La tokenisation, c’est-à-dire la représentation d’actifs et de passifs sur des registres distribués programmables, présente le potentiel de transformer les marchés financiers. Parce qu’elle intègre des fonctions jusqu’ici exécutées par plusieurs intermédiaires sur une plateforme partagée, la tokenisation peut simplifier le cycle de vie de l’actif, réduire les frictions, accroître la transparence et permettre une automatisation accrue.
Pourtant, les marchés tokenisés demeurent petits et fragmentés. Leur essor dépendra, en partie, des progrès réalisés dans quatre domaines étroitement liés qui limitent la tokenisation : la sécurité juridique, la lisibilité de la réglementation, l’interopérabilité et l’existence d’actifs de règlement.
D’après des données factuelles, les marchés boursiers tokenisés se caractérisent par de nouvelles fonctionnalités, notamment une négociation 24 heures sur 24 et 7 jours par semaine, une propriété fractionnée et l’émergence d’un processus de détermination des prix sur la chaîne. Cependant, ces marchés restent moins liquides, plus volatils et plus fragmentés que leurs pendants traditionnels, principalement à cause de leur taille limitée. À mesure qu’elle se généralise, la tokenisation pourrait améliorer l’efficience du marché, mais aussi engendrer de nouveaux risques. En particulier, elle pourrait accentuer la dépendance vis-à-vis des technologies et des infrastructures et offrir aux facteurs classiques de vulnérabilité (comme le risque de liquidité, l’interdépendance financière et l’endettement) des vecteurs inédits de propagation et d’amplification des chocs.
Pour appuyer un développement sûr et efficient du marché, les décideurs devraient adopter une approche neutre sur le plan technologique à même de lever les contraintes qui pèsent inutilement sur la tokenisation tout en préservant la stabilité financière.
