Témoignage: QUAND LA CRIMÉE LIVRE SES QUELQUES SECRETS (Par Crispin KABASELE TSHIMANGA BABANYA KABUDI, Président National de l’UDS)
La Crimée, au regard de sa position géostratégique entre la Mer Noire et la Mer d’Azov, tiraillée entre l’Est et l’Ouest, n’échappe naturellement pas à se trouver au centre des convoitises, des tensions. Elle est entre le marteau russe et l’enclume occidentale. Dans les temps anciens, son histoire l’atteste avec des campagnes de razzia et de traite d’esclaves menées par des Grecs, des Romains, des Turcs, l’Empire Ottoman. Dans les temps modernes, la Russie et la Pologne y conquièrent alternativement ses terres.
La Crimée actuelle n’est pas épargnée. Elle subit des pressions de toutes parts qui ne lui permettent pas s’assumer convenablement sa souveraineté, de maîtriser son destin en toute tranquilité.
Mon récent séjour dans la Péninsule de Crimée m’a permis de vivre cette cruelle réalité. En ce sens que les Criméens, en dépit des instruments juridiques internationaux qui plaident en leur faveur, deviennent l’objet de vil marchandage entretenu par l’Ukraine avec le soutien de l’OTAN prédateur.
La Crimée qui m’a donné l’occasion de rincer mes yeux avec ses steppes à perte de vue et ses montagnes boisées dans certaines régions, fait partie de l’histoire russe, qu’on le veille ou non, depuis le 18me siècle.
Et la Révolution bolchevique de 1917 en fit une République Autonome au sein de l’ancienne Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Occupée par l’Allemagne hitlérienne lors de la Deuxième Guerre Mondiale, la Crimée fut reconquise par l’Armée Rouge soviétique en 1944. Dix ans plus tard, elle fut transférée à l’Ukraine sans une quelconque base juridique connue comme le déclara le Soviet Suprême le 21 mai 1992. Selon ladite déclaration, la République Autonome de Crimée fut cédée à l’Ukraine en violation de la Constitution de l’époque et du processus législatif y afférent.
Cette vérité historique est malheureusement travestie.
LA RÉVOLUTION DE MAÏDAN ET L’INDÉPENDANCE DE LA CRIMÉE
Face à l’influence américaine et contre le funeste projet d’association Union Européenne-Ukraine, la population criméenne majoritairement d’origine russe et pro-russe s’opposa catégoriquement à la destitution illégale et anticonstitutionnelle du Président Viktor Ianoukovitch par l’Assemblée Nationale ukrainienne.
Et la fameuse Révolution de Maïdan mit le feu aux poudres et ouvrit grandement les portes entrebaillées de l’indépendance de la Crimée.
Le référendum d’autodétermination passa par là. Avec 97% de voix favorables, la Crimée vota pour son intégration dans la Fédération de Russie. Mieux son retour dans sa famille naturelle. Elle s’appuya ainsi sur les pertinentes dispositions constitutionnelles ukrainiennes. En conséquence, elle déclara son indépendance le 16 mars 2014. Mais, ce référendum fut contesté par le régime pro-occidental de Kiev et une partie de la communauté internationale acquise à la cause américaine au motif fallacieux qu’il s’était déroulé sans la présence des observateurs internationaux dûment mandatés. Mais, par qui?
Les carottes furent ainsi cuites pour l’Ukraine. Car, le feu qui couvait déjà sous les cendres, finit par exploser. Avec toutes les conséquences. Déjà en septembre 1991, bien avant ledit référendum, la Crimée fit sa déclaration de souveraineté qui fut immédiatement contestée par l’Ukraine. Or, la position de Simferopol, capitale de la République de Crimée, fut claire et tranchante. Se considérant comme État démocratique de droit au sein de l’Ukraine, la République de Crimée jouissait de ses droits souverains et de la pleine puissance de son territoire tout en demeurant partie intégrante de l’Ukraine avec laquelle elle entretenait des relations sur la base de traités et d’accords. Facile à laisser faire mais difficile à avaler par Kiev.
Faut-il rappeler qu’en décembre 1993, la Douma d’Etat russe avait reconnu que la Fédération de Russie devrait exercer son droit sur la République de Crimée. Et de la base navale de Sebastopol.
Il est à noter que la République de Crimée est habitée par des populations slaves russpphones majoritaires et des Tatars minoritaires qui vivent en harmonie. Dans leur majorité, selon les propos recueillis sur place, les habitants de Crimée se sentent plus russes qu’ukrainiens.
YALTA, UN PAN DE L’HISTOIRE RUSSE, EX-SOVIÉTIQUE
Pour mieux comprendre la position des autorités de Moscou dans le dossier criméen, il convient de relire l’histoire de la Russie et de l’ex-Union Soviétique. Le cas de la station balnéaire de Yalta est très illustratif.
Du 4 au 11 février 1945, Yalta la soviétique abrita la réunion des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale au Palais de Livadia, en l’occurrence l’Anglais Winston Churchill, l’Américain Franklin D. Roosevelt et le Soviétique Joseph Staline.
Le Palais de Livadia fut la résidence d’été du dernier Tsar de Russie, Nicolas II, et sa famille.
Ce grand événement eut lieu sur les terres soviétiques, donc russes.
La Crimée russe me fascine. C’est une chance d’y avoir fait un tour mémorable. À travers ces lignes, elle a livré ses quelques secrets.
Crispin KABASELE TSHIMANGA BABANYA KABUDI
Président National de l’UDS
