Soupçonné de faux bruits et révélation des secrets d’Etat: Nicolas Kazadi dans le viseur de la justice
Décidément, le Procureur général près la Cour de cassation est déterminé à poursuivre en justice toute personne sur qui pèse certains soupçons d’infractions dont il en a les compétences. Et c’est au sein de l’Assemblée nationale que le Procureur fourre son nez.
Après le ministre d’État Constant Mutamba, c’est le tour de Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances et aujourd’hui Député national que Firmin Mvonde veut obtenir l’autorisation de levée des immunités aux fins de l’instruction pour des faits qui lui sont reprochés. Et ce, conformément à l’article 107, alinéa 2 de la constitution de la République.
C’est le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe qui a porté à la connaissance des députés nationaux le réquisitoire du Procureur général près la Cour de cassation hier à la plénière consacrée à la présentation du rapport de la commission spéciale sur la question de Constant Mutamba.
Selon le réquisitoire du Procureur lu par le rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli, en date du 4 mars dernier, le sieur Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances et aujourd’hui député national avait fait une sortie médiatique au cours de laquelle il a révélé la gabegie financière à outrance caractérisée par de nombreux maux qui gangrène la gouvernance publique au pays.
Il sied de signaler que pendant cette sortie médiatique, l’ancien argentier national avait épinglé les maux suivants : la culture de la jouissance caractérisée par la dilapidation des fonds publics au mépris de l’orthodoxie budgétaire et financière, les projets improductifs financés pour détourner les fonds publics, la création intempestive des établissements publics en violation de l’orthodoxie budgétaire et financière. Il en a énuméré une cinquantaine dont certains ne fonctionnent pas, le mauvais entourage du Président de la République dont certains collaborateurs abusent de confiance et la divulgation des secrets d’Etat.
Ainsi, pour le Procureur général près la Cour de cassation, ces faits paraissent des infractions de révélation des secrets d’Etat et de propagation des faux bruits. Il faudra donc que Nicolas Kazadi puisse se présenter devant la justice pour donner sa version des faits. Comme le veut les pratiques parlementaires, l’assemblée nationale mettra dans les tout prochains jours une commission spéciale pour cette question avant de présenter son rapport à la plénière qui se prononcera sur la levée de ses immunités ou pas.
RSK
