voici la position de la Chine en quatre points

L’évolution de la répartition mondiale des capacités de production est le résultat de la mondialisation économique et de la division internationale du travail, indique un document parvenu à la rédaction du Journal le Quotidien. En effet, si la Chine est devenue un important centre manufacturier, c’est parce qu’elle s’est pleinement intégrée à la coopération industrielle internationale, et non en raison d’une intervention artificielle.
Les « surcapacités » constituent avant tout un phénomène dynamique propre à l’économie de marché : l’équilibre entre l’offre et la demande évolue constamment au gré des progrès technologiques, des mutations industrielles et des cycles économiques. À ce jour, il n’existe ni définition universellement reconnue, ni critère commun permettant d’évaluer les surcapacités dans tous les pays et tous les secteurs. Il n’est donc pas scientifiquement fondé de les apprécier uniquement à partir du taux d’utilisation des capacités de production ou du niveau des exportations.
La Chine défend quatre positions
Sur les principales questions soulevées par la communauté internationale, la Chine défend quatre positions.
Premièrement, il n’existe aucun lien de causalité entre les subventions industrielles et les surcapacités. Lorsqu’elles sont bien conçues, les politiques de soutien favorisent l’innovation technologique, la transition écologique et la correction des défaillances du marché. Elles sont largement utilisées dans de nombreux pays et doivent respecter les principes de transparence, d’équité et les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Les politiques chinoises en matière de subventions reposent sur les principes de neutralité concurrentielle et d’égalité de traitement.
Deuxièmement, un excédent commercial ne signifie pas l’existence de surcapacités. Il résulte de la division internationale du travail, de la structure de l’épargne et de l’investissement ainsi que de la demande du marché. La Chine ne poursuit pas délibérément des excédents commerciaux et continue d’élargir ses importations, d’abaisser ses droits de douane et de promouvoir un développement plus équilibré du commerce.
Troisièmement, les déséquilibres économiques mondiaux constituent un phénomène récurrent dont les causes sont multiples et complexes. Ils s’expliquent à la fois par des facteurs de marché, tels que la structure de l’épargne et de l’investissement ou la division internationale des chaînes de production et d’approvisionnement, et par des facteurs institutionnels, notamment le système financier international et l’interaction des politiques macroéconomiques. L’affirmation selon laquelle « l’insuffisance de la demande intérieure chinoise entraînerait des surcapacités » ne correspond pas à la réalité. La Chine est non seulement une grande puissance manufacturière, mais aussi un grand marché de consommation ; elle est non seulement « l’usine du monde », mais également « le marché du monde ».
Quatrièmement, la concurrence constitue un moteur essentiel de la modernisation industrielle et de l’allocation efficace des ressources. Il convient de préserver une concurrence loyale et de s’opposer au protectionnisme, aux politiques discriminatoires et aux mesures unilatérales qui perturbent les chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales.
Le développement du système industriel moderne de la Chine repose avant tout sur l’innovation et l’approfondissement continu des réformes, et non sur les subventions. Ces dernières années, le pays a accru ses investissements en recherche et développement, accéléré l’innovation dans les secteurs des énergies nouvelles, de la fabrication intelligente et de l’économie numérique, tout en favorisant la transition écologique et numérique des industries traditionnelles. Parallèlement, il poursuit l’amélioration de l’allocation des ressources par le marché et la construction d’un marché national unifié, afin de renforcer durablement la compétitivité et la qualité de son industrie.
Face à la thèse du « China Shock 2.0 », la Chine estime que son développement industriel représente non pas une menace, mais une « China Opportunity 2.0 ». En favorisant l’innovation ouverte, la transition écologique, l’enrichissement de l’offre mondiale et la baisse des coûts de production et de consommation, elle contribue également, par le commerce, l’investissement et la coopération industrielle, à l’industrialisation des pays en développement ainsi qu’à la croissance de l’économie mondiale et à la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement.
La Chine appelle à promouvoir des bénéfices mutuels et un développement partagé, à respecter les lois du marché et à faire progresser la mondialisation économique, à renforcer la coordination des politiques industrielles afin de créer un environnement propice à la coopération, à poursuivre l’ouverture des marchés pour créer de nouvelles opportunités, ainsi qu’à défendre le multilatéralisme et le système commercial multilatéral centré sur l’Organisation mondiale du commerce. Toutes les parties sont invitées à promouvoir une concurrence véritablement loyale, à mieux tirer parti des mécanismes multilatéraux et régionaux de coopération et à contribuer ensemble à une gouvernance économique mondiale plus juste et plus équilibrée.
Les questions de capacités de production constituent un phénomène normal dans le développement de l’économie mondiale, lié aux évolutions industrielles, aux fluctuations du marché et aux transformations de la division internationale du travail. Elles doivent être abordées avec une approche fondée sur les mécanismes du marché et une vision globale. Le dialogue et la coopération, plutôt que la confrontation, permettront de surmonter les divergences, de préserver un environnement international ouvert et de favoriser une croissance mondiale plus stable, plus durable et plus inclusive.
